PIERRE BLANCHET
PIERRE BLANCHE, dont le portrait est un peu trop flatté, par notre confrère Mazel, (car la copie on le voit, est loin d’égaler l’original) naquit à Beauport, selon la chronique, dans un grenier, entre ‘deux énormes in-folios, que l’on reconnut quelques instants après, faire partie des œuvres, de Marat et de Robespierre.
Quoique sa naissance fût le moindre des désirs paternels, cependant lorsque l’on sût au milieu de quels hommes, il venait de faire son apparition, l’on cessa d’être indifférent à son card.
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Sa vocation fut bientôt décidée. Le père de Blanchet était cultivateur, il voulut que son fils cultivât non la terre...….….mais les lettres. Afin de voir se réaliser un jour ses espérances, il crut utile de laisser Pierre s'instruire luimème, pensant à ce vers. d’un poête :
Les gens d’esprit, n’ont pas besoin de précepteurs.
Pierre laissé à lui-même n’avança nullement en savoir, mais bien seulement en âge.
Un jour dit la chronique, son père s’en fût le trouver et lui tint ce discours : “ Mon cher en-
“ fant, je vois bien que tu as de l'esprit comme }
“ quatre, (quiqu'au fond il n’en eut pas encore ‘ montré pour un seul) et que situ persistes “ plus longtemps à ne pas RESFECTER TON GÉ- “ NIE, tu pourrais peut-être ne pas briller d’une “ lumière trop vive. Le collége t’est nécessaire, “et j'espère que c’est là que tu te fe-
‘“ ras un nom etque tu me remporteras des À
prix ”
A ce discours qui lui révélait son génie, dont il n'avait jamais osé soupçonner l’éxistence, Pierre crut qu’il était appelé à jouer un grand rôle sur notre pauvre planète.
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Dès lors l'idée de s’instruire l’occupa forte ment ; mais il y à loin de l’idée à la réalisation.
Quoiqu’en'ait dit son père, il ne fut pas de ces enfants d’une sagesse prématurée, et maintenant quoiqu'il soit agé de 49 ans à peine, cependant on pense qu'il n’a pas atteint la maturité, car la sagesse ne lui est pas encore échue en partage.
Un beau jeune homme a dit Juvénal, est un sujet continuel d'inquiétude pour les parents. On craint qu’il ne se débauche.
-Sur ce point ceux de notre héros dormirent tranquilles.
Pierre urriva au collége à l’âge où l’on a coutume d’en sortir, traînant à sa suite ses deux amis, qu'il devait défendreun jour de toutes ses forces, (je veux prie de Marat et de Robespierre.
Comme on le suppose bien, à l’arrivée d’un pareil phénomène, il y eut sensation parmi les groupes turbulents des écoliers.
Doué d’un assez bon naturel, Pierre ne s’en choqua pas, et continua toujours ses études, c’est-à-dire qn’il passa de banc en banc, jusqu’à a classe de Philosophie, qu'il termina comme
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toutes les autres, après douze mois d’inquiétude, en emportant toutefois à ses chers parents, pour compensation de leurs soins, un
un nom qu’ils lui avaient donné, et de plus
deux prix : celui d’insubordination et celui de paresse.
On lui avait fait'une demande,: il ‘apportait une réponse tout à fait laconique.
Pierre Blanchet pour se conformer aux vœux maternels, prit le parti d'entrer dans les ordres.
Rendu à l’âge où les principes bons comme mauvais, commencent à germer dans le cœur de l’homme, Pierre s’indigna, ses idées se révoltérent, il ne voulut recevoir d’ordres de per-
sonne, et la conséquence fut, qu’il dépouilla le : froc ; et se montra citoyen de nom mais pas.
toujours d'idées.
Marat avait accompli son œuvre, il avait
trouvé dans Blanchet non seulement un admi-:
rateur mais même un imitateur. .
Je n'ai jamais pu m'expliquer quel a été le
motif qui lui a valu le surnom le cITOyEN..
