JESUS
A Charles GUI
Quelle main criminelle, ô rosette ma mie, T'a jetée au ruisseau, languissante et flétrie ? Toi, qui fermais ton cœur au baiser du rayon, Insensible aux serments du gentil papillon !
Rose au corps satiné, fleur de chair ondulante, Glissant comme l'étoile en la fange gluante, Fille de la clarté, laisse le gouffre noir ! Renais à l'innocence et souris à l'espoir !
Baigne ton front souillé dans l'onde baptismale, Qu'il resplendisse encor de candeur virginale. " — Las ! fit la pauvre fleur, la fange que je hais A ma peau, je le sens, adhère pour jamais !
11 Cette lie argileuse, au fond de mon calice, '* Accuse le ruisseau, mon ténébreux complice, " L'onde passe sur moi sans purifier mon coeut.
" D'où s'exhale pourtant l'émanation pure,
11 D'un soupir parfumé... Je meurs de ma souillure.
** Que seul pourrait laver un angélique pleur !