ÉLIS P
Qui m'aient recherchée ? Non. Il n'y en a pas eu. . . ou ceux qui l'ont fait étaient des misérables dont je me suis éloignée...
AUGUSTE
Vraiment... vous... Alors, rien ne vous oblige à repartir...
ÉLISE
Si. Mon père ne veut plus de moi...
AUGUSTE
Enfin, je veux dire, personne ne vous attend... vous ne...
ÉLISE
Personne...
AUGUSTE
Ça me fait vraiment plaisir d'entendre ça... C'est vrai?... C'est bien vrai... vous n'avez pas d'amis, làbas... et vous...
ÉLISE
Et je n'en ai jamais eu, je vous le jure. J'ai été malheureuse... malheureuse...
AUGUSTE
Je suis content... on ne peut pas savoir ce que je suis content. Alors, voilà, moi, j'ai quelque chose à vous dire.
Dites.
AUGUSTE
Nous avons été forcés, chez nous, d'agrandir l'atelier., parce que il y a maintenant de l'ouvrage pour trois ouvriers..." nous en avons même jusqu'à cinq, à l'époque de la moisson. Nous sommes très contents. On se fait des journées de dix, douze et même quinze francs... et
122 BLANGHETTE
depuis que VOUS êtes partie, j'ai mis quatre cents franc? de côté. Le père parle de se retirer... Ecoutez doncj, écoutez donc... Nous avons fait bâtir un premier étage... avec une grande fenêtre... Et puis. . .
Silence.
ÉLISE
Pourquoi me dites-vous...
AUGUSTE, tout à coup.
Enfin! Là!... C'est clair, pourtant L.. Vous me... je.. . Enfin... je viens vous demander si, maintenant, vous voulez vous marier avec moi...
ÉLISE, très émae.
Auguste...
AUGUSTE
C'est-il oui, c'est-il non, dites? Moi, je vous ai attendue...
ÉLISE
Ah! le bon et brave garçon que vous êtes !...
AUGUSTE
C'est... c'est oui?...
ÉLISE, a])ros uu silence.
Tenez!
Elle l'embrasse sur les deux joues.
AUGUSTE
C'est oui!... Eh bien!.., vous pouvez vous vanter d'avoir fait un heureux, vous... Bon sang!.. . Vous verrez si je serai un bon mari... Vous verrez!... Vous ne vous dédirez pas, hein?,.. Ben! j'en ai une veine, moi ! ... (11 rit.) Venez que je vous embrasse à mon tour...
Entre le cautonnier.