‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 338 sur 533 · LA CONJURATION D AMBOISE · texte numérisé non relu

LA CONJURATION D AMBOISE

Il avait accompagné Antoine de Bourbon dans son voyage à la cour en août : « Aïant entendu la mort du feu roy, je suis venu à la court, où j’ay demeuré jusques à present », écrivait-il, le 26 septembre, de Paris à son ami le duc de Ferrare. Il revenait de Reims, où il avait assisté au sacre de François IL. En sa qualité de chevalier de l’ordre, il escorta le petit roi lorsque le 16, monté sur une haquenée blanche, il fit dans la ville une entrée solennelle qu’un orage gâta; en la même qualité, il assista le 18 dans la cathédrale à la cérémonie du sacre ". Dans les derniers Jours du mois, il se disposait à s’en retourner « à sa maison ». Était-ce, comme il l'écrivait au due de Ferrare, la crainte de l’hiver qui le rappelait en Gascogne? Son départ eut des raisons plus profondes. La conjuration d’Amboise s’organisait. Elle avait été très favorisée par l'ordonnance du 14 juillet, qui avait réduit les effectifs des compagnies d'hommes d’armes et fait des capitaines ainsi lésés autant de mécontents. Monluc fut-il de ce nombre? Sa compagnie avait été réduite de cinquante à trente hommes d'armes”. Cette diminution de ses revenus n’était pas faite pour lui plaire. D'autre part, le roi de Navarre, dont il était si « privé », passait, à tort d’ailleurs, pour organiser la conjuration 3. Redoutant, s’il se mêlait à ses camarades de Piémont qui assiégeaient les antichambres en grondant leur mécontentement, de perdre la faveur des Guise, peu satisfait lui-même de leurs intrigues, il jugea qu’il lui valait mieux changer d’air. Les affaires se gâtaient décidément : il était plus prudent de les suivre de loin. Tandis que le roi s’acheminait vers Blois, il partit donc pour la Gascogne, non sans avoir prié le duc de Ferrare de le recommander tout particulièrement aux Guise. Il laissait à la cour son secrétaire Martineau pour surveiller les événements.

Il employa l'hiver sans doute à se soigner. Il prit soin, en tout

1, C’est dans sa lettre au duc de Ferrare que Monluc fait allusion à son séjour à Reims. — Sur le sacre de François If, voir pe Rusze, op. cit, IT, A9-59-

2. « Departement des compaignyes de la gendarmerye, ensemble des commissaires de la guerre ordonnez pour faire la monstre pour le quartier de juillet, aoust, septembre et decembre 1559... Guyenne et Poictou : Monsr de Montluc, xxx lances, à Grenade; capitaine La Peyre. » (B. N., fr. 20507, 0 111 vo, orig. signé : Montmorency.) Le nom du capitaine La Peyre est écrit La Peyrie dans les Commentaires, I, 324. — Cf. Négoc. sous Françors 11, 346.

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