‹ Bleu, blanc, rougeChapitre 52 sur 77 · LA BLANCHE CITE · texte numérisé non relu

LA BLANCHE CITE

Maître de la nature, artiste génial, Sur la lyre d'Eole aux cordes de cristal Tu chantes des hivers la blanche symphonie Boréale cantate, enivrante harmonie !

Vois le temple d'albâtre, illuminé de feux Les panaches de glace irréels, merveilleux. Les chandeliers d'argent ouvrés de filigrane Et la nappe d'amour d'un tissu diaphane.

Sous le dais d'un ciel bleu, le brillant ostensoir Déverse dans les cœurs la lumière et l'espoir, Las ! la blanche féerie aura cessé de vivre Lorsqu'en larmes demain s'égouttera la givre.

Passagère beauté ! Xeige, fleurs et duvet,

Comme l'illusion dont notre Ame se vêl

Floraison dos printemps, merveilles d'un beau songe.

Splendeur d'une journée, éphémère mensonge !

Tout humain a son rêve, illusoires châteaux, Frangés de stalactite où nichent des oiseaux. Gazon diamanté que la patte des âges Etoile de trous noirs... Ah ! décevants mirages !. .

Palais évanouis des polaires glaciers, Toison molle des cieux et papillons légers, Tourbillonnez dans l'air, comme des plumes d'ailes Que sèment sur nos toits les douces colombelles.

Les champs fleurdelisés aux horizons sans fin Exaltent mon esprit vers le pays divin : Le séjour vaporeux où fleurissent les âmes Des nénuphars-enfants, des marguerites-femmes.

En ces mondes heureux, il n?est point d'oiseleur : Pour humer le parfum l'on ne brise la fleur. Le cœur est transparent, l'idée immaculée : La blanche Vérité se montre dévoilée.

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