SCÈNE III iEMILIÀ, puis BLANDINE et PONTICUS
iEMÏLIA, tristement.
A notre suite Naguère s'empressaient les amours; aujourd'hui... — Ah! qu'avec lui je meure ou je vive avec lui, C'est là tout mon souci, là toute mon envie!
Par lui j'aime la mort, sans lui je crains la vie !
Blandine et Ponticus entrent en scène.
Ah! Blandine!... Tu sais les nouvelles?...
BLANDINE, avec sérénité.
Je sais Que nos frères chrétiens sont partout menacés. Ponticus a tantôt fait parler un des gardes De Théogène; il faut vous tenir sur vos gardes.
&MILIA.
Ne sais-tu pas aussi qui se dit le témoin De nos crimes?
BLANDINE, tristement.
Biblis... oui, quand la mort est loin, On lui tient tête ; et puis on manque de courage ; Pauvre fille!...
jEMILIA.
En quel temps vivons-nous!... A l'orage Notre évéque nous dit de nous soustraire,
Quoi?
Fuir!
JSMILIA.
Attale m'emmène, et tu viens avec moi.
BLANDINE, tombant aux genoux d'-tâmilia.
Ah! Dieu!... n'en faites rien!... non! je vous en conjure!
jEMILIA.
Comment? pourquoi?... T'aimer, est-ce te faire injure?
Maîtresse, vous m'avez offert la liberté!
Donnez-la-moi!...
iEMlLIA.
C'était déjà ma volonté ; Ponlicus, sois témoin, comme aux rives du Tibre!
Frappant légèrement la joue de Blandine.
Blandine! par Jésus, je t'affranchis! sois libre!...
BLANDINE; D3isant les mains d'^milia.
bonté! joie immense!