‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 176 sur 533 · LA PRISE DE GHIERI (D SEPT · texte numérisé non relu

LA PRISE DE GHIERI (D SEPT

Giovan Giorgio Lampugnano, gentilhomme milanais, que D. Ferrante y avait laissé avec trois compagnies italiennes et cinquante chevau-légers ‘, fut contraint de se rendre par lattitude hostile des habitants. Cette raison, donnée par Monluc, est aussi celle qu'invoquent Miolo et le biographe de D. Ferrante, Gosellini ?. Ce dernier attribue cette attitude à la peur du pillage, Monluc à l'amour de la population pour la France. Les deux motifs sont vrais, plus profonds, en tout cas, que celui de Boyvin, qui parle du bruit des trompettes et des tambourins comme ayant déterminé les habitants de Chieri à se rendre. Le biographe de Brissac cite Monluc parmi les trois plénipotentiaires envoyés pour négocler la capitulation. Les Commentaires nomment Francesco Bernardino Vimercati, le sieur de Montbazin et peut-être le président de Birague. Il est peu probable que Monluc se soit oublié lui-même. Les deux auteurs sont d’accord pour louer la modération des soldats mis en garnison dans la roquette : Monluc s’en attribue tout l'honneur; Boyvin le partage entre Vimercati et lui5. Le récit des Commentaires, en somme exact, si l’on fait la part d’une légère exagération du rôle que attribue l’auteur, se termine par la mention d’un souvenir personnel cuisant, une chute qu'il fit sur la muraille de la ville, qui lui valut de se « deslouer » la hanche et de rester deux mois et demi au lit. Il

quelle en auroict esté l'issue, Maintenant qu'il a pleu à Notre Seigneur que nous serions entrés dedans, je n’ay voulu faillir de vous despescher expressément le sr de Duno, etc. » (Bibl. de Carpentras, ms. 490, fo 138 ro.) — Le connétable annonça le 12 septembre à M. de Humières, capitaine de Péronne, la prise de Chieri par Brissac (B. N., fr. 3116, fo 121, orig. ; Clairamb., 344, fo 224, copie).

1. Gosecrini, Compendio, p. 181. — Boyvin pu Virans, XXVIIL, 4r9. — Moxzuc, I, 337.

>. Gosezrani, loc. cit. : & Per camino intesi che essendo Francesi andati s0pra di Chieri, dove con tre capitani erano cinquecento fanti et cinquanta cavalli, presidio ordinario di quel luogo, sotto al governo di Giovan Giorgio Lampugnano, gentilhuomo milanese, in tutti i tempi passati fra 1 buoni soldat assai riputato, egli si era lor dato; parte per poca intelligenza che fu fra lui et gli altri capi, parte per colpa di terrazzani, que mostrando timor di finalmente esser sacchegoiatti per loro, minacciavano di dargli a le spalle, mentre volessero difendere la Città... » | |

3. Bovvix dit qu'il fut ordonné aux soldats, sous peine capitale, «de se gouverner modestement, et surtout à l’endroict des dames. » Moxzuc : « Je me gouvernis si bien qu'homme de la ville ne perdist une paille. »

y est fait allusion dans une lettre qu'il écrivait au duc de Guise

le re" novembre suivant”.

Après ce récit circonstancié de l’ouverture des hostilités, Monluc, négligeant de dire que Brissac occupa encore plusieurs places du Monferrat, Brusasco, Montiglio”, Chiusano, tandis que sa cavalerie courait jusqu'aux portes d’Asti*, note l’arrivée dans cette ville du gouverneur du Milanais, don Ferrante de Gonzague, qui, laissant le siège de Parme, accourut pour arrêter les progrès des Français. Boyvin dit qu’il amenait six mille hommes de pied et douze cents chevaux *. On à vu que Monluc à contrôlé et complété ce passage au moyen de Paradin. Charles-Quint annonçait, le 18 septembre, à la reine Marie que son lieutenant général s'était mis en marche vers le Piémont avec les Espagnols, les Allemands et quelque cavalerie, laissant devant Parme le marquis de Marignan pour en continuer le siège *. Après quinze jours passés en préparatifs, D. Ferrante vint, au début d'octobre, assiéger Villadeati, qu'il emporta le 17 seulementf, tandis que D. Francesco d'Este réoccupait Chiusano 7. Brissac envoya Lu-

1. Il s'engage à accompagner les princes lorrains, qui viennent d’arriver à l’armée, partout où se fera quelque entreprise : « Je vous assure que ce ne sera sans moy, puisque Dieu m'a donné un peu de guerison de ma cuysse. » (IV, 4.)

2. Avis de diverses places, Mantoue, 6 septembre (State papers, foreign, Edward VI, n° 444).

3. Arch. d'État de Mantoue, Annibale Litolfi aux régents de Mantoue, Asti, 25, 29 et 30 septembre.

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