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quelque officiers gagea :
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rien, Ah! si, un monument, une statue, un buste équestre, quelque chose en plâtre enfin.
— Ah! oui, le monument.
— Le monument. Parfaitement, le monument de machin.
— De Gambetta.
— De Gambetta, je me tue de vous le dire, vous êtes donc sourd! Ah! ah! ce Gambetta, il se fait faire un monument.
— Pas lui, mon colonel, il est mort.
— Mort. Parfaitement. Ah! le gaillard. Alors, c’est à sa mémoire seulement que vous voulez élever ça.
— Moi, mon colonel, moi, je ne veux rien élever du tout.
— Je sais bien. Mais alors, qu'est-ce qu’il dit ce préfet de malheur ?
— Mon colonel, le préfet me reproche, au contraire, de n'avoir pas voulu souscrire au monument de Gambetta.
— Vous n'avez pas voulu ?
— Non, mon colonel.
— Ah! lieutenant, vous me faites de la peine. Comment, vous avez une occasion unique de souscrire au monument de Gambetta, et vous refusez. Sacrebleu ! on ne m'a jamais offert ça, quand j'étais à votre grade ; autrement... Mais enfin, s’agit pas de ça. Vous ne voulez pas souscrire, c’est votre affaire.
— C'est ce que je pensais.
— Attendez, voici la lettre de cet idiot de préfet. Je le respecte autant que vous, moi; il a une fichue écriture... Qu'est-ce qu'il dit. Insubordination… mauvais exemple... grand citoyen... ancien ministre de la guerre... lutte à outrance... Mais, je le connais votre Gambetta !
— C'est possible, mon colonel.
— Parfaitement, ministre civil de la guerre... remplacé l’inter<ance par de bonnes paroles... organisé admirable dépôt... mort au feu, sans doute.
— Non, mon colonel, dans son lit.
— Sacrebleu ! lieutenant, tout le monde ne peut as mourir dans le lit d’un autre. Et c’est pour cet omme-là que vous refusez de souscrire ?
— Oui, mon colonel.
— Vous pouvez bien vous priver de deux ab-
sinthes et donner les vingt sous.
— (C’est pas pour les vingt sous, c’est pour les principes.
—S'agit pas de principes, s’agit de monument. Voulez-vous donner vingt sous, oui ou non ?
— Non, mon colonel.
— Parfaitement, c’est votre droit. Seulement vous allez me faire avoir des embêtements avec le préfet.
— Je le regrette, mon colonel.
— Ecoutez, nous allons arranger ça gentiment, Donnez les vingt sous, ou je vous colle quinze jours d'arrêts.
— Je préfère les arrêts.
— Crébleu, far-il que vous aimiez l’absinthe.
— Je vous répète, mon colonel, que j'obéis à des idées toutes différentes que celles que vous me supposez. Je ne souscris pas pour Gambetta parce que je lui reproche de grandes fautes militaires : les camps mal organisés, les hommes sacrifiés inutilement, les mobiles sans chaussures et sans vivres.
— Parfaitement, lieutenant, et je vous ferais bien rire si je vous racontais que ce crétin de préfet m'a aussi demandé ma souscription.
— Et vous souscrivez, mon colonel ?
— Ah! ça, lieutenant, savez-vous à qui vous parlez? (Colonel Ramollet, dix-neuf campagnes, vingt-sept blessures. Ennemi des pékins et des esbrouffeurs. Et vous demandez si je souscrirai pour un clampin, qui ne savait pas organiser un Camp, qui sacrifiait les hommes inutilement, et qui laissait les braves mobiles sans vivres pour se chausser, et sans un godillot à se mettre sous la dent. Lieutenaut |
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— Mon colonel ?
—Vous me ficherez quinze jours d’arrêts supplémentaires pour avoir insulté votre supérieur.