‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 26 sur 183 · ANNÉE I 5 6 I . (P · texte numérisé non relu

ANNÉE I 5 6 I . (P

BOBIGNY

par moi vendu durant ces dicts quarante jours vienne de mon cru ni qu’il ait esté par moy achepté. Et pendant s’il y a aucun des subjets manans, habitans de la chastellenie de Bobigny qui se ingère de faire taverne ou vendre vin le temps durant sera tenu païer soixante sols parisis d’amende.

« Item, j'ai droict par toute ma dicte seigneurie de Bobigny de prendre par chacun an, sur les tavernes des vendans vin ou autres breuvaiges,un septier vin, mesure de Sainct-Denis, et de chacun des breuvaiges qu ils vendent.

« Item, j’ay droict d’avoir seul en mon chasteau un thoreau et vérot banniers. Et nul de mes sujets ne doibt avoir ni thoreau ni vérot en leur maison, sur peine de soixante sols parisis d’amende, laquelle ils encourent, si après les deffences on trouve en leur maison ou possession thoreau ni vérot à eulx ne aultres apartenant.

« Item, les seigneurs de Bobigny souloient avoir aux octaves Sainct- Denis sur la somme de vingt-six livres huict solz neuf deniers et demy pite parisis de menus cens, dont neuf livres parisis deubs sur plusieurs héritages que plusieurs personnes tiennent, de présent ne se peuvent trouver.

« Item, souloient aussi avoir iceulx seigneurs de Bobigny au dict jour sur plusieurs héritages que plusieurs personnes tiennent en la dicte chastellenie, la somme de cent treize sols huict deniers parisis de cens, et de présent ne se paie aucune chose. Item, soulloient aussi avoir au dict jour par achapt faict de feu Jehan de Gisors, sur plusieurs héritaiges que plusieurs personnes tiennent au dict térouer, treize solz quatre deniers oboles parisis et quatre poussins, dont ne se paye de présent aucune chose.

« Item, au jour de la Sainct-Martin d’iver, par achapt du dict Jehan de Gisors vingt-six sols sept deniers parisis de menus cens sur plusieurs héritaiges que plusieurs personnes tiennent au dict térouer qui se reçoivent des anciennes censives de la dicte seigneurie tenue jadis du roy à cause de sa seigneurie de Livry en l’Aulnay, et de présent à maître Jacques Sanguin, advocat au Parlement, et à damoiselle Anne Picard, sieurs du dict Livry.

« Item, soulloient avoir le lendemain de Noël, sur plusieurs héritaiges que tiennent plusieurs personnes au dict térouer, sept septiers avoyne vollaige et les trois quarts d’un minot et cinquante-huict solz onze deniers parisis de gros cens sur trois masures séans en la dicte ville, dont à présent ne se reçoit aucune chose.

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« Item, au dict jour, deux chappons et le quart d'un chappon, dont aussi à présent ne se reçoit aucune chose.

« Item, soulloient avoir au dict jour, par achapt du dict Jehan de Gisors, une cous tu me qui vaut un septier d’avoyne, deux chappons et deux boisseaux de bled, dont à présent ne se reçoit aucune chose.

« Item, soulloient aussi avoir au dict jour deux septiers d’avoyne et deux gélines sur plusieurs héritaiges, et dont à présent ne se paie aucune chose.

« Item, sont tenus en plein fief de moy plusieurs fiefs des quels je n’ay de présent cognoissance ou de la plus part d'iceulx.

« Premièrement ung fief qui fut André Porcheron, depuis aux hoirs feu Adam Damyens, depuis à Mre Jehan Coignet, advocat au Parlementât sa femme, et de présent à Mre Duval, contenant vingt un arpens et ung quartier de terre et soixante sols de menus cens.

» Item, ung fief qui fut aux dicts hoirs Damyens et depuis au dict Mre Jehan Coignet et sa femme, et de présent au dict Duval, assis au terouer de Drancy, qui fut Perot Ducoudray, contenant leur manoir et quatorze livres de menus cens, trente-six arpens de terre et deux arpens de vignes, et les tartes de ses hostes, qui ont vaches, sept vingts neuf poussins et quarante-sept coustumes et toute basse justice jusques à soixante sols parisis.

« Item, ung aultre fief qui fut aux dicts hoirs, et auparavant à Jehan Cailleu et depuis aux dicts Jehan Coignet et sa femme, et de présent au dict Duval, contenant vingt-trois sols de menus cens payables aux octaves Saint-Denis et à la Saint-Martin d'hiver, et dix arpens et trois quartiers de terre.

« Item, ung aultre fief qui fut aux dicts Mre Jehan Coignet et sa femme, et auparavant Philippe de Damoisel, contenant trois arpens et demy de terre.

a Item, ung aultre petit fief qui fut aux dicts Mre Jehan Coignet et sa femme, et auparavant Jehan de Gisors, contenant cinq quartiers de terre.

« Item, ung fief qui fut Jehan de Gisors et depuis à Hennequin le Flament, contenant ung manoir appelé la Bretesche, si comme il se comporte et huict arpens trois quartiers de terre.

