MON PAYS, MES AMOURS
Cceau et le çat, ?’ Un souriceau tout z
Mais il se trouble, et court se Cacher dans —Sait plus !.
eune ,,, tont zeune ,, .
rougit, balbutie, éclate en sanglots les bras de sa mère,
+. Z'ai tout oublié ! Mais ze t'aime...
Au cri d'amour, échappé de ces lèvres vaïves, le cœur de la mère a vibré, son émotion contenue tombe en une pluie de baisers sur la tête du cher innocent qui sourit maintenant à travers ses larmes.
O Patrie, notre mère, en ce jour ée ta fête uationale, comme mes aînés dans l’Art, je voudrais célébrer ta glorieuse beauté et forcer la lyre à suivre mes chants, mais hélas ! ma main tremble, je sens les cordes glisser sous mes doigts, je ne puis que jeter ce cri du petit enfant : Mère, je t’aime !
Oui, je t’aime, ainsi qu’on aime la vie simplement, instinctivement, comme on respire l'air du ciel. Que l’immensité de l’Océan s’interpose entre le Cangda et nous, la nost:Igie, cette variété du mal d’amour, nous étreint et comme une pieuvre boit jusqu’à la dernière goutte le sang de nos veines,
Transplantés sur une terre étrangère nous ne faisons que traverser un rêve. Notre âme est restée au pays, il ne faut parfois pour la ramener qu’un coin de paysage, qui rappelle la ferme de ‘chez uous,’’ une ronde de paysans, que le grand’père chantait pour nous endormir. La patrie, c’est le foyer où l’on naquit et grandit, le précoce bégaiement de l’enfant, la mère qui nous berce, le juvénile amour, la première larme, les espoirs, les chi. mères, les souvenirs, la langue avec ses dialectes, son patois qui n’a de sens que pour un certain nombre d'individus.
La Patrie, c’est le coin de terre où reposent lesancêtres, le ciel constellé d'étoiles, qu’ils ont comme nous souvent interrogé, sans en faire descendre je rayon qui éciairr les âmes ; le soleil fécondant le travail de nos braves labou. reurs. C’est le Saint-Laurent, l'immense nappe d'eau douce coulant large et sereine au sortir des grands lacs, pleine de langueurs amoureuses. Mais la belle a des capri-
n nom ? Ton d Laurent, est-il voilé de mystère ?
La patrie, c’est tout ce que ?
de l'écorce brune. ue le canadien aspire à même le chalumeau, et qui verse en ses veines la force des jeunes dieux et le Courage des lions. Autrefois, les dru: l8, récueillaient en grande pompe le gui des ces solemnités nationales revêtaient un jestueuse grandeur, La Cérémonie antique se renouvelle êts en avril deviennent des temples rustiques où !e soleil, comme une immense lam pe d’or, jette des flots de lumière Sur les Officiants, entourant une chau dière symbolique d’où monte une odeur d’encens, Là, s’accomplit le mystère,
Le maître cuisinier armé de sa spâtule en bois a la gravité d’un prêtre antique cherchant quelque ténébreux secrets d’oceultisme. De petits globules transparents fiottent dans l'air, on dirait les géuies du bois qui rigelent en l’honneur du dieu printemps, Le liquide d’or, gonfle dans la grande chaudière et s’épaissit en bouillant pour finir par se cristalliser, Un chant de triomphe s'élève dans l'air, vibrant comme une fanfare, Tous s’app'ochent irradiés par l’extase, l’eau du désir mouille les lèvres et la bouche s’ouvre toute grande pour savourer cette maane céleste, Le sucre du pays, bonbon divin, plus doux qu'un rayon de miel, plus exquis que toutes les crêmes et les pâtes humaines,
O Patrie, mère bonne et généreuse, je t'aime, Mais d’où vient cette tristesse persistante qui assombrit ton front d’un crêpe de deuil ?
Le cœur maternel, hélas ! se souvient toujours ! L’enfant qui dort sous le marbre des cimetières tient à l'âme de la mère par des fibres mystérieuses. © Patrie, tu pleures toujours les martyrs de 37 ! Les fils de ton amour,
orgueil et honneur de tes cheveux blancs. Mais ils vivent ces vaillants, ces héros. Le temps n’a pas effacé leur mémoire chérie, chaque aube nouvelle redere leurs noms
sur le mausolée de la gloire, et c'est pour eux que Victor Hugo a chanté
Ceux qui pieusement sont morts Pour la Patrie,
Ont droit qu'A leur cercueil, la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux Passe et tombe éphémère ; Et comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau.
Tu pleures, mère, en regardant ces pâles enfants des héros qui renient leur langue et lèchent les pieds des
vainqueurs, et tu trembles de les voir esclaves un jour ! Rassure:toi, le sang français ne peut mentir et si on t’insultait ainsi que la France, notre aïeule, les fils des Papineau, des Duquette, des Cardinal, des Chénier, des de Lo. rimier, des Mercier, se lèveraient terribles et sous Je dra- Peau tricolore, ils marcheraient fiers et braves pour ven. ger notre honneur outragé.
Mais leur rêve, est un rêve de universelle, quand les ses