ACTE DEUXIEME
ÉLISE, après un moment d'embarras.
Je n'aime pas mentir: c'est vrai.
LE CANTONNIER
Ah 1 vous voyez bien !
ROUSSET, furieux.
Eh bien ! tu vas lui demander pardon, à cet homme à qui tu as fait de la peine, que tu as vexé... Tu vas t'excuser auprès de lui de ton orgueil...C'est un cantonnier, c'est vrai, mais c'est un ami de Ion père, et tu dois le respecter. Ah! tu as peur de salir tes mains en servant à boire à un brave homme !... Si j'ai pu te mettre à l'école, et te donner cette instruction dont tu es si vaniteuse, c'est parce que ni ta mère ni moi, nous n'avons rougi de ce métier dont tu as honte à
présent, (n va prendre un tablier sur une table.) Tu VaS
mettre ce tablier... Sans un mot, ou je te gifle devant tout le monde I (ii Jui met le tablier.) Tu vas demander pardon au cantonnier, et lui donner une tasse de café.
ÉLISE, allant au cantonnier.
Monsieur, je vous demande pardon.
Elle pleure.
Il ne faut pas pleurer pour ça, BlanchettC; je ne t'en veux pas.
HOUSSET
. Sers- le maintenant.
MADAME ROUSSET
Allons 1 ça suffit comme cela. Je vais le servir moi.
UOUSSET.
Toi, tiens-toi tranquille, (a Élise.) Obéis.
Toujours pleurant, Élise apporte une tasse devant le cantonnier.
LUCIE, simplement.
Je vais t'aider.
Elle apporta le sucrier. Élise verse le oafé. M. GALOUS.
Si mademoiselle Élise a eu un tort, elle l'a tout à fait réparé, père Rousset, et il me semble qu'à votre tour...
ROUSSET
Là-dessus, monsieur Galoux, je n'en ferai qu'à ma caboche... ; charbonnier est mnître chez lui...
M. GALOUX.
C'est bien. Je venais vous demander de laisser votre fille venir passer la journée demain avec Lucie...
ROUSSET
Vous êtes bien aimable. On verra.
M. GALOUX.
Bonsoir, père Rousset.. . (Donnant la main à Élise.) Bonsoir, Mademoiselle... Voyons, père Rousset, regardez comme elle pleure, cette pauvre petite...
ROUSSET
C'est bon ! c'est bon ! Ça ne me touche pas !
Lucie embrasse Élise silencieusement et sort avec son père» Le père Bonenfjnt a bu son café tranquillement.