UN REGARD RÉTROSPECTIF
Jeune fille, que rien ne peut contenter, avez-vous jamais comparé votre sort à celui de la jeunefille du pauvre ? Quand cette petite créature arrive au foyer domestique, c’est un accident un mécompte. Mesurée à l'argent qu’elle va coûter et à celui qu’elle ne pourra point gagner, elle se voit brutaliser par des parents dénaturés, sans aucun ménagement pour les délicatesses de son corps et de son âme. Comme une fleur rampant sous un tas de pierres, elle n’arrive aux derniers confins de l’enfance qu’à travers les injustes colères dont on l’accable. Elle est le
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but de toutes les mauvaises humeurs ; elle reçoit le contre-coup de toutes les luttes conjugales; elle est la victime expiatrice de tous les événements fâcheux de la vie, Jamais elle n'éprouve la joie de se sentir bien habillée, et rougit de sa mise en la comparant à la vôtre. Petite sœur des anges, il semble qu’elle leur ait laissé là-haut ses ailes à garder, pour s’en venir ici-bas travailler et souffrir. Oh ! oui, souffrir, souffrir toujours et sans savoir pourquoi. Chère enfant! je l'ai vue avec sa chevelure sauvage, ses yeux rouges de fièvre et humides de pleurs, soupirer tremblante dans un coin du logis. Que dis-je ? je l’ai vue mourir avant d’avoir senti la vie et connu le mal.
Chères enfants, quind vous passerez à côté de la jeune fille du pauv'e, plaignez-la, aimez-la, soyez onne pour elle, mais ne la méprisez jamais. Ditesvous surtout ceci : Que Dieu est bon et combien je dois l’aimer, pour m'avoir comblée de tant de joies en m'épargnant tant de souffrances