ACTE PREMIER
ÉLISE, désignant la table ronde.
Là.
LUGIK.
Non, Veux-tu? Là, dans le comptoir.
ÉLISE
Oh ! ma chère !
LUGi::.
Mais, ma chère, ce sera tellement amusant... On aura l'air de jouera la marchande.
ÉLISE
C'est cela.
Elles s installent.
LUCIE
On est très bien.
ÉLISE, la regardant.
Tu n'es pas coiffée comme d'habitude.
LUCIE
Parce que je n'ai pas fait ma torsade ? Ça ne so porte plus,
Ah ! je changerai aussi, moi. Tu es mieux,.. Voyons, qu'est-ce que tu as à me raconter V
LUCIE
Moi, rien.
ÉLISE
Tu disais, tout à l'heure,..
LUCIE
Oui, mais, je ne me rappelle plus. Et toi?
36 BLANCnETTE
ÉLISR.
Rien non plus. Si: je m'ennuie, quand tu n'es pas là. Comme à la pension. Te rappelles-tu?
LUCIE
Oui
ÉLISE
Tu me iDattais, quelquefois.
LUCIE
Moil
ÉLISE
Ne t'en défends pas: j'étais contente. Te souvienstu quand nous nous sommes connues?
LUCIE
Non.
Tu étais un peu plus grande et plus forte que moi. Tu t'es approchée, un jour sans prononcer un mot, tu m'as pris des bonbons que ma mère m'avait apportés, et tu les as jetés dans le ruisseau du jardin... Je n'ai rien osé te dire. Alors, tu m'as pincée... très fort. J'ai pleuré, mais je ne t'en voulais pas... Le lendemain, tu m'as embrassée, en m'apporlant des friandises. J'étais bien contente. Et tour à tour, tu me martyrisais et me caressais. C'était délicieux.
LUCIE
Tu es bonne comme un ange.
ÉLISE
Je me serais laissé faire, toujours. Je te savais riche, j'avais vu la voiture de ton père, et tu me pa-