SCÈNE XI
LUCIE, BLANCHETTE, puis MADAME JULES.
LUCIE
Pourquoi ne lui as-tu pas servi sa tasse do café?
Je ne sais pas où Ton met ce qu'il faut... Et puis, ils me dégoûtent tous ces paysans. [Entre madame Jules.)
MADAME JULES
Bonjour, mesdemoiselles.
BLANCHETTE, à LuClB,
Oh!... On vient te chercher!
MADAME JULES
Monsieur m'a chargée de dire à mademoiselle de rentrer parce que monsieur, madame et mademoiselle Durand viennent d'arriver, et qu'ils repartent par le train de six heures.
LUCIE
Ah ! Léonie Durand est là? (A Blancheite.) Tu la connais?
Oui, tu sais bien. J'étais jalouse d'elle parce qu'elle allait chez toi. . .
LUCIE
Tu es une bonne petite folle... Allons, je me sauve. Mon chapeau, ma voilette, mes gants.
{Elle va à droite^ où tout cela est déposé,)
MADAME JULES, à Blanchette, A propos. Blanchette, tu diras à ta mère qu'elle s'est trompée, ce matin : elle m'a donné douze œufs pour une douzaine, au lieu de treize.
BLANCUETTE
Bien, bien.
LUCIE
Aflez devant, Joséphine. Je vous suis.
MADAME JULES
Bien, mademoiselle. (A Blanchette.) Porte-toi bien, Blanchette. {File sort.)
LUCIE
Blanchette, veux-tu m'attacher ma voilette ?
Oh! mon pauvre chéri, je te laisse toute seule... LUCIE, pendant que Blanchette est derrière elle,
occupée à nouer la voilette.
Dis donc..., came gêne, que ma cuisinière te tutoie. [Un silence.)
Je te demande pardon... Si tu le lui disais
LUCIE
Non. Tu n'as qu'à lui en parler, toi.
Bien.
LUCIE
Au revoir. [Elles s'embrassent.)
Tu reviendras bientôt.
LUCIE
Le plus tôt possible. Au revoir. {Elle sort.)
46 BLANGHETTE