LE SOMMEIL DES ENFANTS
Dans leurs berceaux, près de leur mère, Quand dorment les petits enfants,
Ne croyez pas ae sur la terre
Restent ces endormis charmants.
Non, non, toujours des anges viennent, Qui les emportent dans leurs bras,
Et qui dans les cieux leur apprennent De beaux jeux qu'ils ne savaient pas.
Et quand la mère se réveille,
Et veut voir, entre ses rideaux, Son petit enfant qui sommeille La nuit, dans un heureux repos,
Les anges vite le ramènent,
. Dans son lit le recouchent bien, Et près du berceau s’entretiennent Sans que la mère en sache rien.
Ainsi s’envolent les années
Au vol rapide et gracieux,
Ainsi ces charmantes journées Dont la moitié s'égare aux cieux.
Mais, dès qu’uné faute première A flétri leurs douces vertus, Les enfants restent sur la terre Les anges ne reviennent plus,
L'ANGUILLE, Conte.
Un bon paysan de la Camargue devait payer, au siècle dernier, la dime à l'archevêque d'Arles, et pour se rendre son seigneur favorable, il lui envoya, aux époques de Noël, une belle anguiile d’eau douce.
Le drôle qui devait la porter prit donc le panier où l'animal était bien emballé dans de l’herbe, et g’achemina vers le palais archiépiscopal.
L’anguille est un poissor qui ne meurt pas en sortant de l’eau, celle-ci reprit sa liberté par les fentes du panier mal fermé.
Le porteur arrive devant l'archevêque, pose sou fardeau à terre et fait un grand salut à Sa Grandeur, en lui présentant la lettre dont il est chargé, puis il s'agenouille auprès de son panier et cherche inutilement dans les herbes.
Il cherche tout le temps que le prélat lit la lettre et jusqu’au moment où l’archevêque s’écrie :
— Ah! ton maître est un brave homme, il m’envoie ici une énorme anguille,
Le pâtre lève la tête tout ahuri, et lui répond :
— Ah ! l’anguille est dans la lettre? que Dieu en soit loué, je la cherchais dans le panier.