‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 83 sur 179 · Prokesch von Osten, yl<w den Briefen, p · texte numérisé non relu

Prokesch von Osten, yl<w den Briefen, p

3. Kliipfel. Geschichte der deutsc/ien Einheitsbeslrebunyen, t. I, p. 145.

leurre, car loul en échangeant des dépêches, Schwarzenberg avançait ses troupes en Bohônie et Moravie. L'Electeur de Hesse réclamait le 15 octobre l'intervention directe de la Diète; celle-ci ne la refuserait certainement pas, et de fait elle décida le 25 octobre Texéculion fédérale.

La Prusse était menacée; elle cherchait anxieusement un secours. Elle tenta de le trouver auprès du tzar. Nicolas avait passé Tété à Varsovie; il était môme venu à Berlin; il suivait les affaires d'Allemagne avec attention et parfois avec colère. « Il est indigné de l'attitude de la Prusse », déclarait la grande-duchesse Hélène'. Il estimait prochaine l'heure où il devrait intervenir en Allemagne pour sauver les principes d'ordre et de droit, comme il l'avait fait en Hongrie. A Berlin même, le parti réactionnaire ne voyait le salut que dans son intervention : « Nous devrons être encore heureux de cet affront fait à notre patrie », écrivait le général de Gerlach (lès le mois de mars -.

Après l'arrivée de lladowitz aux affaires, la camariila désirait plus vivement encore cette inlprvention de la Russie et engageait le roi à rendre visite à son impérial beau-frère. Hadowitz craignait ce voyage, car il se méfiait avec raison des brusques voiles du roi et redoutait que, sous l'inlluence du tzar. Frédéric-Guillaumi' prit brusquement des résolutions capables d'étouffer déOnitivement la politique allemande. Il fut donc décidé que le chef du cabinet, comte Brandenburg, se rendrait U Varsovie pour rendre favorable l'oracle russe.

Le comte partit le.li* octobre^; il emportait un mémoire

t. I'rok»'jMh. Loc. cit.. 9 octobre 1850. p. I6fi. i. tierluch. Denkwardigkeiten, i\ mars t85U, I, p. 449. t vvK.i /.w. cii,^ i. II, p 3ô iO. raconlo d'aprt^s le» archives prus-

m; parfaite précision df di'lailit, le» péript-ties de ce voyage. •nu son récit en ajoutant les rcnseignenicnls qui nisultent

i.tncesdeManleuffel et Prokescb, parues depuis lapublica-

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ministériel, sorte de programme de la politique prussienne à soumettre au tzar. Ce document posait, pour la solution de la question allemande, ces principes : la Pi'usse aura le môme droit que l'Autriche à présider la Confédération; un conseil fédéral de 17 voix sera formé avec la môme compétence que Tancienne Diète ; le pouvoir exécutif sera exercé en commun par l'Autriche et la Prusse; il n'y aura pas pour le moment de Parlement issu du peuple; l'Autriche entrera avec toutes ses dépendances dans la Confédération; les divers Etats pourront former des unions plus étroites si celles-ci ne sont pas en contradiction avec la Confédération allemande; les questions de Hesse et de Holstein seront réglées, sur mandai de tous les gouvernements allemands par des commissaires des deux grandes puissances. — En outre, Brandcnburg était porteur d'une lettre autographe de F'rédéric-Guillaume pour François-Joseph, dont l'arrivée à Varsovie était proche; cette lettre, conçue en termes très affectueux, contrastait avec les fanfares guerrières de Bregenz.

Le comte arrivait à Varsovie le 17 octobre et était immédiatement reçu par le tzar « avec bienveillance ». Les déclarations du souverain russe étaient tout en faveur de l'Autriche : il ne méconnaissait pas la nécessité de rajeunir le pacte fédéral, mais engageait la Prusse à rentrer d'abord dans la Diète puis à demander sa revision; il se refusait d'ailleurs à toute médiation (c'était sans aucun doute pour laisser à l'Autriche sa libre décision); il approuvait le parti pris par l'Electeur de Hesse de s'adresser à la Diète et insistait pour une prompte soumission du Holstein. C'était tout le plan autrichien.

Le chancelier, comte Xesselrode, fut plus accueillant. 11 tenait les propositions prussiennes pour très acceptables et obtint du tzar l'autorisation de les soumettre au prince de

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Sohwarzenberg comme base de négociations. Mais l'ambassadeur de Russie à Vienne, baron Meyendorff, qui arrivait à N'arsovie, laissait peu d'espoir de leur adoption. Plusieurs jours s'écoulèrent pour Brandenburg en négociations avec le tzar; celui-ci insistait sur la nécessité d'en terminer promplement avec la révolte du Holstein et faisait un devoir pour la Prusse d'éteindre l'incendie qu'elle avait allumé. Le ministre prussien était découragé et, peut-être à son insu, « impressionné par cette attitude ». Il attendait, pour décider, l'arrivée lie François-Joseph'.

