‹ Biographies canadiennesChapitre 12 sur 18 · HIC JACET · texte numérisé non relu

HIC JACET

U troque in orb« seternum vîctnrun

Liidovicii8-Jofsephii8 de Montcalm Gozon

Man'hio ëancti Verani, Baro Gabriaci ordinis

Saiicti Liidovici Commendator Legatii»

Generalis Exercituum Gallicorum Bgregins et

Civis et Miles NulliiiK rei appetens preeterquam veite laudis

Ingenio felici et litteris exculto

Omneri Militisegradas per continua décora

euiensus omnium Belli, Artium,

temporum, discriminum

gnaraa

In Italia, in Bohemia, in Germania

Dux indnstrius

Mandata sibi ita semper gerens ut majoribus

par haberatur

Jam clarus pericnlis ad tutandam

Canadcns(Mn Provinciam missus parva militum ni.inu

HosUum copias non semel repulit

Propugnacula cepit virÎH armisque ;

Tnstructissima algoris, inediœ, vigilanim

T aboris patiens suis unice prospiciens, immeraor 8ui

Hostis acer, Victor mansuetus

Fortunairi virtute, virium inopiam poritid et

celeritate componsaverit

G. B. FAUinvULT 185

Iinminens Colonise fatnin et conrilio et manu

per qnadriennium snstinait Tandem ingentem Exercituam Duce streniv)

et andaci

ClaBfiemque omni bellorum mole gravem

Multiplici pmclentia diù Imiiticalud

Vi pertractas ad dimicandam

In prima acie, in primo conflictu valneral::3

Religioni quam semper colnerat

Inniten"* Magno snomm deinderio nec sino

hostium mœrore ExtiiictiiK ent

Die XIV Sept. A. D. MDCCLIX œtat, XLVIIT,

Mortales optimi ducis exuniaii

in excavata hnmo

Quam globus t>elli('us décidons ilissilionsquD

defoderat

Gralli lugentes deposnernnt

Et generosue hostium iidei corn menda venu. t

(Traduction)

ICI RKP08B

pour vivre dans la mémoire <las deux mondoa

i.ouij»-Joeeph de Mont('ai^m Gozon

Marquis de Saint- Véran, baron de Gabrir.c

Commandeur (ie Tordre

de Saint- Louis

Lieutenant général des armtV^s de Franco

Citoyen et militaire distingué

^'ayant jamais désin^ autre chose quo

la vraie gloire

Bien doué d*osprit et bien servi par

les lettres, ayant gagné tous ^M3S gi aùca

par des succès constants

Ilabfle dans la science des arnww, à profiter

des circonstances et à éviter

les malheurs

S'étant montré grand capilnine en Ftalio

en Bohême et en Allom^i^ii^

186 G. B. FAlllBAlLT

Ayant toujours accompli sa tâche de façon

à se montrer digne d'en accomplir

<}e plus grandes

Alors qu'ayant affronté mille danjzers

Il fut envoyé pour défendre la Province

du Canada

A la tête d'une petite troupe, il a souvent

repoussé des ennemis nombreux

S'est emparé de leurs forteresses défendues

par des hommes, munies d'un fort

matériel

Kndurci an froid, à la faim, aux veilles, patient dans les travaux, oublieux de lui-même

soigneux de ses soldats

Ennemi rodou table, vainqueur raagnagnitno

Sachant trouver dans sa valeur une com^musation

aux coups de la fortune, dans son habileté

et sa promptitude, le supplément

aux moyens faisant défaut

Pondant quatre ans il a retardé par sos

conseils et sa bravoure la chute

de la colonie

Enfin après avoir déjoué pendant lonjrtempa

les projets d'un capitaine actif

et intrépide

commandant d'une armée

nombreuse, aidé d'une flotte chargée

de munitions détentes sortes

Poussé à livrer bataille, il tomba blessé

au premier rang et au premier choc

Entouré des soins et de l'espoir d'une Ileligion

qu'il avait toujours pratiquée,

il s'éteignit

Au grand regret des siens et au regret môino

de ses ennemis

Le XîVe jour de septembre

de Tan du Sauveur

MDCCLIX

Do son âge lo XL VlIICmo

G. B. FAKIBAULT IS'

Les Français en plenrant

Déposèrent les restas mortels de leur excollont

chef dans la fosse qu'une bombe

en éclatant avait creustoe pour lui ^

Avant d'expédier de Paris le marbre sur lequel cette épitaphe avait été gravée, M. de Bougainville écrivit à lord Chatham, alors M. William Pitt, la lettre suivante, pour obtenir Tautorisation de la faire j}o<eT.

