ACTE PREMIER
IlOUSSET.
Ouï, on le mettra à côté de tou brevet... Abl à propos, j'ai vu M. Galoux, ce matin.
É L ISE, inquiète.
Est-ce que Lucie ne va pas venir aujourd'liui ?
ROUSSET
Si... Ne pleure pas... (Sans méchanceté.) Hein, ta Lucie 1 tu ne peux pas t'en passer. C'est malheureux que vous ne puissiez pas vous marier ensemble...
MADAME ROUSSET
Vous en êtes, une paire d'amies, toutes les deux !
ÉLISE, avec sincérité mais simplement.
Oui, je l'aime bien!
ROUSSET
Son père m'a dit qu'il parlerait pour toi au préfet, pour la place d'institutrice.
ÉLISE. Elle joue machinalement avec le dessin de Roraulus.
Ahl
N'abîme pas ton dessin. Tu seras bien contente de l'avoir, lorsque tu seras mariée, pour orner ta chambre.
ÉLISE
1 Quand je serai mariée... j'aurai des tableaux au- Itrement beaux que ça, dans mon salon...
KOUSSET.
Dans tou salon ?
ÉLISE
Oui, je veux un salon comme celui de M. Galoux, Et puis une chambre Louis XV, un lit de milieu.
nODSSET.
Mazette! en voilà, des rêves !
ÉLISE
Oh! j'en ai bien d'autres.
MADAMli UOUSSET.
Lesquels ?
ÉLISE
Une masse. D'abord, j'habiterai Paris.
MADAME ROUSSET
Pourquoi?
(fiJe n'aime pas les paysans... .Te veux dire... la campagne. Je n'aime pas la campagne. Alors, j'habiterai Paris l'hiver. Ensuite, je voyagerai...
ROUSSET
Elle va ! Elle va 1 Mais toutes ces choses-là^ ça ne se paie pas avec des noyaux de pêche, ma belle Blanchette.
ÉLISE
Je le sais bien. Je serai riche.
ROUSSET
Gomment?
ÉLISE
Mon mari le sera.
MADAME ROUSSET
Mais tu crois qu'il viendra te chercher chez le père et la mère Rousset, débUants et cultivateurs 1
ÉLISE
Pourquoi pas ?