Id., XIX
8. Du Berray (XIX, 515) critique l’ordre donné au comte d’Anguien d’affamer simplement Carignan : € Qui fut, ce me semble, chose assez mal digérée, car si l'Empereur eust senty le duché de Milan esbranlé et en danger de perdition, il eust esté contraint d’y convertir ses forces. » Cf. Moxzuc : « Si on eust sceu fere profict de ceste bataille, Milan estoict bien esbranlé, »
du Piémont en prévision d’une invasion simultanée du roi d’Angleterre et de l'Empereur ‘.
Le récit de la camisade de Boulogne s’ouvre dans les éditions par un exorde qui manque dans les manuscrits. Cette addition a été faite partie de réflexions personnelles, partie d'emprunts à du Bellay, que Monluc cherche encore une fois à imiter. Du Bellay avait dit, avant lui, que Charles-Quint fit alliance avec Henri VIII, « contre la foy promise au pape »?, qu’il avait été décidé que l'Empereur entrerait en France par la Champagne et que les deux alliés devaient marcher droit sur Paris. Il lui emprunte aussi les chiffres de leurs armées, qui « estoint de quatre vingtz mil hommes de pied, vingt mil chevaux, avec ung nombre infiny d'artillerie »$. C’est encore d’après lui qu’il mentionne la reddition par le sieur de Vervins de Boulogne aux Anglais, contée dans les Mémoires +. Enfin il termine le récit de la camisade en résumant le passage où du Bellay explique que le dauphin, « voyant les pluies si continuelles,.… se retira, par l’advis des capitaines, vers Monstreul,.….. laissant, pour faire teste à ceux de Boulongne, monsieur le mareschal du Biez, avecques les bandes tant françoises qu'italiennes venues de Piemont, et puis se retira devers le Roy, qu'il trouva à Sainct Germain en Laye » 5.
Entre la camisade de Boulogne et la conquête de la terre d’Oye,
1. Du Brerray, XIX, 521 : « Le Roy feit response audit sieur d’Anguien que, pour se fortifier à l’encontre de l'Empereur et du roy d'Angleterre, il luy renvoyast de Piemont six mille soldats françois des vieilles bandes et six mille Italiens, pour resister à l'Empereur. »
2. Du Beccay, XIX, 521 : &« Combien qu'il eut asseuré le Pape que jamais il ne traitteroit alliance avec ledit roy d'Angleterre... d'autant qu'il s’estoit intitulé chef immediat, après Dieu, de l'Eglise anglicane. »
3. Du Beczay, rbid. : « Pour l’execution de laquelle ligue, ledit Empereur devoit entrer par la Champagne... Et estoit leur intention de laisser les villes fortes derrière eux et marcher droit à Paris; puis, estans les forces de l'Empereur et les leurs ensemble (qui pouvoient estre, tant d’une part que d'autre, de soixante et dix ou quatre vingt mille hommes de pied et dix huict ou vingt mille chevaux, et un nombre infiny d'artillerie, pouldres et autres munitions), etc. »