X PREFACE
ce qu'il pensait de cette science si vaine dans ses principes, si variable dans ses systèmes, si désastreuse par ses effets. Nul homme ne montra jamais une plus amère pitié pour la raison humaine destituée de l'appui que la foi lui prête. Avec quel dédain il se joue de sa ridicule présomption ! comme il la fait rougir d'elle-même! comme il lui impose silence, si elle a le malheur de prononcer un mot avant d'avoir dit : je crois!
F. Lamennais.
Otez la persécution odieuse exercée sur Port- Royal et vous n'auriez jamais eu ]es Provinciales. Ce n'était pas pour l'auteur un divertissement, une parade, un tournoi oratoire, c'était une lutte sérieuse et tragique pleine d'exils et de lettres de cachet, derrière lesquelles on entrevoyait la Bastille de M. de Sacy et le donjon de Vincennes de M. de Saint-Cyran, avec les interrogatoires de Lescot et de Laubardemont ou la fuite du grand Arnauld, et son dernier soupir exhalé sur la terre étrangère. Pascal combattait dans les Provinciales pour la morale éternelle comme Démosthène avait combattu deux mille ans auparavant à la tribune d'Athènes pour la liberté de sa patrie, cummc Bossuct le faisait dans la chaire chrétienne pour l'autorité de la foi, et Descartes dans sa retraite de Hollande pour l'indépendance de la pensé(; et le bill des droits de la philosophie.