‹ Blaise PascalChapitre 8 sur 20 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

un seul mot qui ail vieilli, et ce livre, bien que composé il y a plus d'un siècle, semble n'èlre écrit que d'hier.

D'Ali:mbi^rt.

Celui qui a élevé notre langue au-dessus des autres langues modernes, et jusqu'au niveau des anciens, ce n'est pas Boileau, c'est Pascal. Les années I60G et 1G57 durant les([uelles ses dix-neuf Lettres ont paru, sont la plus mémorable époque des progrès de la prose française. Le premier mérite de Boileau fut de sentir vivement l'excellence des Provinc'iales ; nul n'a plus révéré, proclamé, consacré, leur autorité littéraire. Il exigeait qu'on les préférât à toutes les productions des temps modernes; et, ce qui était de sa part le comble et presque l'excès de l'admiration, il les comparait aux chefsd'œuvre de l'antiquité.

Daunou.

Il y avait un homme qui, à douze ans, avec des barres et des ronds avait créé les mathématiques; qui, à seize, avait fait le plus savant traité dos coniques qu'on eût vu depuis l'antiquité; qui, à dixneuf, réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l'entendement; qui, à vingt-trois, démontra les phénomènes de la pesanteur de l'air, et détruisit une des grandes erreurs de l'ancienne physique; qui, à cet âge où les autres hommes

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