Lcttrei Historiques de la Mère de l'Incarnation
expédient. Que si nous sommes au bout de notre vie, présentez à notre grand Maitre la mort que nous allons souffrir en satisfaction des péchez que nous avons commis contre sa loy, et impétrez à nos pauvres femmes, et à nos enfans la grâce de mourir bons chrétiens, afin qu'ils nou3 viennent trouver dans le ciel. "
Telle avait été la vigueur de la défense que les Iroquois, malgré leur supériorité numérique, n'osèrent monter à l'assaut. Ils investirent de nouveau la place, et firent pleuvoir une grêle de projectiles contre les meurtrières. Les assiégés n'avaient plus un instant de repos, et ils étaient tourmentés par une soif toujours de plus en plus ardente. Les sauvages surtout devinrent si exténués qu'ils commencèrent à perdre courage, et songèrent à se rendre.
Us chargèrent de présents un prisonnier iroquois, et le firent accompagner dans le camp ! des ennemis par deux de leurs chefs. Ceux-ci \ furent accueillis par de grandes acclamations, et î en même temps quelques Hurons apostats, réfu- I giés parmi le3 Iroquois, s'avancèrent vers la palissade pour engager leurs compatriotes à se rendre, leur représentant que c'était le seul moyen d'échapper à la mort. Malheureusement : plusieurs Hurons se laissèrent gagner par ces j perfides promesses, et malgré toutes les représentations des Français et les sanglants reproches d' Anahotaha, ving-quatre d'entre eux s r élancèrent par-dessus la palissade. Les cris de triomphe redoublèrent, et les Iroquois, instruits désormais de la faiblesse de la garnison qui ne comptait plus que quatorze Hurons, quatre Algonquins et les dix-sept Français, crurent en faire une proie facile. Il s'avancèrent hardiment pour les faire prisonniers} mais les assiégés firent feu sur les plus avancés et en étendirent un grand nombre morts sur la place j le reste prit Je fuite.
Honteux de se voir tant de fois vaincus par une poignée d'hommes, les Iroquois, ne respirant plus que la rage de la vengeance, et vociférant d'affreux hurlements, s'élancèrent tous à la fois à travers les balles. Les Français en firent un horrible carnage, mais ne purent les empêcher de s'avancer jusqu'au pied de la palissade, où ils se cramponnèrent à l'abri des meurtrières et se mirent à couper les pieux à coups de hache. Dans l'impossibilité où l'on était de les y atteindre, Daulac imagina de remplir de poudre plusieurs canons de fusils, d'y mettre le feu et de les jeter parmi les assiégeants pour les faire éclater au milieu d'eux. Cet expédient ayant assez bien réussi, il ajusta une fusée à un baril de poudre et le lança par-dessus la palissade. Par malheur, le projectile fut arrêté par une branche et retomba dans l'intérieur du fort où il fit explosion, tuant les uns, blessant les autres, et mettant presque tout le reste hors de combat en leur brûlant la vue, ou les étouffant dans la fumée. En entendant le bruit de la détonation,
