Jamais on n'en a entendu car 1er doçuii
LÉGENDES
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tV-iîëtre ouverte, Madame Baby e= f occupée à coudre 'levant une petite table à ouvrage.
Monsieur Baby e.«»t parti ce matin pour aller vi>iu-r quelques propriétés qu'il vient «i 'acquérir de l'autre coté de la rivière.
Les rues sont désertes.
Presque tous les habitants du !ort t'ont occupés aux alentours à cultiver leurs terrée.
Le chaleur est étouffante.
Au-dessus des toits et des cuteuux, on voit on- '.\>: a.ieree que vie , d» ver F air embrasé par les rayons du soleil.
l'as un souflle n r agite les arbres du jardin dont .o. ! : les rameaux et les feuilles immobiles et languis-
eut;-« o:k\5 moi i*. ur ! saines se penchent vers la terre comme pour im- ■:e<*. ' p!urer un peu de fraîcheur, une goutte de rosée.
Lv^'in, qu'il me les i Une esclave noire ee promène le long des allées, m quY. me t-uirmen- étendant sur les buissons du linge blanc qu/elle v :'-u-i:!^cs je, un s'^t.inai de . tait sécher, et met en fuite à son passage quelques
1 poules qui baillent de chaleur à l'ombre du feuili lage.
.• i o \*vai do mon siège et | Le silence est complet, a i^rie a coup* de pie\L i On n'entend que le bourdonnement des insectes
::una^aai et me m outrai
»i v' • .i a main.
î»a:iiU"iavï de ne pa* l'avoir as-
,iideui * h'ocua la jeune rillr, vous n au-
t m <iil p-i-iwjiicr eel Indien.
*h «x'iit i«a* qu'un Sauvagwu* oublie ja-
> IMJUIV '
i\kL-i louie une an ne* autour du fort mikuv de* * eux, olwrrvtr Uni* vos mou- V)>.ei ix»-uv" iwitomaivluNs tUirertou- *%v*. -e relier parmi le* Uitli*. parmi tiv U niîiuvt «approvhec de voua avec imvet I** ibie«*e du mr^-ut, »' élancer u \ <iv, ei wu* lV*i»i*r au vnvurau mo- \%Mti vxMt« v aileudrva lo inoitia.
, un* unu V* tour* aoxttr du fort pour
et le bruit saccadé que font les sauterelles en voltigeant parmi des flots de soleil.
De l'extérieur, on aperçoit dans l'ouverture de la fenêtre, garnie de bouquets, la"tête N de t> jeune Hlle qui, pale, silencieuse, mélancolique, se penche sur une fleur épanouie et semble se mirer dans sa corolle odorante.
tut mi !e« tvitU de la rivière; je vous ,L i. % y\u . mouiller. Il voua arrivera
tu
I, i, une lioiiiiuiN \ou* èltw t** 1 ! 1
m «u h a\eo uue troupe
,, l .. i i^inti» o pour > vendre leur»*
■u pu ^o \ioUuii4vM'r iei.
— Maman,— dit-elle enfin en relevant doucement la tête,— pensez-vous que papa soit longtemps dans son voyage ?
—Je crois qu'il sera de retour dans quatre ou cinq jours, au plus ; mais pourquoi me fais-ta cette question ? 9
— Ah 1 c'est que j'ai bien hâte qu'il soit revenu. Je veux lui demander que nous descendions immédiatement À Québec, au lieu d'attendre au mois prochain.
Ce voyage me distraira un peu.
Tenez, depuis que les Sauvages sont toqua Vautre jour ici avec la pauvre enfant qu'ils avaient fait prisonnière, je n'ai pas un moment de repos.
Je l'ai toujours devant les yeux.
Il me semble toujours la voir. Elle me suit partout.
Je l'ai encore vue en rêve cette nuit.
«4 il
I Je croyais être assise au milieu d'une forêt 1 sombre et immense, près d'un torrent impétueux qui s'abîmait à quelque pas de moi dans un «joiulre sans tond.
Sur l'autre rive, qui m'apparaissait toute .1 riuTÎ.'tfe du r.aute, emaillée de bosquets fleuris, et éclairée
par uue lumière douce et sereine, la jeune capx -nbui .ure vie la Uve. se tenait debout, pâle, mais calme.
LES PIONNIERS
Elle me semblait habiter un monde meilleur.
Tenant entre ses mains un livre ouvert et tourné vers moi, elle le feuilletait lentement.
Elle tourna ainsi seize feuillets.
Alors elle s'arrêta, jeta sur moi un regard plein' de tristesse et de compassion et fit signe à quelqu'un qui se tenait près de moi de traverser le torrent.
A ce signal, il trembla de tous ses memboes, ses genoux s'entrechoquèrent, ses yeux se dilatèrent, sa bouche s'entr'ouvrit de terreur, une sueur froide ruissela sur son front.
Il essaya de reculer, mais une force invincible l'entraînait vers l'abîme.
Se tournant vers moi, il me suppliait, avec d'amères gémissements, de lui porter secours.
J'éprouvais pour lui une profonde compassion.
Mai s en vain essayais- je de lui tendre les mains pour le secourir; d'invincibles liens enchaînaient tous mes membres et m'empêchaient défaire aucun mouvement.
En vain essayait-il de se cramponner aux rochers du rivage ; il se sentait toujours poussé vers l'abîme.
Déjà il s'était avancé jusqu'au milieu du torrent dont les eaux profondes et écumantes bondissaient et mugissaient autour de lui comme impatientes de l'engloutir.
A chaque pas, il chancelait et venait près de perdre l'équilibre; mais il se raffermissait bientôt et avançait toujours.
Enfin, une vague plus impétueuse vint se déchaîner contre lui et le fit chanceler de nouveau. Ses pieds glissèrent ; il jeta sur moi un regard d'inexprimable angoisse et tomba.
En un instant, il fut entraîné jusqu'au bord du précipice où il allait être englouti, lorsque sa main rencontra l'angle du rocher qui sortait de l'eau.
Ses doigts crispés s'enfoncèrent dans la mousse verdâtre et limoneuse de la roche ; un instant il s'y cramponna avec toute la suprême énergie du désespoir.
Son corps arrêté tout à coup dans son élan précipité, parut un moment hors des flots.
L'écume et la vapeur d'eau l'enveloppaient d'un nuage, et le veut de la chute agitait violemment sa chevelure humide.
Ses yeux dilatés étaient fixés sur la roche qui peu à peu, cédait sous son étreinte convulsive.
Enfin, un cri terrible retentit et il disparut dans le gouffre.
Transie d'angoisse et d'épouvante, je regardais la jeune captive.
Mais elle, essuyant une larme, m'indiqua, sans proférer une parole, le dernier feuillet du livre qui m' apparut tout dégouttant de «anjr.
Je jetai un cri d'horreur et m'éveillai en sursaut Mon Dieu ! serait-ce une page de ma
vie.