LA RUSE D'UN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE
Le jeune chrétien dont il est question dans le récit suivant est M. Teyssevre, né à Grenoble et mort en 1813, prêtre de Saint-Sulpice à Paris. A une ardente foi, il joignait une intelligence supérieure ; car à l’âge de dix-sept ans, il était nommé répétiteur de l'Ecole polytechnique. IL fit beaucoup de bien autour de lui par une aimable piété et un zèle infatigable qui lui permirent de convertir un grand nombre de ses camarades. Devenu prètre, il exerça un ministère des plus fructueux, et lorsqu'il mourut, âgé de trente-trois ans, sa mort fut une perte très sensible pour la cause de Dieu, et elle fut vivement ressentie à Paris, où le saint prêtre jouissait d’une estime universelle.
Voici une anecdote rapportée par l’auteur de sa vie :
‘“ Une fois, il eut pour compagnon de route le P. Gloriot de la Compagnie de Jésus. Deux dames de Paris, qui voyageaient avec eux, donnèrent à entendre, par leurs discours, qu’elles étaient éloignées de toute pratique religieuse. ;M. Teysseyre, alors âgé de vingt ans, ne disait pas un mot; mais il méditait un plan de bataille.
A un relais, vers le soir, il s’approcha du P. Gloriot, et lui demanda s’il ne voulait pas s'associer à lui pour faire une petite conférence sur l'enfer à l'intention des deux bonnes dames incrédules. Ce projet sourit au missionnaire ; on convint de la marche à suivre, puis on entra en diligence.
Les deux complices laissèrent malicieusement la nuit couvrir la terre de ses ombres mystérieuses. Bientôt les éclats de tonnerre, la lueur sinistre des éclairs, vinrent encore ajouter à l'horreur des ténèbres. Puis la diligence s’engagea dans une épaiss forêt. Le lieu et les circonstances favorisaient gulièrement de salutaires impressions.
Le jeune officier dit alors, par manière de