18 INTRODUCTION
le» Iroqu-iis coinprir^rit t";t l'ava'.raz* .-p\!- r,:-a::--r. vïjourf-u?e Je cette race en qui rtoom pouvaient tirer •!•.■ ia <: •'..: î-i jîi pr •;•;.>- p.n c-t av.i.s v:: circuler un «ing virginal et une foi acci'l'-rit. d .-''-i:.ii»rer'!i-. •h* ». ?:.t r.v- ■..-»■-. i' u -a:.- i;.e".;»r.j-. N^u-j nous sommes extasiés -
il» firi-ï.-t un i»"i ê'.T.i-aï:î - - ir ;•:- :■ r: .-r- ■.*:••:.- :•■■ a:.: o-::c cran-formation merveilleuse qui
seur-. Ci-ux-r: -•• i. aï* !.■-».! i':-j\"ii '..% :.\ •- . r : - -"t^a •. • i erè».- - 'f? l'action de l'Eglise. 2
d«- îi««:j-. C- in-j .ir.i.i-::» \- •■ :■ '. -• :.-.;•■■■:: .1 N •:- i- : ;rr:- r;- p«-u-.-er plu? loin cette étude,
IV-iiï.i-n.'i i"".. !■"■ -:fc!ï jé'é":- r a.- .. : :.-■-. -'.•- r- .a Nu vvlîr-Fraiice dan-j sa carrière, indi-
; '.r a -.jr.t: d- irait- 4 l'accroissement de sa pus*
- i - ;.- i:.a'êr.i "-. Tii'-raîe et intellectuelle, et
\:r-T -';rî- i:ï '■? -iéveinppement de ses superba
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ça:i'!! f . j - :-j!i";i .u j :"e- -i-- - :. t ::.:t'.av. .:. :..r ■.-.v.- j-?.r i:t main de Dieu. j
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cria iiïi «i- -—i:- v. »:x t:! 1 -.[;'•- 1 t:!—Ir ;■• .-. '..• -.. i. •>: ::r.\ - -:11e ie méconnaître les grandes j
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tuihU' îV.-.jij é a il.- rt. ~î. :.■■ ir.ii.it pa- -ta vacation, de grandes destinées
— ••' M»t»-i:."i la '•*••■ -:;r i- - i...arï '■-. i: ■::■ -"i - ■■::: iScivéc-- •la^i- cetie partie du monde. îniiri'-t-i! u u:i -i- -■■- «• n-ir.».-:. -\» ■ ■ — i r ..■.:-• ' La r-.ï — I- -:j -ii» la France américaine est la
ver-? !♦■ î-u. i'Ir'-u r-lr :.*:.:;:'.» ii- !..ar;.- v. '.i.vv." ï: e:..i«. >::r *:v u -itiiKiit. que celle de la France
Cfp-îsd.iî.t -i— i- .;-.-\l.-; !■.- <à la - . !■• - .'■!.■ ■ ïir- ïét • '«i? -i:r i";iiitro liéinîspijère. Pionnière
<; h aie ii ï î'i.i .'-x'éri-r.r ■:;; iTiiMp: )■■ < Ir- ■;:;.■> i- la vvr:;é c«.ii:ii!-e ello, longtemps elle a été
>'vu -'r\in. i.* j. ur i-«:a!: !• r :.» ]■ ■.l:--i i«.-. «■• l'uiii [■:- a j u:rr de la vraie loi dans presque toute
îiia-^a^rcr' i:f 1"- .i-r- !■■?■- Ira".--- >i ;i. • •■".•:- a l'An.eri.i:;!- du X«.-r 1.
tout»- p!'"ii -it ; »n. v-.M.a:- !:t ï- •!■:!:■ i- - av:.r - a D-pui- -o:i «. ri^ino. elle n'a ce«?é de poursuivre
la maiii. I"n i , . ■ . i ■ , ■ ■ ' : * : • : - ; * i : . ■ '. : i ■ : r . îi'i 1 r:i!i(;:->. .Mé'.iisifiit cc:t-.' i!ii>.«iou ; et aujourd'hui elle
par ifi -'■■:il!i.r-:i: -i- pi:.!* n, ■■!■'.!••:; ■:••«■. a-- i:."n:v • av.»i • > v - i:ii-si- m ïiai:v? et ses évêques jusqu'aux
a t;.mp- ■!.■ îi.n'i,': r--ii.x -i • -•■- i r..!.. . . !.- v.\;rt!.ii:é- <io ce- c -niiiifiit. C'est de son sein,
bli'.--é- '"'.i r-- i»':a: ;i *■:.>■ r»-. :j*!.i ■: * !• ; v i*]-\v- r.-'i- n'^n dont »ïi> pas, que doivent sortir les
