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ACTE DEUXIEME lo

ROUSSET

Ça, c'est vrai, on s'est trompé... mais ce n'est pas à nous de nous en apercevoir, (il retourne à^a place et

continue à tailler son morceau de bois.) Tu nOUS embêtes.

Laisse cela.

ÉLISE

Non. Je ne le laisserai pas. Ce n'est pas honnête. De quoi aurons-nous l'air ?

MADAME ROUSSET, conciliante.

Sois tranquille I ils ne vérifient jamais nos notes.

ÉLISE

Mais c'est voler.

MADAME ROUSSET

Pas du tout. Quand on prend à plus riche que soi, ce n'est pas voler.

ÉLISE

Eh bien, j'aime mieux vous payer la différence sur ma bourse. De cette façon vous ne perdrez rien.

Ta bourse ! ta bourse! Te voilà bien fière avec ta bourse?... D'où vient-il, l'argent qui est dedans ? Estce toi qui l'a gagné ?

ÉLISE

Quand je serai nommée, je te le rendrai.

ROUSSET

Quand tu seras nommée ! La semaine des quatre jeudis, alors ? Ah !si on m'avait dit que ton brevet et puis rien c'était la même chose.

ÉLISE

Ce n'est pas ma faute.

Enfin, au lieu de rapporter, tu nous coûtes. Tu me fais perdre mon argent d'un côté avec les înventions de tes savants, et, de l'autre, tu veux m'empêcher d'en gagner avec tes scrupules de millionnaire.

ÉLISE

Mais je ne demande pas mieux que de travailler. Placez-moi. Mettez-moi demoiselle de magasin.

ROUSSET

On ne voudrait pas de toi. Tu ne sais rien faire de tes dix doigts. Et puis tu es trop pointilleuse pour entrer dans le commerce.

Trouve-moi autre chose...

ROUSSET

Quoi? Dis-moi quoi? Tu as des idées de grandeur... des idées de roman. C'est tout ce que tu lis qui te bourre le cerveau et te met la tète <à l'envers... Tu n'es propre à rien qu'à dépenser... Oli ! pour ça, tu l'y entends. On te donnerait la fortune à Roithschil, tu l'aurais bientôt gaspillée... Mais pour ce qui est

de... (Entre le voiturier.) Qu'est-Ce que c'est?

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