DÉPART DE MONLUC POUR MONTALCINO
lui de Montalsin avecques cinq ou six enseignes ytaliennes ou françaises, lequel ne le voulut, pour craincte que l’entreprise [celle de Strozzi sur Ostie] ne feust pas encores du tout descoverte”. » Quant à ce que dit Monluc de la mort de son fils, les regrets qu'elle causa à Rome sont brillamment attestés par les épitaphes latines que composa à cette occasion Joachim du Bella y ?.
C'est entre le 15 et le 20 octobre que Monluc avait quitté Rome pour se rendre à Montalcino *, Le pape et le cardinal Carafa auraient voulu le garder encore; ils lui firent promettre de revenir au bout de quinze jours, disent les Commentaires, au bout de huit, d’après une lettre au connétable*. Il ne dit pas dans son livre s’il tint sa promesse, mais nous savons, par une lettre du 18 novembre au cardinal Carafa, qu’il revint pour achever d’organiser la défense des États de l'Église et, en particulier, forufier la place de Corneto*. A Montalcino la situation, lorsqu'il y arriva, était bien aussi précaire qu’il le dit : dans lacte officiel par lequel, le 13 décembre, le Consiglio del Popolo de la république se mit sous le protectorat du roi de France, on prévoit que le siège du gouvernement pourrait être, « selon l’occasion et raison des temps », transporté de Montalcino à Grossetof, Monluc employa les mois d'octobre et de novembre à ravitailler et munir les places de son gouvernement, de Chiusi et Radicofani aux villes de la Maremme, et aussi à rétablir l’ordre et la discipline parmi les capitaines qui y commandaient. Le registre des
1. Cf. le texte de de Ruble, Il, 190. — On peut supposer que les mots de Montalsin, ajoutés après coup, n’ont pas été insérés par le copiste à leur place dans la phrase.
>. Elles se trouvent dans les Poemata, Paris, Fédéric Morel, 1558, fos 50 vo- 51 ro, C’est là que Florimond de Ræmond les a prises pour les insérer dans le Tombeau de Monluc, où l’on peut voir aussi une épitaphe latine de Marc- Antoine due à Buchanan et inexactement reproduite dans les Opera omnta, éd. de 1725, I, 414.
3. Des avis de Rome, datés du 17, annoncent qu'il est parti (Sale papers, Mary, n90 551).