PHILIPPE-GUILLAUME JACQUIER DE VIEU-MAISON
neveu de ce dernier, 1744.
Armes : D’argent, au chevron de gueules, accompagné en chef de deux merlettes de sable, et en pointe d'une rencontre de bélier de même, accorné d’or.
Le 29 février 1657, M. François Jacquier, seigneur de Belle-Assise, écuyer, conseiller secrétaire du roi, commissaire général des vivres de l’armée, lit acquisition de M. Charles de Béthisy de Mézières et de dame Anne de Perdrier son épouse, de la moitié de la terre et seigneurie de Bobigny. Cette partie du domaine seigneurial, de la valeur de 3,040 livres t6 sols et 6 deniers en revenu annuel, fut acheté 80,000 livres et payée contre reçu le 31 mai de l’année 1639.
Du rant cet intervalle de temps ou plutôt les 22 août 1657, 22 juin 1658 et 29 avril 1659, la terre et seigneurie de Bobigny fut saisie par défaut d’aveu sur M. Jacquier, à la requête du seigneur abbé de Saint-Denis, pour lors Monseigneur Jules, cardinal Mazarin. Et même le 5 mai de l’année 1659, par sentence de M. le bai 1 ly de Saint-Denis, le sieur Lere-
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bours fut condamné à accepter la charge de commissaire au dit fief saisi féodalement.
Mais bientôt, M. Jacquier se mit en devoir de vassal vis-à-vis du seigneur abbé de Saint-Denis, et aussi du seigneur de Livry, et demanda à ces seigneurs supérieurs l’investiture obligée de son fief, et la saisie fut levée sans retard.
Le nouveau seigneur en partie de Bobigny acquit de plus, à titre d’échange, le 1 6 juin 1659, de M. François d’Argouges, conseiller d’Etat ordinaire du roi au Conseil royal, chevalier seigneur du Plessis, d’Argouges, des Grouës, de Fayl-Billot et autres lieux, et de dame Anne d'Hodie son épouse, le château et la ferme de Beauregard, ainsi que l’enclos de la Grande-Maison, appelés autrefois fief de Becquignard et d’Émery. Le 8 août de la même année 1659, M. Charles-François Duduit et dame Marie-Renée Bonin son épouse lui cédèrent aussi différents biens qu'ils possédaient tant sur le territoire de Bobigny que sur celui de Drancy.
En 1665 mourut Jean Jacquier, frère puîné du seigneur de Bobigny, auquel il légua le titre de vidame et la vidamie de Vieu-Maison ou Vieils— Maisons, située en Brie, près de Château-Thierry, dont il avait fait l'acquisition en 1650.
MM. François Jacquier et Jean Jacquier avaient eu pour père et mère Claude-Jacquier, trésorier, commissaire dans les trois évêchés, et Anne Robillard, fille d’un trésorier de France. Leur famille était originaire de la Bourgogne et était allée s’établir au pays Messin et en Champagne sur la fin du xvie siècle.
Messire François Jacquier, devenu vidame de Vieu-Maison, continua ses acquisitions au territoire de Bobigny. C’est ainsi que, le 7 avril 1670, il obtint à titre d'échange de M. Jean-Baptiste-Gaston d’Ornano sa part dans l’autre moitié de la terre et seigneurie de Bobigny.
Cependant, ce ne fut que le 16 mai de l'année 1676 qu’il put se flatter de posséder le domaine de Bobigny dans toute son étendue, tel que l’avait possédé Guillaume Perdrier, ayant acheté à cette date de M. Louis le Cordier, marquis du Tronc, et de dame Anne d’Ornano son épouse, la partie de la propriété restée entre leurs mains.
Voici copie de l’aveu et dénombrement fourni, le 12 décembre 1672, au seigneur abbé de Saint-Denis par messire François Jacquier :
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« Par devant Charles de Hénaut et François Gaultier, notaires, gardenotes du roi notre sire en son Chastelet de Paris, soubz signés, fut présent Jacques Gaultier, sieur du Bois, demeurant à Paris, rue de Touraine, Marais du Temple, au nom et comme procureur de François Jacquier, conseiller, secrétaire du roi, maison couronne de France et de ses finances, seigneur de Bobigny et autres lieux, à cause de son absence et emploi au service du roy1, de lui fondé de procuration spécialle pour l’effet des présentes, passé par devant Gervais Marchon et le dict Gaultier, notaires à Paris, le dernier febvrier mil six cens soixante-onze, dont y a minute vers le dict Gaulthier notaire, de la quelle copie sera cy après transcript, le quel au dict nom a advoué et advoue tenir en plain tief, foy et hommage, suivant la coutume de la ville, prévosté et vicomté de Paris, de Monseigneur 1 Eminentissime Jean -François-Paul de Gondy, cardinal de Retz, abbé de 1 abbaye de Sainct-Denis en France, à cause de la dicte abbaye et chastellenie de Sainct-Denis, ce qui en suit.
