LA SUCCESSION DE D 'ANDELOT
ment que celte arrestation eut lieu le lendemain du Jour où François de Guise partit pour l’armée : c’est le 19 mai que le duc quitta la cour avec Pietro Strozzi et don Alfonso d’ Este, pour Châlons, afin d’y hâter la concentration, commencée depuis le début du mois, de la puissante armée qui allait assiéger Thionville”. Mais la cour se trouvait alors à Monceaux, résidence de la reine, près de Meaux”, et non, comme il l’affirme, à Crécy. La date de l'arrestation (20 mai) est donnée par une lettre de Macard à Calvin 5.
Les Commentaires content en détail la scène où le roi à Crécy * offrit d’abord, puis imposa à Monluc la succession de d’'Andelot dans la charge de colonel des gens de pied. L'idée venait des Guise, qui trouvaient avantageux de remplacer d’Andelot par un soldat de fortune, dont ils récompensaient ainsi les services, dont ils satisfaisaient l'ambition et qui serait tout dévoué à leur parti. La résistance que Monluc opposa est très vraisemblable ; il comprit nettement qu'un tel honneur était pour un peut compagnon tel que lui bien hasardeux et qu’il allait lui aliéner à Jamais les bonnes grâces du connétable et de sa famille, Il n'ignorait pas non plus que larrestation de d’Andelot, bien qu’elle eût intimidé beaucoup de personnes, en avait irrité un grand nombre*; que l’armée en particulier l’avait vue d’un mauvais œil et que de pressantes démarches étaient faites pour amener le prisonnier à se rétracter 6. Il pressentit peut-être que
Paris, 22 mai 1558, qui raconte en détail lassemblée du Pré-aux-Clercs et l'arrestation de d’Andelot (B. N., f. ital. 17920, fos {2 r0-43 vo).
r. Michieli au sénat de Venise, 6, 11, 15, 18 et 22 mai (B. N., f. ital. 1720, fos 29 vo-A3 vo). |
2. Michieli au sénat de Venise, 29 mai (State papers, Venice, VI, 3e partie, p. 1505, n0 1239), qui confirme La PopeciINiÈRE, Hist. 1 France, 1, fo 123 vo.
3. Macarius Calvino, 22 mai : Q Nudius tertius enim accersivit illum rogavitque.. (Galvint opera omnia, éd. Reuss, Cunitz et Baum, XVII, 179).
4. Le 25 mai, Henri I signait à Crécy des lettres patentes accordant à Antoine de Bourbon, roi de Navarre, le produit des confiscations et amendes en Guienne, Angoumois, Poitou, ville et gouvernement de La Rochelle (Arch. des Basses-Pyrénées, E, 930). Ce document confirme et date la phrase de MU