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REFLEXION IN PETTO

Ici (il s'agit de la Saisse, dont le nom figure au bas du dessin et qui jette par delà les frontières les agents du chancelier) ils ont mis mes • mouchards » à la porte, et lâ^ au pied de la tour Eiffel, ils font de l'esprit avec les coups qu'ils ont reçus de moi. N'y a-t-il pas là de quoi devenir enragé?

{NeheUpalter, 15 juin 1889)

La légende allemande porte sur ledouble sens du mot: spitzel. Il 7 a là un jeu de mots qui disparaît à la traduction.

Le Bismarck vu par le Nebelspalter — le prin-

Comment un nommé Cohn dit Bliud (aveugle), tira sur une Excellence, comment le dit Cohn fut arrêté, et comment l'Excellence montra triomphalement au peuple enthousiaste les « petits pois bleus » qui avaient failli trancher le fil de ses jours.

Arrêté par deux officiers de la. garde, Cohn, tri&te plaisir, dut aller moisir à Tombre. Heureusement, la bénédiction du Seigneur, cette bénédiction dont souvent les journaux se plaisent à raconter les effets, s'étendit sur le dit Cohn.

En prison, il sortit un rasoir de sa poche et se coupa la gorge. Mais son &me s'enfuit par la fenêtre, et gagna TAmérique, pays des ressuscites.

M. de Bismarck montrant triomphalement les balles qui avaient manqué de l'atteindre.

{Postheiri, 19 mai 1866).

cipal organe contemporain — n'est ni botté, ni casqué. Il a la casquette à grande visière, il a

l'ample redingote militaire ; la figure me paraît particulièrement ressemblante. Quelquefois, les 'caricaturistes insistent sur son côté de vieux grognard ; ils le vieillissent à plaisir, ils en font une sorte d'invalide de la paix forcée, gardant ses canons comme une lunette hors de service, ne servant plus qu'à voir les progrès de l'art civilisateur. D'un coté, Krupp ; de l'autre EiflFel.

D'autres fois, c'est, encore solide et bien portant, vieux bouledogue qu'il ne faudrait pas tracasser, si l'on tient à sa peau, le géant qui a créé l'Empire allemand.

, Diplomate, on lui fait prendre toutes sortes de travestissements, et on peut le voir, comme ici, en mère noble, en vieille institutrice, ne manquant ni de dignité, ni de... virilité! Mesdemoiselles, tenez-vous bien et ne regardez point les jolis garçons, même lorsqu'ils portent crânement l'uniforme français.

Avec ce je ne sais quoi de pensé, d'observé, cette caricature meplait. Humoristique, sans violences, elle indique bien l'esprit de neutralité qui est le propre de toutes les conceptions suisses.

Et puis, à côté de cela, elle a le sens des choses allemandes et du caractère de M. de Bismarck.

:=% Di« bMorgte Erziehef in.

L INSTITUTRICE PREVOYANTE

Regardez devant vous, mesdames, s'il vous plaît. Pas de distractions ni d'œillades, je vous prie.

{Nebelspalter, 26 octobre i8S9).

Les deux demoiselles quelque peu moustachues que Bismarck conduit «r» institutrice attentive, sont l'Autriche et Tltalie.

Une petite vignette du Nebelspalter est souvent une page d'histoire. Témoin ce simple dialogue entre Lui et Elle, entre le prince et la princesse. Le chancelier enfile ses bottes, et le dessin porte pour légende : « Ciel, Otto, les grandes bottes ! Serait-ce la guerre? — Non, pire : le Landtag prussien. » Voilà qui est nature, voilà qui, aisément, se passe de tout autre commentaire. Avec cette seule vignette, avec ce seul mot on juge rhomme et ses conceptions parlementaires.

Le dessinateur du Nebelspalter a également conçu un Bismarck phrénologique, fumant paisiblement une pipe ornée du portrait de son cher Herbert. Les Italiens ont affectionné ce genre que nous avons vu fleurir à certaines périodes de notre histoire; mais le Bismarck à la tête meublée de personnages qu'on peut voir ici est bien calme, bien bourgeois, bien « philistin », comparé au Bismarck conçu par Belloguet en quelque sanguinaire vision.

Et celui qui verrait la caricature suisse évoquant aux côtés du puissant Chancelier tout un passé héroïque, allant de Guillaume Tell à Winkelried, du « tireur à la pomme » au « chevalier empoignant les lances ennemies et les arrêtant sur sa

2l)i BISMARCK EN CAH1GATUR£S

poitrine », celui-là se tromperait fort. Elle considère avant tout Bismarck sous un aspect comique et s^abstient à son égard de toute fanfaronnade graphique, ne voulant pas, avec raison, éveiller les susceptibilités de la Chancellerie impériale, à propos de simples dessins.

Elle paraît être, aujourd'hui, moins internationale que la caricature italienne, non qu'elle ne s'occupe de la France et de l'Allemagne, mais elle vise les personnages et point la politique dans ses généralités. Bismarck, qu'elle représente avec humour, Carnot, pour lequel elle est pleine de respect. Boulanger qui, d'emblée fut conspué par elle, apparaissent ainsi, isolément, à propos d'incidents locaux. Elle ne va pas plus loin que la Triple alliance, et laisse le Papagallo mener sous la conduite de Bismarck le concert européen.

Pour elle, le Chancelier est, définitivement, dans la fameuse « armoire aux retraités ». Elle pouvait se venger sur lui par le crayon des désagréments de l'affaire Wohlgemuth. Disons à son honneur qu'elle ne l'a point fait, préférant l'enterrer sans fiel. Et c'est ainsi qu'il est joyeusement mené au champ du repos par le Nebelspalter à Zurich, par le Carillon à Genève.

SOUVENIRS VIVANTS. — Coiupositioii de Boscovitz. {Nebelspaltert 2 mars 1889).

Au haat du crâne, M. de Bismarck étendant les mains sur l'Afrique et sur l'Amérique. Le drapeau que tient un marin forme une mèche de cheveux. Le nez est un Prussien, vu de dos, tenant par le bras l'Italie assise sur la France, laquelle constitue la moustache du Chancelier . Sur le menton, on lit : Trésor de guerre. Les deux personnages assis Tan devant l'autre, contre l'oreille, sont le pasteur Stœcker et Liebknecht. Les autres sont Morier, l'ambassadeur à Londres, et Richt^av^

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