‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 70 sur 533 · Texte du 1er ms., 10 54 vo · texte numérisé non relu

Texte du 1er ms., 10 54 vo

première rédaction que lon prit rendez-vous pour une heure avant le jour. Il a ajouté dans la seconde : « remonstrant cependant aux cappitaines et soldatz que le payement se feroict mal à propos à la teste de lennemy, et qu'il failloict attendre. Ce feust une ruse pour amuser ceux qui demanderoinct de largent. » Souvenir de du Bellay, qui avait raconté un peu différemment ce subterfuge ". Monluc lui doit encore la mention du désespoir du comte d’Anguien en voyant la fuite de ses gens de pied et « qu'à peine luy restoit-il cent chevaux pour soustenir le chocq » *; le mot sur la lâcheté des Gruyériens : « Is sont VOIsins des Suisses, mais il n’y a non plus de comparaison que d’ung asne à un cheval d’Espaigne » 3; enfin le tableau des Suisses «tuant et ruant leurs grandes coutillades en criant : Mondovt! Mondovi! là où on leur avoit faict mauvaise guerre »+. Le chiffre des morts est transcrit de du Bellay *, d’après qui Monluc fait encore allusion à la richesse du butin 5, à la prise des places voisines et en particulier de Carignan 7, aux conséquences qu’aurait pu avoir la journée si lon avait su tirer parti de la victoire, enfin au rappel en France de la plus grande partie des troupes

1. Du Bellay avait dit qu’on décida de donner l'alarme pendant la nuit : « Puis, soubs couleur qu’on n’auroit le loisir, eu esgard à la proximité de l’ennemy, de faire le payement des gens de pied à la banque, fut ordonné à chaque enseigne son tresorier; Car nous avions esperance que, devant que l'argent qu’on avoit apporté fust distribué aux soldats, nous serions à la bataille. » (XIX, 495.)

Page 1