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Biographies vétérinaires

En écrivant ce livre, j’ai voulu, de la masse des publications diverses où ils sont enfouis, tirer des documents précis sur la vie et les travaux des hommes qui, à des titres variés, ont occupé une place importante dans la profession vétérinaire et l’ont, par leurs efforts, élevée au niveau qu’elle occupe aujourd’hui. J’y ai joint aussi bon nombre de médecins et de naturalistes qui ont écrit sur les maladies des animaux domestiques et dont plusieurs ont notablement contribué aux progrès de cette partie de la médecine.

J’ai limité mon cadre en laissant de côté les écrivains, souvent éminents, dont les travaux ne se rattachent qu’aux parties accessoires delà science vétérinaire. Dans son ensemble, en effet, celle-ci touche aux diverses branches des sciences médicales et zootechniques. Il est clair qu’elle a bénéficié des progrès de la médecine humaine, dont il faut connaître l’histoire pour faire celle de la médecine des animaux. De même, l’hygiène et l’élevage de ces derniers se sont perfectionnés peu à peu, non seulement par l’initiative des vétérinaires, mais aussi par celle de nombreux agronomes, zootechniciens, écuyers, etc. Ces auteurs ne sont pas mentionnés

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ici, à moins que leurs écrits ne comprennent quelque contribution à la médecine même des animaux.

La collection nécrologique qui est présentée dans ce livre remonte aux premiers temps de l’histoire, s’étend jusqu’à notre époque et embrasse les hippiatres et vétérinaires de tous les pays. Mais, écrites surtout pour mes compatriotes, ces Biographies donnent une place prépondérante, par les détails, aux vétérinaires français. Tout en restant plus bref pour les étrangers, je me suis néanmoins efforcé de leur rendre pleine justice. Cela m’a paru essentiel et fondamental pour la sincérité et l'utilité de l’œuvre. D’ailleurs, le patriotisme n’est vraiment éclairé que s’il regarde au delà des frontières et s’il compare ; autrement il n’est que chauvinisme. Mes lecteurs éprouveront, je l’espère, la satisfaction de voir que la France ne le cède à aucun pays pour le nombre et le mérite de ceux qui ont honoré la profession vétérinaire.

Mon désir est aussi que mes jeunes confrères puisent, dans les modèles qui passeront ici sous leurs yeux, l’amour et la fierté de leur art. A l’époque de crise morale que nous traversons, quand le dégoût, l’envie, la lassitude effritent tant de courages, il me semble que les bons exemples dont notre histoire est pleine sont de nature à fortifier les cœurs. En voyant que, par leur persévérance, leur amour du travail, la dignité de leur vie, tant d’hommes partis des situations les plus modestes sont arrivés aux honneurs et, ce qui vaut mieux, ont obtenu les plus hautes marques de considération et d’estime publiques, les jeunes vétérinaires

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pourront se sentir réconfortés. Connaissant mieux leurs ancêtres, ils auront plus d’autorité dans leurs légitimes revendications. Il leur sera, d’ailleurs, loisible d’invoquer encore les exemples qu’ils auront recueillis immédiatement autour d’eux; car nombreux sont les vétérinaires qui, dans une sphère restreinte d’activité, présentent des modèles de vertu civique.

J’aurais pu, en effet, multiplier beaucoup ces biographies, si j’y avais compris tous ceux dont la vie peut être offerte en exemple, tous ceux dont la mort a été professionnellement honorable, qu’ils aient succombé, comme nous pouvons tant en compter, à l'inoculation de la morve, du farcin, de la rage, du charbon, de la septicémie, ou que, vétérinaires de l’armée, ils soient restés au champ d’honneur. J’ai laissé à d’autres le soin de dresser ce martyrologe des victimes du devoir professionnel et je me suis surtout attaché aux artisans des progrès de la science.

Pour établir entre eux une sorte de hiérarchie, indiquée d’ailleurs par l’abondance ou la sobriété des détails, deux sortes de caractères ont été employés; le plus petit a été attribué aux veterinarii minores, qui méritaient d’être mentionnés, non de prendre une trop grande place, ainsi qu’aux médecins et naturalistes qui, à notre point de vue, peuvent leur être assimilés.

Je dois dire aussi que ces « biographies » ne sont pas nécessairement des « éloges » ; le blâme et la critique y jouent le rôle qui m’a paru leur revenir ; il est parfois important.

J’ai joint au texte un certain nombre de portraits,

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copiés d'après des gravures du temps, des peintures ou des photographies que j’ai pu me procurer. La plupart représentent les personnages les plus importants de ce livre. Je remercie les collègues français et étrangers auxquels je me suis adressé, et qui ont tous répondu à mon appel avec un empressement touchant. Mais je dois citer à part M. le professeur Perroncito (de Turin), qui a généreusement mis à ma disposition le cliché qu’il avait fait graver pour ses notices sur Rivolta.

Ces Biographies sont complétées par un « Répertoire bibliographique » qui pourra rendre quelques services pour l’étude d’une question déterminée.

Il serait trop long d’énumérer tous les ouvrages et les publications périodiques que j’ai feuilletés pour réunir les documents présentés ici. Je me bornerai à mentionner spécialement, comme ayant été consultés avec soin et avec plus ou moins d’utilité, la Biographie universelle de Michaud, la Nouvelle biographie générale de Didot, le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre, X Encyklopædie der Thierheilkunde de A. Koch, X Histoire de la médecine vétérinaire dans ï antiquité de Moulé, et surtout le Biographisch-literarisches Lcxikon der Thieraerzte de Schradcr et IJering.

Tel qu’il est réalisé, ce livre de Biographies vétérinaires ne représente guère, dans ma pensée, qu’un essai, susceptible de nombreux développements, additions et corrections. Aussi fais-je appel à mes lecteurs pour me venir en aide, pour me signaler tous les points sur

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lesquels ils pourraient apporter des éclaircissements complémentaires, et pour me procurer les portraits des maîtres qu’on regretterait de ne pas trouver ici.

En terminant, je me fais un devoir de remercier mes éditeurs, MM. Asselin et Houzeau, de leur zèle amical pour faire de ce livre une belle œuvre typographique. Ils ont saisi avec empressement l’occasion que je leur offrais de témoigner une fois de plus le dévouement si ancien de leur maison à la profession vétérinaire.

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