^ner h*- l'-r-up-! 'ji!" !«-iîr .•■«••■rv.ii- i:ï !■ "îr* 'ér-H-i'-i *î».i--inê.*ar:t-8 paciiîipii's qui, en se liguant arec
vi.iiiqii»'i:r<*. 4 .»*:iTy- J-": :i:-i;-.i- -■■ :.- u.-:.: ■■: »■.■•.:;» r*- ïv> lé-.j i- -.i - d'.-.j ô;ivs réj'audues. aujourd'hui sur
lJurui;- i..::.i «■r- , i» ;i\;:c:- «■•i!: 1 . !•;:■- is-rd •-. î"iit r» t iiénii-phè"?, ramèneront sous le joug
I.iv- h- ;■'■;- înv ! ; î :• vrilir- *\v ! ur \ .•<::•■ : du <• .'.hol ici.- uie l.*s peuples é rarés du Nouveau-
cri <:«»i;:;. :iv ;»:' • v- :i.i r- i" :-\iVf î.h :•:- •■: i-O.'i M-inl,». L^in d-ili-iitur de son avenir, comme
de Ic'u:.- 1 ■.;«■■]•. i- -, !■- :: ■ p-.-avaii ::f « n (■:• :iv i.-u".- ijifiqr.o.'* liMiimi's de pou de fui, loin de trembler
yf-ux. i" -m.!ii- •;! i;;i -i p :ii :i. inir.- d'h"i:n;i ■-. -levant le dut des races étrangères qui semble
exténué* 'i<- ia\/ii' -. :■■■ ijrahi- '!;' -• ii". i-: ivé-d ■ menacer «le la déborder de toutes parts, nous
iiniirriiii!'". avai'iitr pM -■ -n" ■-:.:!■ ïiih- lu'i- a".">i uv-ns î'î.itti.ic conviction qu'elle continuera de
Imi^ur •■! :::; -i su-Siariiei- -:m ! v -ir- î r ■ un iu.-ta-.î .Ti'.iidir. qu'elle cunsi-rvera ««a langue, ses insti-
île n-p-i 'i ■<'i i i:i' ré-i-Jainv é'.a.t p iiir eux un tuti->us et sa loi, et qu'elle n'est qu'à l'aurore
my>tei*. d<- l'ère «le prospérité qui va s'ouvrir devant elle. /
Apre- av-iîr :i--« »n vi î.*:ir vi'!T'«'Uiico >nr d.-nx Mi.-sagcre de l'Evangile, elle portera an loin
l»le.- è- Irai. «• i : - qui .'"vaii-îii cm-ervé un .— nuïlo la lionne nouvelle, et secondée par les races
df vii-, i!- priri «il 1«» cli'inïn .1#» leur- villa.r«-s f celtiques du midi, elle promènera le drapeau de .
n'o.-anl aller uilaipii-r un pays peuplé de tels Jésus-Christ de l'un à l'autre océan. iiéms. Ici, comme en Europe, et plus vite encore
I.u] > si|ii'iiu apprit les détails de netio sanglante qu'en Europe, le protestantisme «e meurt. Fracira-éilw par di-.s eapiii's hunms, qui avaient . tionnè en mille 6ec.es, il tombe eu poussière, et réu.— i u s'échapper, un long rri de deuil s'éleva '> va se perdre dans le rationalisme. Bientôt, — dan t'tiiii- la colonir. ; j»our nous servir d'une expression du Comte de
Mais la nation canadienne était sauvée: ses ' Maistre. — l'empire du protestantisme, pressé du défendeurs étaient tumhés ensevelis dans leur ! côté du Golfe Mexicain et du Saint-Laurent, Ihnmpln'. j fendra par le milieu ; et les enfants de la vérité,
Voila les honnnes «pie la religion avait formés; ; accourant du nord et du midi, s'embrasseront
'oila le peuple canadien, tel (pic l'avaient fait sur les rives du Missiesipi, où ils établiront pour
Ich iiiÎHHΫ>nii8iirc'H martyrs et l'éducation religieuse.
Cette Hnciété naissante, nous l'avons étudiée dan» sa triple hiérarchie du prêtre, de la femme et du Holdat-colou. Nous avons admiré l'orga-
jamais le règne du catholicisme.