Monsieur,

Les honneurs qui ont été rendus, sous votre ministère, à M. Wolfe, m'assurent que vous ne désapprouverez point que les troupes françaises, dans leur reconnaissance, fassent leurs efforts pour perpétuer la mémoire du marquis de Moritcalm ; le corps de ce général, que votre nation même a regretté, est enterré si Québea J'ai Phonneur de vous envoyer une épitaphe faite par l'Académie des inscriptions. J'ose, Monsieur, vous demander la faveur de l'examiner, et, si vous n'y avez point d'objection, vous voudrez bien m'obtenir la permission de l'envoyer à Québec gravée sur un marbre, qui sera placé sur la tombe du marquis de Montcalm. Si l'on m'accorde cette permission, j'ose me

* La boni lie en éclatant n'avait fait que défoncer le plancher do lVj?liso. CV^it par cotte ouverture que fut descendu le cercueil du général, dans une fosse creusée ininiidiateiuoui au-deiiâouâ. iliëtotre dru UmiHnes. Vol. IH, p. 8.

Confiant ces précieux restes A la garde d'un ennemi «'cnéreuxl

183 G. B. FAUIDAULT

flatter que vous voudrez bien mVii informer, et m'envoyeren môme temps un passeport, afin que le marbre avec répitaphe puisse être reçu sur un vaisseau anglais, et placé, par les soins de M. Murray, dans Téglise des ursulines.

Veuillez me pardonner, Monsieur, si j*ai osé vous interrompre dans vos occupations si importantes; mais en tâchant d'immortaliser les hommes illustres et les patriotes éminenlSj c'est vous faire honneur à vousménio.

Je suis avec respect, etc..

De hol GAINVILLE.

^îonsîcur.

C'est avec la plus jrrande satisfaction que je vous envoie le consenienient du Roi sur un sujet ausf^i intéressant que Tépitaplie du marquis de Montcalm composée par TAcadémie des sciences, et qui. selon vos désirs, doit Ctre envoyée à Québec, gravée sur un marbre, et placée sur la tombe de cet illustre guerrier. Elle est parfaitement belle; et le désir des troupes françaises qui ont servi en Canada, de payer un semblable tribut d'hommage à la mémoire de leur général qu'ils ont vu expirer î\ leur tête d'une manière Bi glorieuse et pour eux et \your lui, est vraiment honorable et digne de louanges.

J'aurai le plaisir, Monsieur, de vous aider do toute

G. B. FAIttn.M'I.T 181'

manière dans vos louables intentions, et dès que j'aurai reyu avis des mesures que vous aurez prises pour faire embarquer le marbre, je ne manquerai pas de vous envoyer le passeport que vous désirez, et des instructions au gouverneur de Québec pour le recevoir. Je vous prierai aussi, Monsieur, d'être persuadé de ma juste sensibilité à la partie obligeante de votre lettre qui me concerne, et de croire que je regarderai comme un bonheur l'occasion de vous prouver l'estime et la considération particulières^ avec lesquelles j'ai l'honneur d'être, etc.,

\\m TlTT.

Lomhvjs, 10 avril 17G1.

A la suite de cette correspon «lance, le marbre fut expédié vers le Canada ; mais on ignore par quel accident il n'arriva jamais à sa destination. En 1833, lord Aylmer, alors gouverneur général des provinces, fit placer, dans la chapelle des ursulines, l'inscription qui s'y lit encore aujourd'hui :

HONNtiUB

Page 1