PRISE DE FORCHA DI PENNE (FÉVRIER
repartit le 9 janvier et, par Imola, Faenza, Forli, Cesena, Sant’ Arcangelo, Rimini, gagna Ancône, où il était le 24'. Le 30, il alla de Recanati en pèlerinage à Lorette?; le fameux sanctuaire était en réputation dans le camp français, car Monluc fit quelques jours après un vœu à Notre-Dame, qui montre au moins qu'il réprouvait à l’occasion les horreurs commises par ses compagnons partout où 1ls passaient. Il y fait allusion au cours de son second grand récit.
Cest la prise d’une roquette, qu'il a contée avec un grand luxe de détails. Sa mémoire a encore ici été rafraichie par le souvenir d’une arquebusade reçue à la jointure de l'épaule et du bras et aggravée d’une chute du haut de la muraille jusqu’au fond du fossé. Le nom du lieu avait arrêté Florimond de Ræmond, qui, ne pouvant identifier Porchianne, leçon du manuscrit, l'avait remplacé par Capistrano, nom d’une ville des Abruzzes. Il nous est plus facile qu'au premier éditeur de rétablir le nom défiguré par le copiste. Le 8 février, Lautrec arrivait à Ascoli, sur les bords du Tronto{, à la frontière du royaume de Naples. Sa marche fut à ce moment de nouveau ralentie par le mauvais état des routes, qui rendait très pénible la traction des soixante pièces d'artillerie et des six cents charrettes qu’il traînait après lui. Il décida d’envoyer en avant Pedro Navarro, son capitaine géné-
1. SaAnuro, XLVI, col. 473, 478, 489, 499, 5038, 504, 5o7, 513, 532. L’itinéraire de Lautrec peut être établi de la façon la plus précise par les dépêches de l’agent vénitien Pesaro qui l’escortait.
2. Pesaro écrit le 31 janvier de Recanati : € Come heri fo con monsignor di Lutrech a Santa Maria di Loreto a tuor il perdon... » (Saxuro, XLVI, col. 552; cf. aussi col. 554, et BREwER, 0p. cit., n0 3940, Gregorio Casale à Wolsey, Orvieto, 22 février 1528).
3. « J’envoyay prier le cappitaine La Bastide qu’il me gardast tant de femmes et filhes qu’il pourroict, affin que ne feussent violées; ayant cella en dévotion, pour le vueu que j’avois faict à Nostre-Dame de‘ Lorette, espérant que Dieu pour ce respect m’aideroyt. » Voir les atrocités commises par les Gascons à Pavie dans Sanuro, XLVI, col. 172, 173-174.
4. Le rer ms. précise ainsi la position de Porchianne : « Or auprès d’Ascouly de Tione….. » Dans le second, on lit très nettement : «€ … Ascouly de Tronc. » Monluc avait évidemment dicté : « Ascouly de Tront. » Florimond de Ræmond a supprimé de Tione ou de Tronc, qu'il n’a pas compris. De Ruble, ayant à choisir entre les deux textes, a préféré, contrairement à son habitude, celui du rer ms. C’est avoir la main malheureuse, La meilleure leçon est, on le voit, celle du second ms.
5. Lettre de Pesaro, Canzano, 9 février (Sanuro, XLVI, col. 594).
ral, qui, avec six mille hommes de pied, franchit le Tronto et marcha vers Aquila ‘. Il s’'empara de Chieti, de Pepoli, d’Aquila, qui fut occupé le 15 sans coup férir, et de Sulmona. En six jours, tout l'Abruzze était conquis’. Parmi les châteaux qui furent pris, un seul résista : ce fut Forcha di Penne. Il fallut l'emporter de force; on y trouva de la poudre et de Fartillerie*. C’est le château dont Monluc a raconté l'escalade et dont il à gardé un si mauvais souvenir. Le fait se place donc vers le 15 février. Il est, par suite, impossible d'admettre que Monluc blessé ait pu être transporté à Ascoli, près de Lautrec. Ce dernier
avait, à cette date, quitté cette ville et était à Atri. Cest là, sans doute, que l’on porta Monluc, qui fut ensuite soigné à Termini (Termes de Brousse), où le quartier général français arriva vers le 274. Il y resta tandis que l’armée continuait sa marche. Aussi ne peut-il affirmer si c’est à Troia ou à Nocera que les Bandes-Noires la rejoignirent. Le 4 mars, Lautrec était à San Severo, où il attendait le marquis Michel-Antoine de Saluces et les fameuses bandes’ que commandait, comme le dit Monluc, depuis la mort de Jean de Médicis Orazio Baglione et que Florence avait envoyées pour le renforcer 5. Le 8, il en partait et
r. Lettres de Pesaro, 11 et 13 février (1bid., col. Gro), 13 février (col. 613). — Robert Jerningham à Henri VIII, Ascoli, 10 février (BrewER, n90 3890).
2. Pesaro accompagnait Pedro Navarro. Voir ses dépèches des 14, 15, 16 février (Sanuro, XLVI, col. 616-617).— Sur la prise d’Aquila, voir une lettre datée d’Atri, 17 février (1brd., col. 635), des nouvelles d'Italie et une lettre de Gregorio Casale à Wolsey, du 22, dans BReweEr, n08 3947, 3949.
3. SanuTO, XLVI, col, 617-618 : « Ex litteris datis Atri, diei 15 suprascripti. — Che Pietro Navarro havea preso per forzaun castello luntan da l’Aquila 25 miglia, nominato Forcha da Pena; che se teneva solamente la rocheta et che sperava de haver quella con mine. — De Atri, alli 16 febraro : I] conte Pietro Navarro prese in quel de l’Aquila circa 15 castelle, tra le quale prese Forcha di Pene per forza, dove ha ritrovato polvere et artelaria assai. » — Brewer, n° 3934 : Jerningham à Henri VII, Atri, 17 février : « On our arrival on this side the Tront, which separates Naples from the Pop's territory, Lautrec sent count Pier de Naver with the Frenchmen, Gascons and Italians against Laquyla, the chief town of La Browce; who, after passing great mountains and straits, took by force a strong castle, within 12 miles of the said town. »
4. Lettres de Pesaro et de Ceresara, Termini, 27 février (Sanuro, XLVII, col. 35-37).
9. Lettre de Ceresara, San Severo, { mars (Saxuro, XLVIT, col. 88).
6. Saxuro, XLVI, col. 622 : « Da Fiorensa, di VIII deputati…. Come haveano nel suo conscio deliberato, per aiutar monsignor de Lutrech, far 000 fanti con Horatio Baion, loro capitanio, et mandarlo da lui. »