‹ BluettesChapitre 47 sur 83 · SAINT ATHANASE · texte numérisé non relu

SAINT ATHANASE

il avait l'esprit juste, vif et pénétrant, le cœur généreux et désintéressé, un courage de sang-froid, et, pour ainsi dire, un héroïsme uni, toujours égal, sans somptuosité ni saillie, une foi vive, une charité sans bornes, une humilité profonde, un christianisme mâle, simple et noble comme l'évangile, une éloquence naturelle, semée de traits perçants, forte de choses, allant droit au but, et d'une précision rare chez les Grecs de ce temps-là. L'austérité de sa vie rendait la vertu respectable, sa douceur dans le commerce le faisait aimer, le calme et la sérénité de son âme se peignaient sur son visage. Quoiqu'il ne fût pas d'une taille élevée, son extérieur avait quelque chose de majestueux et de frappant. Il n'ignorait pas les sciences profanes, mais il évitait d'en faire parade. Habile dans la lettre des Ecritures, il en possédait l'esprit. Jamais ni Grec, ni Romain n'aima autant la patrie qu'Athanase aima l'Eglise, dont les intérêts furent toujours inséparables des siens. Une longue expérience l'avait comme rompu aux affaires ecclésiastiques. L'adversité qui étend et raffine le génie, lorsqu'elle ne l'écrase pas, lui avait donné un coup d'œil admirable pour apercevoir des ressources môme humaines, quand tout

paraissait désespéré. Menacé de l'exil lorsqu'il était sur son siège et de la mort lorsqu'il était en exil, il lutta près de cinquante ans, contre une ligue d'hommes subtils en raisonnements, profonds en intrigues, courtisans déliés, maîtres du prince, arbitres de la faveur et de la disgrâce, calomniateurs infatigables, barbares persécuteurs ; il les déconcerta, les confondit et leur échappa toujours, sans leur donner la consolation de lui voir faire une fausse démarche. Il les fit trembler lors même qu'il fuyait devant eux et qu'il était enseveli tout vivant dans le tombeau de son père ; il lisait dans les coeurs et dans l'avenir. Quelques catholiques étaient persuadés que Dieu lui révélait les desseins de ses ennemis.

Les ariens l'accusaient de magie, et les païens prétendaient qu'il était versé dans la science des augures et quil entendait le langage des oiseaux, tant sa prudence avait quelque chose d'inspiré.

Saint Athanase, protégez la sainte Eglise, donnez à ses évoques votre esprit de sagesse, de constance et de fermeté, dont ils ont tant besoin dans le siècle où nous vivons.

BONNES PENSEES

L'affection est comme la sainteté, Dieu ne veut pas qu'il y en ait deux qui se ressemblent.

Le malheur est le plus beau vêtement que l'homme puisse porter, et les ennemis ne savent pas ce qu'ils font en en couvrant ceux qu'ils haïssent.

On est jugé dans le monde sur la place qu'on prend et la responsabilité qu'on assume.

Pour devenir plus heureux, il faut travailler àse rendre meilleur.

Il ne faut pas beaucoup d'esprit pour tromper les hommes j c'est pour les éclairer qu'on n'en a jamais assez.

Le plus pressé pour la sagesse, c'est de s'instruire ; le plus pressé pour l'amour-propre, c'est de se prononcer. Un bon mot, quand même il serait un peu piquant, n'est jamais mieux employé que lorsqu'on s'en sert pour humilier la vanité et l'orgueil.

Il ne faut jamais hasarder la plaisanterie, même la plus douce et la plus permise, qu'avec des gens polis et qui ont de l'esprit.

Moins on a d'esprit et de capacité, plus on est d'ordinaire orgueilleux et suffisant.

Ne vous croyez pas toujours obligé de suivre les conseils qu'on vous donne ; écoutez-les comme ami, examinez- les comme juge, écoutez-les comme maître, rejetez les mauvais, profitez des bons, et entre les bons, choisissez les meilleurs.

La jeunesse et l'oisiveté sont deux mauvaises conseillères, la dernière trahit et ruine la première.

Chacun aime selon sou goût, peu de gens aiment selon leur devoir et le goût de Notre-Seigneur.

La vraie et solide paix est de servir Dieu comme il veut être servi : tous les devoirs doivent se faire sans agitation et sans relâche.

Il faut travailler en la présence de Dieu, intérieure au milieu de l'action ; mais extérieure sans contention, sans embarras, et seulement par la paix et la douceur d'un cœur qui aime Dieu et qui agit pour lui.

Il n'est pas ordinaire que celui qui fait rire se fasse aimer.

Nous ne sommes jamais plus sûrs de faire l'ouvrage du démon que lorsque nous donnons des louanges.

La religion chrétienne a été prêchée par des ignorants et crue par des savants.

Page 1