ACTE TROISIÈME
» Vous reviendrez plus tard, si Dieu ne le défend, » Car Hérode vous cherche et veut tuer l'enfant ! » Or Joseph obéit ; et l'aurore nouvelle Le vit, guidant Marie et Jésus avec elle, Marcher vers le désert, grave et silencieux, Sous les pâles clartés qui blanchissaient les deux î — Béni soit à jamais l'ange sauveur!
^ MI LIA, écoutant.
Silence !
Théogène paraît.
1HÉ0GÈNE, doucereux, à Silvius.
Eh bien l jeune cheval échappé qui s'élance A travers champs, fuyant sentiers et grands chemins ! Dans quel but tout à coup nous glissez-vous des mains ? Pour courir, je le sais, vers des maisons amies; Mais aux Junons parfois se mêlent des Lamies !
S'inclinant derant ADmilia.
De tels yeux, j'en conviens, sont pour vous attirer ; Puisse un malheur ne pas bientôt les altérer ! Vous riez, je le vois, d'un présage frivole, Mais à trop converser avec l'oiseau qui vole, L'esprit devient craintif et superstitieux.
SILVIUS
Et quel malheur soudain lisez-vous dans ses yeux ?
THÉOGÈNE.
Aucun !... Ce franc regard dissipe toute crainte ; D'un culte abominable on n'y voit pas l'empreinte ; Ce nom ne se verra jamais parmi leurs noms !
Arec un accent féroce.
Car vous savez ! nous les tenons ! nous les tenons ! Oui!... Biblisa tout dit!
iEMlLIA.
Et qu'a-t-elle pu dire ?
Tout ce que la terreur aux cœurs faibles inspire ! Mais, seigneur Théogène, un vrai fidèle...
THÉOGÈNE.
Eh bien ?
Se rira de mourir et ne vous dira rien !