Sans doute, c’est par complaisance pour l’auteur de ses jours, qu’on luia donné ce beau titre ;
car on se rappelle que le père de Pierre lui a.
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vait demandé de se faire un nom. Le public a accompli ce commandement.
La tête ébourifflée de grecet de latin, au’ milieu desquels apparaissaient les grandes idées de Liberté, Egalité, Fraternité, Blanchet se” lança dans la rédaction du journal L'AVENIR, -
laissant le présent, se rappelant les paroles de Lord Bvron qui disait (à bon droit) : ‘“ que “ lavenirest pleine d’absurdités ”
Averbiage, lui signifièrent l’ordre d'aller ailleurs.
déclin.
eposer de ses fatigues.
Mais Pierre avait agi sans se consulter.
Car à peine fut-il délivré des liens qui l’en-aainaient, que voyant le joug sous lequel le : suple gémissait, il résolut de se faire l'apôtre ” > sa. nation.
Appuyé sur son grand et son immuable incipe sUSTITIA, la Justice, il se mit à parcou-
les-campagnes portant dans un grand sac:
Les propriétaires du journal, fatigués de son:
Pierre tenant toujours Morpicus à ses idées, se ‘ fit admettre à L’AURORE, dont il ne vit pas le:
Incompris, et incapable de se faire comprendre * l'se retira de la rédaction, dans le but de se :
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vert, les œuvres des régénérateurs de . société,
C’est Robespierre en main qu’il s’est évertué à prouver à nos braves habitants, que la dîme était une œuvre de caLoTINs, que les prêtres étaient des tyrans.
Mais jusqu’à présent il en a été pour la perte
de son sac et de ses paroles.
Vaincu mais non dompté, il tourna Ge nouveau ses regards vers la presse qui Pavait si bien pressé.
Après deux mois d’atroces souffrances, et de douleurs inouïes il accoucha d’un nouveau journal : L'AVENIR.
En donnant le jour à cette feuille il eut un
pressentiment de l’avenir car au moment où jeh
fais cette biographie ; L'AVENIR a été absorb par le présent.
Tant de patriotisme allait-il demeurer san:
récompense, A Lacédémone, à Sparte 0 couronnait l’homme qui se dévouait PRO BON PUBLICO,. On l’élevait aux plus hautes dignité En Canada on lui enlève jusqu’à l'avenir d’ur récompense.
L'Institut Canadien, qui n’est pas L’INSTITI de France, par compassion lui ouvrit ses porte
possible aristocr:
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cette dé plus ard En te blic, une Pierre est arist
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ciétée rertué On n'avait pas obligé un ingrat.
dîme Aussi Pierre a-t-il tellement travaillé qu’il est
rêtres M devenu le PoTEAU de l’Institut.
C’est là qu'il a commencé son école, qui à perte à malheureusement ne compte encore que deux MEMBRES, dont j'aurai occasion de parler dans , nou- mes Contemporains.
vait si Blanchet est presque désespéré de son peu de succès, et la rumeur annonce qu’il va aller re. , et de tremper ses idées à l’ancien lieu de sa naissance. ouveau Pourvu que l’Institut ne le suive pas dans cette dérnière demeure, c’est là mon souhait le eut uw plus ardent.
t où ji En terminant je découvrirai aux yeux du puabsorbé blic, une chose dont on ne se serait jamais douté, Pierre Blanchet que l’on appelle le cITOYEN est aristocrate quant à l'habillement. C’est impossible me direz-vous ; je vous dirai plus il est aristocrate quant aux manières.
Je prouve mon avancé quant à l’habillement.
Dabord jetons les yeux sur le portrait de notre ami Mazel, et éxaminons les pantalons, le NSTITUR chapeau, les souliers et le lorgnon.
es porte Lecteurs, il ne faut pas êtr: juges expérimen tés en cett: matière pour découvrir de suite que
rer san parte 0!