Cependant, à Berlin, la fièvre guerrière avait envahi le parti militaire. Sans s'arrêter aux négociations de Varsovie, Radowitz montrait au roi l'avance prise par les armées d'Autriche et de Bavière et la nécessité de préparer une guerre presque inévitable. Le 20 octobre, Frédéric-Guillaume IV décidait la mobilisation générale, retirait cet ordre, hésitait t ncore; le conseil des ministres recommandait le 22 octobre au général Groben, qui commandait les troupes prussiennes sur les confins de Hesse, d'éviter un choc avec les Bavarois ^'il les rencontrait; car, en même temps, le général devait occuper les routes d'étapes en Hesse, ce qu'il faisait le 24. I*olilique ondoyante et de nerf, pendant que l'Autriche et ses illiés marchaient d'un pas ferme. La Diète avait confié le 2(1 octobre à la Bavière la mission d'envahir la Hesse pour -ou mettre la « rébellion » ; le prince de Tour et Taxis avanvait immédiatement un corps de troupes.

A ce moment précis, le 25 octobre, l'empereur d'Autriche ' t son ministre arrivaient à Varsovie.

Le 26, François-Joseph accorda audience au comte Brandenburg; il le reçut très gracieusement, lui affirma son vif

1 lirandcnburg à Manteuffel, 19 octobre 1850. MantcufTci, /oc. cil.,i- l, p. ;28«.

désir d'aboutir à une entente parfaite, mais le renvoya à Sclnvarzenberg pour toute délibération. Le soir môme, les deux ministres eurent un long entretien, non orageux, poli, môme cordial, « comme au revoir de vieilles connaissances qui désirent sincèrement s'accorder ». Brandenburg reprit son exposé des vœux prussiens, tels qu'ils étaient exposés dans son mémoire ministériel. La réponse de Schwarzenberg fut très nette : il acceptait toutes les concessions de la Prusse et n'en faisait qu'une; il admettait que de « libres conférences » réunissent les ministres des Etats allemands pour remanier le pacte fédéral; sur les questions de Hesse et de Holstein, il était inexorable et déclarait catégoriquement qu'il était du devoir de la Diète d'intervenir dans ces deux pays à la demande des souverains.

Brandenburg espérait encore maintenir la paix. « On peut à peine croire, écrivait-il le lendemain', quelle peur fait j)artout la guerre. Trop de gens vivent encore qui savent ce que signifie une guerre européenne et qu'à côté de cela tout ce que nous avons supporté depuis deux ans n'est qu'un ouragan dans un cuveau à lessive. » Schwarzenberg sentait bien que ses affirmations, appuyées sur 200.000 soldats en armes, avaient porté sur son interlocuteur; dans une lettre du 26 octobre il disait à son ambassadeur à Berlin : « Brandenburg a reconnu que l'Union,, dans les termes d'ailleurs inexécutables de la Constitution du 2G mai, est pour nous une pierre d'achoppement, et que seul son abandon officiellement et clairement signifié peut nous rendre paix et confiance avec la Prusse ^ »

Les 21 et 28 octobre, les négociations continuèrent sans

1. Brandenburg à Manteuffel, 27 octobre 1850. Manteuffel, loc. cit., p. 287.

2. Schwarzenberg à Prokesch, 26 octobre 1850. Prokesch, loc. cil. p. 172.

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avancer beaucoup. Schwarzenberg affirmait que l'occupation de la Hesse n'aurait d'autre but que le rétablissement de l'ordre dans le pays et cesserait dès que ce résultat serait atteint; satisfait de cette déclaration, le gouvernement russe insinuait à Brandenburg que « toute opposition à l'exécution fédérale dans le Holstein serait regardée par la Russie comme un casus belli^ n. Les ministres d'Autriche et de Prusse n'arrivaient à s'entendre ni sur le lieu ni sur le but des libres conférences. En quittant Varsovie, le 29 octobre, Brandenburg emportait la ferme conviction que, si la Prusse ne cédait pas, c'était la guerre, la guerre contre l'Autriche, les rois du sud de TAlIcmagne, la Russie, sans un seul allié et devant la France incertaine avec ses velléités napoléoniennes. 11 fallait céder.

A Berlin, le ton était encore à la guerre. Radowitz réclamait la mobilisation, Frédéric-Guillaume IV croyait « qu'il était à chaque instant sur le |)oint de partir en campagne" ». Le retour de Brandenburg fit l'effet d'une douche glacée.

Dès son arrivée, le 31 octobre, Brandenburg avait exposé au roi et à Radowitz les négociations de Varsovie, et la nécessité de céder pour éviter une guerre désastreuse; c'était l'échec définitif de la politique allemande; Radowitz n'y |K)uvait souscrire; aussi, dès ce jour, on parlait au département des Affaires étrangères « d'une crise ministérielle possible* ». Le lendemain malin, Brandenburg reprit son exposé devant les ministres et le conseil se divisa en deux parties : Manteuffel, Rabe et Simons appuyèrent le président du conseil dans sa [)olitique de soumission à l'Autriche. Radowitz, secondé par Ladcnberg et von der Heydt, y opposaient la

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