ACTE PREMIER
ÉLISE, après un silence, et comme tirée de son rêve.
Si j'ai VU Lucie? oui.
Tu devrais bien t' arrêter un peu de lire. Ou ne peut pas te parler. Tu réponds par des... oui... non... ou tu ne réponds pas...
Mais si, je t'ai répondu...
ROUSSET
Ce n'est pas répondre. On parle.
ÉLISE
Mais je n'ai rien à te dire.
ROUSSET
Allons donc! Qu'est-ce qu'elle t'a raconté, mademoiselle Galoux?
ÉLISE
Oh I rien qui t'intéresse.
ROUSSET
Ah! (Élise se remet à iire.)Tu sais, madame Dufour... Son cheval est mort ce matin... (silence.) Te voilà refourrée dans ta lecture, et tu n'entends pas ce que je te dis.
ÉLESE.
Mais si... le cheval de madame Dufour est mort.
ROUSSET
Eh bien ?
ÉLISE
Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
ROUSSET
Comment !.. . Tiens, ça te tourne la tête, tous ces romans. Je finirai par t'empêcher de lire. Tu crois à tout ce qu'ils racontent... Je ne te permettrai plus que des livres instructifs... Des voyages.
ÉLISE, à part.
Merci.
ROUSSET
Fais-moi voir ce que tu lis ?
ÉLISE, renfermant son feuilleton dans le tiroir.
C'est un livre qu'on m'a prêté. Là ! Je ne lis plus.
Elle se met à faite du crochet, à la table ronde du milieu. ROUSSET.
A la bonne heure!
Eatrent Auguste Morillon et son père eiuliniauchés.