LE PROFANATEUR DU CRUCIFIX
Un ivrogne rentra un jour du cabaret dans une grande exaltation, causée surtout par les discours inspirés de l’impiété qui avaient accompagné ses libations. X.. tapagea,battit les innocents du foyer ; mais s'en tenir là eût été trop insignifiant. Il avisa, appendu près du chevet conjugal, un crucifix du bon vieux temps. Cette vue l’exaspéra. Il se mit à expectorer contre l’image sainte tous les blasphèmes que peut dicter l'enfer. Etait-ce assez ? Non.
—Ah!tune me réponds j*s!... C'est sans doute que tu ne vois pas qui te parle... Attends, je vais te faire une illumination... Et l’impie rassembla devant le christ tout ce qu’ilput trouver de flambeaux.
Le Christ resta muet, comme sous les sarcasmes des juifs.
De plus en plus furieux, X..... s’arme alors d’un couteau, et joignant l’action aux paroles :
—Ah!tes yeux ne te servent donc à rien! Eh bien ! je vais t’en débarrasser !
Et avec un ricanement féroce, il perfore les yeux au crucifix..….. [l eut le courage de dormir là-dessus.
Mais le lendemain une douleur poignante s'installa dans les yeux du malheureux.
On eut recours au docteur, puis à l’'Hôtel-Dieu de Lyon.
La mère qui pleure n'avait pu retenir le bras de son fils. X... revint de Lyon complètement aveugie. Et maintenant il mendie de porte en porte, conduit par un petit enfant, le pain qu'il avait honnêtement gagné avant qu'il eût déclaré la guerre au Christ.