SAINTE ANNE
Sainte Anne, mère de la très sainte Vierge, était fille de Mathan, prêtre de Bethléem, de la tribu
d'Aaron, et avait pour frère Jacob, père de Gléophas et de Joseph, et pour sœur Sobé, mère de sainte Elisabeth, et Marie, mère de Salomé, femme de Zébédée.
Elle fut mariée à saint Joachim ou Hélioachim, fils de Mathat, surnommé Bar-Pantlier, descendant de David par Nathan. D'où l'on voit qu'elle avait une origine à la fois sacerdotale et royale.
Sainte Anne et son époux jouissaient d'une grande fortune, et d'une excellente réputation de justice et de sainteté. Ils employaient leurs richesses, partie au soulagement des pauvres et du peuple, partie à des offrandes et à des holocaustes, et l'autre partie à leurs propres besoins.
Après vingt-deux ans de stérilité, elle mit au monde la vierge Marie, mère de Jésus. Dieu permit cette longue et publique stérilité, pour faire briller avec plus d'éclat le miracle de la conception et de la naissance immaculée de Marie, et pour rendre d'avance un illustre témoignage à la sainteté de la future mère du Messie, en même temps qu'à la divinité de son fils.
Sainte Anne et saint Joachim possédaient de grands biens, mais ces biens n'étaient employés qu'en œuvres de charité, et ce fut dans la pratique des plus belles vertus que ces deux saints époux coulèrent leurs jours.
On ne sait pas sûrement le temps de la mort de sainte Anne ; on pense communément qu'elle mourut quelque temps avant que Marie fût fiancée à saint Joseph.
L'Eglise célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne, et la gloire de sa fille rejaillira de génération en génération. Puisse son exemple réveiller le soin des pères et des mères ! Leur devoir le plus sacré est d'élever leurs enfants dans la crainte du Seigneur. Par là, ils honorent Dieu, perpétuent la gloire de son nom sur la terre et se sanctifient eux-mêmes. Eh ! pourquui tant de soin et d'empres-
sèment pour procurer des honneurs et des richesses à des enfants ? Pourquoi tant de zèle pour leur procurer les grâces du corps, et leur inspirer le goût de la frivolité, tandis qu'on néglige de les former à la vertu, qui seule peut les rendre heureux ?
Et vous, enfants, voyez ce que vos parents font tous les jours pour vous, serez-vous insensibles à leur tendresse, et ne répondrez-vous pas à leur amour et aux justes espérances qu'ils ont droit d'avoir pour votre avenir ? Vous n'êtes qu'au début de la vie, et ce serait la commencer bien mal que d'agir de manière à irriter Dieu contre vous par une conduite toute opposée aux enseignements qui vous sont donnés. Hélas ! combien de bons parents gémissent sur l'inconduite de leurs enfants, quoique pourtant ils n'aient rien épargné pour les bien élever : de grâce, consolez les vôtres, prenez Marie enfant pour votre modèle et toutes les plus belles vertus brilleront bientôt en vous.