« Premièrement, un lieu où souloit estre un jardin qui fut à Pernelle Landierne, de présent enclos dans la basse-court du chasteau du dict Bobigny, entre le puits et la dicte basse-court, et la muraille d’y celle basse-court du costé de la grande allée.
* Item, un autre lieu où souloit estre une autre maison que l’on souloit appelée la maison de la Chapelle, contenant deux travées, une petite grange, court et jardin, le tout contenant demy arpent ou environ, tenant à présent et boutissant de toutes parts, au dict sieur advouant par ce que le dict lieu est enfermé en la closture du parc cy après déclaré, attenant par dehors à la grange dismeresse qui est en la basse-court du dict Bobigny.
« Item, le parc du dict Bobigny, clos et enfermé de murailles, contenant cent arpensou environ, tenant d’un costé a la Grande-Rue qui conduit de Sainct-Denis passant par la porte de Paris a Bondys, d’autre au chemin qui conduit du dict Sainct-Denys, passant par la porte Sainct-Remy au dict Bondys, d’un bout à la sente près le grand cimetière de Bobigny, qui conduit de Bobigny à Drancy, et d’autre bout à une autre sente qui passe à la grille qui conduit de Noisy à Drancy.
i. Louis XIV' venait de déclarer la guerre à la Hollande, et François Jacquier était allé à l’armée remplir ses fonctions de commissaire général des vivres.
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« Sera observé que dans le dict parc esl enclos le chasfeau, hostel et maison forte du dict Bobigny, clos de fossés, ponts-levys, jardin, court, estables, basse-court, où il y a plusieurs bastiments, escuries, estables, granges, la grange dismeresse et autres b Et que les dits chasteau et bassecourt sont rellevans de la chastellenie de Livry, à l’exception du contenu au premier article de l’adveu rendu par Maître Charles de Béthisy et dame Anne de Perdrier son épouse et Maître Joseph-Charles d’Ornano et dame Charlotte de Perdrier son épouse, à messire Christophe Sanguin, seigneur chastelain de Livry, le vingt-troisiesme may mil six cens quarante, reçu le dix neufiesme juin en suivant.
« Le surplus du dict parc en clos de murailles consistant en grandes allées d’arbres, terres, prez, une motte de terre enclose de fossés où il y a aprésent du bois, en la quelle estoit il y a longtemps un ancien chasteau1 2. Lequel reste de parc est composé de plusieurs terres, prés et héritages où estoient anciennement des maisons, masures, jardins et héritages, et qui ont esté encloses au dict parc3, ainsi qu'il est porté par les adveus rendus par les seigneurs de Bobigny à la dicte abbaye de Sainct-Denis, et entre autres par ceux rendus par Guillaume de Perdrier à Monseigneur Louis de Lorraine, cardinal de Guise, abbé de la dicte abbaye de Sainct- Denis, le dix septiesme octobre mil cinq cens quatre-vingt-cinq, et le sus dict adveu rendu par les dicts sieurs Charles de Béthisy, à cause de dame Anne de Perdrier son épouse et le dict messire Joseph-Charles d’Ornano, à cause de dame Charlotte de Perdrier son épouse, le vingt-trois may mil six cens quarante, reçu le dix neufiesme jour de juin en suivant.
« Plus sera observé qu’il y a deux arpens enclos dans le dict parc qui estoient en prezprès l’Abreuvoir, anciennement appelé la ruelle du Gué, qui sont aussy rellevant de la dicte chastellenie de Livry, et portez au dixseptiesme article du dict adveu rendu au dict seigneur de Livry par les dicts seigneurs de Bobigny, le dict jour vingt-trois may mil six cens quarante.
« Item, deux arpens de terre en une pièce sise au lieu dict Eaubonne, tenant d’un costé aux terres de la ferme de M. d’Argouges, d’autre costé
1. Voir à la fin de ce premier chapitre, la carte du village de Bobigny, d’après Cottereau, année 1783.