SCÈNE IX BLANGHETTE, AUGUSTE
AUGUSTE
Voilà... ou nous a dit que vous étiez revenue, et alors, comme nous passions par là, le père et moi, nous avons eu Tidée d'entrer vous dire bonjour,
BLANGHETTE
Je TOUS rçmprcie.
iuausTE Alors... c'est pour toujours que vous revenez?
BLANGHETTE
Non. Je repars.
AUGUSTE, déconcerté • Ahl... ahl vous...
BLANGHETTE
Oui.
AUGUSTE
Yous VOUS plaisez mieux à Paris ?
BLANGHETTE
Ah 1 Dieu non ! Vous ne pouvez pas savoir ce quejeraien horreur, Paris.
AUGUSTE
Seulement. .. vous y avez des affections.
BLANGHETTE
Aucune,
AUGUSTE
Moi... je m'attendais toujours à apprendre. •• un jour ou l'autre... votre mariage.
BLANGHETTE
Avec qui, mon Dieu?
AUGUSTE
Je ne sais pas, moi... Vous êtes.- vous êtes assez... je ne' sais pas, moi... enGn, assez plaisante pour que... on ait pensé... enfin pour que, là-bas, il y ait eu des jeunes gens qui... je ne sais pas, moi...
Qui m'aient recherchée? Non, il n'y en a pas eu... ou ceux qui Font fait étaient des inisérables dont je me suis éloignée.
Vraiment,., vous... Alors, rien ne vous oblige à repartir...
Si. Mon père ne veut plus de moi.,.
AUGUSTE
Enfin, je veux dire, personne ne vous attend... vous ne...
Personne.
AUGUSTE
Ça me fait vraiment plaisir d'entendre ça...
c'est vrai?... C'est bien vrai.,, vous n'avez pas^ d'amis, là-bas... et vous...
Et je n'en ai jamais eu, je vous le jure. Oh I j'a^ été malheureuse... malheureuse...
AUGUSTE
Ohl je suis bien content!... On ne peut pas savoir ce que je suis content, Alors, voilà, ipoi, j'ai quelque chose à vous dire.
Dites.
Nous avons été forcés chez nous d'agrandir l'atelier.. . parce qu'il y a maintenant de l'ouvrage pour trois ouvriers... nous en avons même jusqu'à cinq, à l'époque de la moisson. Nous sommes très contents. On se fait des journées (Te dix, douze et même quinze francs... et depuis que vous êtes partie j'ai mis quatre cents francs de côté. Le père parlede se retirer... Écoutezdonc, écoutez donc... Nous avons fait bâtir un premier étage... avec une grande fenêtre... Et puis... {Silence,)
Pourquoi me dites-vous...
AtGUSTE, tout à coup.
Enfin!... Làl... C'est clair, p')urtanf'... Vous
me... je... Enfin... je vieni vous demander si maintenant, vous voulez vous marier avec moi.
BLANCHETTE, très émue, Auguste...
AUGUSTE
Cest-iloui, c'est-il non, dites? Moi, je vous ai attendue...
Ah I le bon et brave garçon que vous êtes !
CTest... c'est oui?
BLANCHETTE, après un silence.
Tenez I [Elle V embrasse sur les deux joues,)
AUGUSTE
C'est oui !... Eh bien, vous pouvez vous vanter d'avoir fait un heureux, vous... Bon sang! Vous verreZ'Si je serai un bon mari... Vous verrez!... Vous ne vdus dédirez pas, hein?... BenI j'en ai une veine, moi I... [Il ritS) Venez, moi aussi, il faut que je vous embrasse. [Entre le cantonnier,)