‹ Bluettes [microforme]Chapitre 60 sur 97 · PATRON DE LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

PATRON DE LA JEUNESSE

Nous devons, à l'exemple de saint Jean-Baptiste, préserver nos cœurs de toute affection désordonnée, et imiter, autant que nous le pourrons, les vertus qu'il pratiqua dans le désert.

Le monde est comme une perspective qu'on ne peut bien voir qu'à une certaine distance ; si nous conversons souvent avec le ciel dans la solitude de notre cœur, le prestige de ses charmes disparaitra ; nous le verrons tel qu’il est en lui-même ; nous n’y apercevrons rien qui ne soit digne du mépris d’une âme chrétienne et nous y découvrirons mille choses capables de nous inspirer de justes craintes. Ses biens et ses avantages sont incertains et de peu de durée, ils sont vains et frivoles ; ses peines sont réelles et très cuisantes ; ses promesses sont fausses

et trompeuses. L'expérience, dit saint Augustin, nous a tellement éclairés sur la perfidie du monde, qu'il devrait depuis longtemps avoir perdu ses charmes imposteurs. Ceux qui prétendent y trouver leur bonheur ressemblent, dit Gerson, à des insensés, qu'on verrait chercher avec beaucoup de peine des roses sur des épines, qui, au lieu de leur fournir des fleurs, ne manqueront pas de leur ensanglanter les mains par des piqüres. Enfin, le monde est couvert d’épaisses ténèbres qui interceptent la lumière céleste ; de toutes parts il est rempli de pièges, et ses plaisirs cachent un poison mortel sous une enve. loppe séduisante. N’y paraissons donc jamais qu’avec crainte ; soyons attentifs à veiller sur nousmêmes ; fortifions nos âmes, contre l'air empesté qu’il exhale, par les antidotes que procurent la méditation, la prière et le renoncement. C'est l'avis que nous donne saint François de Sales. Par là, nous savons vivre dans le monde comme si nous n’y étions pas, nous en userons comme n’en usant pas.

Saint Louis de Gonzague est regardé à juste titre comme le patron de la jeunesse. et toute sa vie est un excellent modèle à proposer à limitation des jeunes gens. Rien n’y manque pour leur offrir dans quelque situation qu’ils se trouvent, l'exemple de toutes les vertus. Par sa naissance, c’est un prince, entouré de tous les prestiges du monde ; par sa vie, c’est un religieux passant ses plus belles années dans la pauvreté et l’abnégation. Au milieu de la famille, il se montre bon fils, alliant le respect pour l’autorité paternelle avec la fidélité à la voix de Dieu; au collège, il est constamment plein de déférence et de docilité à l'égard de ses maitres, en même temps qu'écolier modeste, gracieux, édifiant pour ses compagnons d'étude. Cet ange terrestre s’est surtout distingué par une pureté angélique ; sa présence

ugustin, 1 monde, rdu ses 7 trouver es insende peine r fournir nglanrter est coulumière es, et ses ne enveais qu’a- 1r nousempesté nt la méest l'avis

Par là, » Si nous en usant

iste titre sa vie est tion des frir dans mple de n prince, ar sa vie, ées dans famille, ir l’auto- Dieu ; au ce et de e temps ses ComM-

surtout présence

suffisait pour inspirer les bonnes pensées et pour détourner du vice. Cette prédication muette et puissante est à la portée de tous. Heureux les jeunes gens que Dieu a ainsi marqués du sceau de cette pudeur céleste qui fait baisser les regards effrontés et qui inspire à tous l'amour de la sainte vertu ! Heureux les jeunes gens qui, à la suite de leur saint patron, portent avec une grande vigilance le vase fragile de leur pureté ! Ils mériteront de porter aussi le lis immortel et de faire partie du glorieux cortège de l’Agneau sans tache.

Page 1