LE € VOYAGE DE NAPLES
partie, comme homme d’armes, de la compagnie d'Antoine de Carmaing, sieur de Negrepelisse !.
Le récit du «voyage de Naples » débutait dans la première rédaction par une allusion aux négociations qui amenèrent la délivrance de François Ie, Monluc plaçait « ung an après » le retour du roi en France l'envoi de Lautrec en Italie. François Ier franchit la Bidassoa après avoir été échangé contre le dauphin et le duc d'Orléans, le 17 mars 1526. Les provisions en faveur de Lautrec de la charge de lieutenant général du roi en Italie sont du 28 juin 1527 seulement”. D'ailleurs, dans sa seconde rédaction, Monluc a biffé cette indication légèrement inexacte, qui prouve pourtant un certain souci de la chronologie. IL était bien en Gascogne lorsque Lautrec, se souvenant des qualités supérieures de fantassin dont il avait fait preuve à Saint-Jean-de- Luz, lui envoya l’ordre de dresser une compagnie de gens de pied, « de sept à huict cens hommes », qui se trouva si forte qu'il put la partager avec Pierre d’Ossun. Monlue et d’Ossun firent, en effet, le « voyage de Naples » en qualité de capitaines de deux des douze compagnies gasconnes de l’armée de Lautrec. On trouve leurs noms, passablement défigurés, dans un dénombrement qui nous en a été conservé : Monluc commandait à trois cents hommes, d’Ossun à quatre cents*. Le partage avait été
d’inexactitude qu'il adresse à Monluc ne me paraît pas fondé, Il faudrait, en effet, prouver que le capitaine Carbon dont parlent ici les Commentaires est bien Jean de Monpezat. Ce dernier était, en effet, lieutenant de la compagnie du roi de Navarre en 1529 et 1530 (montres d'Agen, 2 mai 1529, B.N.,fr. 21915, n° 1217, et 31 octobre 1530, chid., n0 1216, Clairamb., 251, n0 1155). Mais il faut le distinguer du capitaine Carbon cité dans les montres de la compagnie du maréchal de Foix. On les trouve tous les deux dans la montre de Samadet, 23 octobre 1523, l’un ainsi désigné : « le cappitaine Carbon », l’autre : « Jehan de Carbon, homme d'armes. » (B. N., Clairamb., 247, n°0 941.)
1. Montres de la compagnie de Louis de Carmaing, sieur de Negrepelisse, Castelnaudary, 13 février 1526 (B. N., fr. n. acq. 8618, fo 12); Cahors en Quercy, 5 octobre 1526 (B. N., fr. 21514, n0 1153, fr. n. acq. 8618, fo 26); Montauban, 8 mars 1527 (B. N., fr. 21514, n9 1162).
2. Arch. d'État de Modène, Archiv. ducale secreto. — Cf. Catalogue, VI, n0 19231.
3. On le trouve à Montauban le 8 mars 1527 (voir la montre citée plus haut, n. 1).
4. Saxuro, XLVI, col. 430-434 : « Numero de la gente del campo del re christianissimo in Lombardia. » Outre Monluc (Munleu) et d'Ossun (Ansuno),
fait après la prise d'Alexandrie, qui eut lieu le r2 septembre 1527”. Puis il note le siège du château de Vigevano par Gramont et Monpezat”, que Lautrec envoya prendre cette place avec cinq mille hommes de pied, trois cents lances et trois cents chevaulégers. Les Français parurent devant Vigevano avant le 20 septembre. Ils trouvèrent de la résistance et durent faire venir de l'artillerie pour battre le château 5. Le souvenir de ce siège était lié pour Monluc à celui d’une arquebusade qu’il reçut à la jambe droite « en faisant les approches et les tranchées pour mettre l'artillerie ». Il ajoute avec raison qu'il en demeura boiteux fort longtemps, puisqu'il ne commença à « cheminer » que lorsque l'armée quitta Parme pour marcher vers Bologne. On sait, en effet, avec quelle lenteur Lautrec avança vers l'Italie centrale. Arrivé à Parme le 9 novembre, il fut obligé d’y rester près d’un mois dans l’inaction; il manquait d'argent et l'attitude des Vénitiens et du pape était à ce moment des plus incertaines*. C’est le 14 décembre seulement qu’il quitta Parme et se mit en marche vers Modène; il y était le 17 et arriva à Bologne le 196. Il en
je relève parmi les noms des capitaines gascons ceux du baron de Béarn (e/ baron de Biter) et de La Clotte (La Flota), cités dans les Commentaires.
1. Sanuro, XLVI, col. 57, 65, 67. Le siège avait commencé le 29 août. Voir les documents dans Sanuro, XLVI, col. 9, 15, 18, 27, 28, 29, 39, 4o, 51, 54 et aussi SaLuzzo pi CastELLAR, Memortale (Miscel. di stor. ital., VIT, 620), qui donne une date vague et inexacte (a tornt XXX de ost).
2. & Il baron di Gracimon » était lieutenant de la compagnie de Lautrec (60 lances et 120 archers). € Monsignor Monpessato » commandait une compagnie de 30 lances et 60 archers (Saxuro, XLVI, col, 431).
3. SanuTO, XLVI, col. 92, 106, 107, 109, 110. On amena 60 pièces d’artillerie « per batterla e spianarla » (Cesare Nusiconro, Cronaca di Vigevano, dans Miscel. di stor.ital., XXIX, 298). Vigevano se rendit à discrétion le 23 septembre. Lautrec fit pendre le capitaine, son lieutenant et son enseigne. Voir aussi une lettre de [ Lautrec] à François Ier, Ottobiano, 21 septembre 1527, dans Brewer, Lelter and papers. of Henry VIIT, vol. IV, part. IF, n° 3442), et ce que dit de la prise le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 335, qui reproduit, d’ailleurs, textuellement un passage d’une plaquette contemporaine : Lettre du sieur de Porges, écrite de Pavie le 13 octobre 1527 (B. N., Lb3046).