‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 195 sur 196 · ALLOCUTION POUR LA FRANCE · texte numérisé non relu

ALLOCUTION POUR LA FRANCE

n'auraient pas de bornes, si elle daignait se servir de notre ministère et de notre coopération pour procurer à la France un si grand bien. . ."

Mes Frères, à ses titres qu é mimèrent le Souverain-Pontife et que possède la France au respect et à la reconnaissance du monde catholiques, nous, canadiens-français, nous devons , ajouter celui d'enfant de la France.

Et s'il fallait chercher dans les Livres Saiuts an exemple de la conduite que nous devons tenir, je vous dirais : Lorsque Jérusalem était en ruines, mie la Judée était dévastée, et que le peuple d'Israël était captif à Babylone, ses enfants ne se joignaient pas aux insultes que lui prodiguaient ses cruels vainqueur?, mais alors ils redoublaient d ? amour et de témoignage d'affection pour leur malheureuse patrie. Nous 1 pouvons emprunter aujourd'hui Îe3 touchantes paroles (jue protéraient les enfants d'Israël ; Ah ! si jamais je t'oublie, ô ma patrie ! ô France, ma mère ! que ma main droite se dessèche et que ma langue s'attache à mon palais.

Mais ce ne sont pa3 de vaines et stériles paroles qu'on attend de nous, ce sont des actes.

Et pourrions-nous, sans rougir, rester insensibles, quand V Europe entière, quand les deux continents se sont émus à la vue des malheurs de la France.

L'Angleterre, la noble et généreuse Angleterre, s'est mise à la tête de ce mouvement.

Vous le savez, dans une assemblée immense, tenue à Londres sous la présidence du Lord- Maire, une liste de souscription s'est élevée à la somme de plus de deux-cent-cinquante mille

Eiastres. Les secours en argent envoyés aux lessés de l'armée française s'étaient déjà élevés à plus d'un demi-million de piastres.

La Belgique, la Suisse, les Etats-Unis,, ont suivi cette généreuse impulsion. Un seul citoyen de New-York, Mr. Stewart, a donné et expédié, à ses propres frais, mille quarts de farine pour les malheureuses victimes de la guerre. Que dis- je? l'Allemagne elle-même l'Ai*

lemagne ennemie est venue au secours de W\ France.

La ville de Montréal vient d'entrer, avec uj enthousiasme digne de tout, éloge, dans ce] magnifique mouvement de charité. Dans on] assemblée publique, une première liste de 90» j cription s'est élevée à plus de dix mille piastre^ et promet d'augmenter encore considérablement j

Mes Frères, en présence de si beaux exe*] pies, Québec, la ville française de FArnériq^] restera-frelle en arrière ? i

J'ose dire: non! Le passé répond pour IV] venir. Déjà une requête adressé au mairewwr j le prier de convoquer une assemblée pubuqoe) daus le dessein de venir au secours de la Fruot a été signée par les principaux citoyens de toutes les origines. Car, ici, nos concitoyens, anglais et irlandais, ont compris qu'il ne s'açi pas seulement d'une question de eympauus, nationale, mais d'une œuvre d'humanité chrétienne.

Donnez donc, mes frères, donnez largement; afin que nous restions dignes de nous-mêmes et de nos frères, dignes de la fière et généreuse nation à laquelle nous sommes soumis et qui vient de ■ nous offrir un si bel exemple.

Donnez, afin que la France se relève pln&tft de ses désastres, et nous envoie, à travers l'Océan, ce cri d'une mère, reconnaissante:

Merci, mes enfants !

Donnez, afin que nos ennemis ne se réjouissent pas de notre abandon, et ne soient pas les premiers à nous jeter, avec mépris, le reproche d'ingratitude.

Donnez, afin que Dieu nous bénisse de cette marque de piété filiale et nous récompense an centuple selon cette promesse: Qui honorât matrem sicut qui thésaurisât. Celui qui ho* nore et assiste sa mère accumule des trésors.

Donnez, afin que les cendres de nos ancêtres français qui reposent sous le parvis de ce temple frémissent d'allégresse au fbod de leur sépulcre, et puissent dire ; Douions en paix, c'est encore ici la France !

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