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pas une basa positive d'influence polilicpic ; sur ce terrain, le gouvernement ne trouve sa ligne de conduite que dans le besoin d'assurer la prospérité financière et commerciale des Etats du ZoUverein et celle de leurs sujets. » Aussi la Prusse était-elle sim[)lement « disposée à conclure un traité de commerce avec l'Auti'iche, traité qui serait de nature à faciliter d'autres rapprochements et à mettre les intéressés à même d'apprécier les conséquences pratiques d'une union plus étroite. La Prusse ne se croit pas le droit de faire du bicn-ôtre matériel de ses sujets l'objet d'expériences hasardeuses. Elle demande qu'on laisse la question de l'union douanière avec l'Autriche ouverte sans en préjuger en aucune façon la solution. » Ces déclarations n'étaient pas pour satisfaire le ministre autrichien ; il tenait la mission de Bismarck pour de la « poudre aux yeux ' » et ne dissimulait pas son mécontentement à l'envoyé prussien : « L'Autriche, répondait-il, ne peut pas se laisser considérer en Allemagne comme une puissance avec laquelle on signe un traité de commerce comme on le ferait avec un gouvernement étranger ; un traité de ce genre n'aurait aucune valeur pour le cabinet impérial s'il ne reconnaissait formellement et officiellement pour but de la politique commune l'union douanière et la fusion des intérêts matériels de toute l'Allemagne. Il est à regretter que la Prusse n'ait pas même consenti à discuter ses propositions, et qu'elle n'ait pas eu pour elle la déférence que, dans des circonstances analogues, l'Autriche n'aurait pas refusée à un Etat aussi étranger que la Perse. 11 en résultera que la Prusse se détachera du ZoUverein, qui continuera de subsister même sans elle ; quant à l'Autriche, elle est heureuse de n'être pour rien dans les malheurs que cette rupture entraînera. »
1. Buol à Prokesch, 10 juin 1850, Prokesch, loc. et/., p. 258.
Le comte Buol déplaçait habilement la question ; en réalité, • ■'était son propre gouvernement qui recherciiait la dissolution iluZoUvereinetson remplacement par une union plus large où rAulriclie prendrait place. Ainsi se posait sur le terrain économique la question discutée à Francfort : l'Autriche devait- Ile être tenue pour terre d'Allemagne? ou était-il nécessaire Je la chasser de la Confédération, pour former un Etat moins vaste, mais plus serré ? Buol protestait contre la politique de la Prusse « qui tendait à exclure l'Autriche de l'Allemagne ». Une année d'expérience à Francfort avait prouvé à Bismarck, jadis défenseur de l'alliance austro-prussienne, que la divergence et la rivahté de leurs intérêts ne j)ermettaient pas aux deux Elals une étroite entente.
Dans ces conditions, les entretiens des deux hommes dEtat ne {wuvaient avoir de résultat; ils avaient au moins un vif succès de curiosité et dans l'antichambre du ministre, Bismarck trouvait « tous les ambassadeurs allemands présents à Vienne qui attendaient avec un air d'anxiété le résultat des conversations ». A cette époque de l'année où Vienne est « vide et brûlante quand il ne pleut pas », le hobereau prussien était l'homme du jour, linvité de tous les attardés : diplomates et grandes dames se disputaient ses soirées ; il s'y rendait avec simplicité et bonne humeur, comme s'il n'avait fréquenté jamais que les salons de la plus exclusive aristocratie; il était reçu en audience par la grande-duchesse Sophie, mère de l'empereur; il n'oubliait pas, d'ailleurs, de rendre visite au prince de Metlernich qu'il trouvait « bien change de visage, d'ouïe et de fraîcheur d'esprit ». Enfin, dans ce perpétuel besoin de mouvement qui le caractérisait, Otto parcourait les environs de Vienne : Schonbrunn, son parc u aux statues blanches dans leurs niches vertes », les hauteurs de Lcopoldsberg, et les bords du Danube.
Il avait liAte de se présenter ù l'empereur et de lui remettre la lettre de son roi. Mais François-Joseph faisait en Hongrie un vo^'age d'une haute importance politique; pour la première fois depuis son avènement au trône, il visitait les provinces qui s'étaient révoltées contre l'autorité de sa maison, et qu'il espérait se conciUer, « Ce voyage effacera le souvenir douloureux des dernières années, écrivait un journal officieux*, et les générations à venir béniront le jour où aura été ainsi célébrée la fôte de la Concorde entre ce souverain héréditaire et son peuple de Hongrie. » Bismarck était donc forcé d'attendre ou de rejoindre le souverain. Il préféra le plus prompt, et le 21 juin, il était invité à se rendre à Bude pour remettre ses lettres de créance à l'empereur.
Le 24 juin, il était reçu par François-Joseph avec le cérémonial accoutumé. Le jeune souverain lui fit la meilleure impression. « lia, écrivait-il, le feu de la vingtième année, joint à la dignité et à la réflexion de l'Age mûr, un beau regard, beaucoup de franchise et d'ouverture, surtout quand il rit ^. » Après les banalités d'usage, — congratulations réciproques et assurances d'amitié politique, — l'entretien se fixa sur la question économique, cause véritable de la mission de Bismarck. Les interlocuteurs ne pouvaient guère que constater leur désaccord. « Sa Majesté, rapporte Bismarck, croyait devoir maintenir le programme de l'union des droits douaniers, car une fusion des intérêts matériels pourrait seule donner à l'Allemagne ce degré de consolidation dont elle a besoin pour garantir sa sécurité intérieure aussi bien que son rang parmi les puissances européennes. » Le diplomate prussien répondait que la Prusse désirait simplement « conclure un traité de commerce avec l'Autriche aussitôt après la reconnaissance du Zollverein