‹ Bleu, blanc, rougeChapitre 65 sur 77 · RÉMINISCENCES · texte numérisé non relu

RÉMINISCENCES

\er Janvier

Triste est ma solitude ainsi qu'un cimetière, Mon pauvre cœur est lourd de ses crêpes de deuil. Là, dorment à jamais dans l'oubli du cercueil Les tendresses d'antan, sourdes à ma prière.

Là, reposent en paix sous leur blanc mausolée, Les espoirs nouveaux-nés, le rêve décevant, La folle illusion au mirage mouvant Que regrette toujours mon âme désolée.

A l'aurore de l'An, ma visite première Est pour ces morts aimés, ossements et débris Que recouvre des ans le sombre voile gris, Et seule ma pensée erre en ce cimetière.

Le souffle d'une fleur s'exhale de la tombe, Les pleurs qui lentement ruissellent de mes yeux Eveillent par milliers les anciens jours heureux Caressant mon ennui comme un vol de colombe.

C'est une âpre jouissance, un bien amer plaisir, D'évoquer le passé, d'en remuer la cendre, Pour exhumer ces morts, au froid caveau descendre, Les faire s'animer au feu du souvenir.

Page 1