« Item, ung fief qui fut aux hoirs Thomas le Thuillier et depuis aux sieurs Mre Jehan Coignet et sa femme, contenant cinq arpens de terre assis au terouer de Bobigny.

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« Item, ung aultre fief' qui fut Jehan de Sainct-Benoist et depuis aux sieurs Mrc Jehan Coignet et sa femme, contenant douze sols six deniers parisis de menus cens et la quarte partie d’ung quartier moings deux liostes, qui vallent un septier d’avoine et demye coustume.

« Item, ung fief qui fut Girardin de Montaigu et depuis et de présent comme je entends aux relligieux prieur et couvent des Célestins de Paris, contenant ung manoir appelé l hostel d’Eaubonne, clos de fossés, avec toutes ses appartenances, le dict fief assis au terouer du dict Bobigny, tant en fief que en censive, lesquels pouvoient valloir jadis vingt livres parisis de rente ou environ et de présent sont en plus grande valeur.

« Item, deux fiefs qui furent aux hoirs de feu Nicolas Foucart et depuis Bernard de la Fontaine, escuyer, assis au terouer et ville de Drancy, dont 1 ung des dicts fiefs contient trente-six arpens de terre et trente sols de menus cens, payés aux octaves Sainct-Denis, et l'aultre fief contient un hostel de la valleur de vingt livres de rente ou environ, et fut feu Amaury de la Charmoye.

« Item, ung fiefMre Pierre de Langres, contenant une masure et deux arpens et demy de terre seans à Bondis.

a Item, ung fief qui fut Robert l'Escripvain, contenant une masure avec cinq quartiers de terre seans à la pointe de Bondis.

« Item, ung fief qui fut aux hoirs Girard de Courcelles, contenant vingt arpens et demy de terre et treize sols deux deniers parisis de menus cens, payables aux octaves Sainct-Denis, ung septier d'avoine et demy coustume et deux arrière - fiefs , dont ung vaut vingt et une livres de rente et deux charretées de feurre et l’aultre vingt-deux livres.

« Item, ung fief assis au terouer de Nonneville, contenant onze sols parisis de menus cens, sur plusieurs héritaiges que plusieurs personnes tiennent, qui se paient aux octaves Sainct-Denis.

« Et si plus y en a, je en faicts protestation qu’il ne me fasse aucun préjudice.

« Aujourd’huy dix-septiesme jour d octobre mil cinq cens quatre vingts cinq, faict par moy Guillaume Perdrier, escuyer, seigneur de Bobigny, dessus nommé, présente le dict adveu de mon dict fief, en ce qui dépend de Monseigneur le cardinal, par protestation de l’augmenter ou diminuer

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toutefois quand il viendra à ma cognoissance et quand besoing- sera, en tesmoignage de quoy j'ai icy signé le présent adveu, cacheté du cachet de mes armes.

G. Perdrier.

« Le dict adveu et dénombrement présenté, le 17 octobre 15X5, avec la réception d'iceluy par le procureur général, clerc des fiefs de la dite abbaye. Les susdits jour et an a signé Pierre Hubert, chanoine de Paris, prieur du prieuré de Saint-Arnould et procureur général de 1 abbaye de Sainct-Denis. »

Guillaume Perdrier vendit, vers 1590, à Florent d’Argouges, conseiller du roi, les fiefs d’Emery et de Béquignard, qu’il avait acquis peu d’années auparavant de Raphaël Gaillandon. Il se démit aussi du droit de retenue sur plusieurs terres et lieux acquis par le sieur d’Argouges et permit de les clore de haies.

Guillaume Perdrier mourut dans le cours de l'année 1593, laissant en héritage à Charles Perdrier, son fils, la terre de Bobigny. En cette même année eut lieu l’abjuration du roi Henri IV. La conversion de ce prince à la foi de ses pères mit fin à la guerre que les ligueurs soutenaient contre les huguenots, et ouvrit au nouveau roi de France la porte des cœurs de ses sujets en même temps que l'entrée de là capitale de son royaume, dans laquelle il fut reçu le 22 mars 1594.

Charles Perdrier épousa, vers 1610, Anne de Bragelongne, fille de Jacques de Bragelongne, chevalier, conseiller du roi et maître de sa Chambre des comptes, et de Barbe Robert. La famille de Bragelongne est une des plus anciennes et des plus illustres familles de France. Louis IX ayant fait un vœu chargea un Bragelongne de l’accomplir. On voit dans la galerie des tableaux du Louvre la représentation de cette pieuse mission confiée par le saint roi à ce Bragelongne L

Charles Perdrier, baron de la Trompaudière, seigneur de Bobigny et autres lieux, mourut en 1618, laissant d’Anne de Bragelongne, son épouse, deux filles : Anne Perdrier et Charlotte Perdrier. Cette même année, sur la présentation de Barbe Robert, veuve de Jacques de Bragelongne, bellemère du défunt et tutrice de ses deux orphelines, l’évêque de Paris, Henri

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