ARRIVÉE DEVANT RABASTENS (18 JUILL
la contribution des vivres pour l’entretien de sa petite armée, Il décida d'aller d’abord assiéger Rabastens, place forte sur la frontière de la Bigorre, qu’à la faveur d’une querelle entre le Juge et le premier consul, le capitaine huguenot Ladoue et son lieutenant Guerlin avaient occupée avec une compagnie et d’où ils rançonnaient le voisinage*. Il se porta vers Dax avec vingtcinq ou trente chevaux, pour hâter l’arrivée de l'artillerie de Bayonne : deux lettres, datées le 9 de cette ville, lune au roi, l’autre à la reine, confirment ce qu'il dit de l’arrivée à Dax du vicomte d’Orthe et de l’accueil favorable fait par les gentilshommes basques et béarnais à la proposition d’aller assiéger Rabastens?. La diligence avec laquelle, malgré la pluie continuelle, il ramena l’arüllerie à Nogaro, puis marcha droit avec tout le camp à Rabastens, est attestée par deux lettres aux consuls d’Auch : la première fut écrite d’Auriebat, le 16 juillet, pour recommander à leur bienveillance un ancien huguenot*; la seconde, du camp de Rabastens, 18 juillet, marque la date exacte de son arrivée devant la ville *.
Ce dernier document confirme rigoureusement les indications chronologiques données par Monluc pour ce siège, qu’il a conté jour par Jour et presque heure par heure. C’est le mardi 18 juillet qu’il reconnut la place et décida d'attaquer d’abord la ville. Le lendemain, mercredi 19, et non le 17, comme le dit Borde-
1. Monluc aux consuls et syndics de Comminges, Nogaro, 5 juillet (Les Haguenots en Comminges, p. 70, n. 1). Le 9 juillet, les consuls d’Auch ayant reçu {de Monluc un mandement leur enjoignant de lui fournir 20 pionniers, 160 livres d'argent, 30 charges de blé, 18 charges de vin, 7 bœufs et ro moutons, décident « que l’on serchera par tous les moyens possibles à faire lesdits pionniers et les conduire, ensemble lesdits vivres, au camp »... (Arch. munic. d’Auch, BB, 5, fo 379 vo.) Un compte consulaire de Lectoure mentionne la dépense faite, en juillet 1570, pour le voyage de deux consuls chargés d’aller à Nogaro demander à M. de Monluc d'exempter la ville des fournitures de vivres pour l’expédition de Béarn (Arch. munic. de Lectoure, CG, 33).
>. Guiczaume Mauran, Somunaire description du païs et comté de Bigorre, chap. xvur, p. 83. — Les Huquenots en Bigorre, pp. 164, 172, 178. — Bonp+- NAVE, p. 308. Monlue nomme le capitaine Ladou; de Ruble à imprimé Ladon (III, 426).
3. Monluc au roi et à la reine, Dax, 9 juillet (V, 287, 289).
4. Monluc aux consuls d’Auch, Auriebat, 16 juillet (P. Courreauzr, Douze lettres pui Voir, sur la date de ce document, la note 2 de la p. 45).
5. Monluc aux consuls d’Auch, camp de Rabastens, 18 juillet (:b:d., p. 46).
nave !, il établit son artillerie, et « dans dix ou douze coups de cannon » fit brèche dans la muraille de briques *. Le soir, Partillerie, logée dans la ville, démolit « ung torrion au boult qui couvroit le pont-levys et la porte du chasteau ». Le vendredi, on battit « la grand tour où estoit le rologe »*; elle fut ouverte, et l'on commença à Qürer de l’autre qui tiroit dans le chasteau ». Dans la nuit, on mit en batterie, à la place de deux pièces que le tir avait mises hors d'usage, la grande coulevrine amenée de Toulouse par Fontenilhes. Le samedi, on acheva de renverser la seconde tour dans le fossé, qu’elle ne put, du reste, combler tout à fait, comme l’avait espéré Monluc. Pendant la nuit, on déblaie un terre-plein pour permettre à l’artillerie de « veoir le pontlevis ». « Le cinquiesme jour du siège et le vingt-troisiesme Jour de juillet mil cinq cens soixante dix, ung jour de dimanche, envyron les deux heures après midy je me délibéray de donner Passault..... » Cette phrase solennelle ouvre le fameux récit que tout le monde connaît. Le siège et l’arquebusade sont mentionnés sans détails par les témoins qui déposèrent à l'enquête faite les 5, 6, 9 et 10 septembre 1575 par Guillaume Abbaye, lieutenant du sénéchal de Bigorre, sur les excès commis par les huguenots dans le comtét, par Jean d’Antras, qui ajoute quelques détails aux Commentaires, qu'il a eus, d’ailleurs, sous les yeux, et aussi par Bordenave dont le récit plus succincet les confirme en tous points. Monluc a raconté, en effet, sans sourciller horrible massacre qui suivit la prise du château ; l’historien protestant y ajoute à peine quelques traits ®. Monluc affirme qu'il ordonna de tuer tout. Le