‹ BoccaceChapitre 8 sur 112 · PREMIÈRES AMOURS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES AMOURS

colombe » et le « perroquet » le charmèrent tour à tour et le désespérèrent ; sous les noms d'Abratomia et de Pampinea, ou d'Edea et de Calmena, il parle d'elles à plusieurs reprises dans ses romans1.

Fleury ou Florio, qui est le héros du Filocopo, et dans lequel Boccace s'est représenté, tombe amoureux de l'une et de l'autre, oubliant sa passion inébranlable pour Blanchefleur, mais Calmena lui demande pourquoi il est si pâle. Cette question lui rappelle la pâleur de sa belle, et il se reprend.

Comme ce joli épisode semble n'avoir pas été emprunté, ainsi que le reste du récit, aux conteurs antérieurs, il se peut que Boccace, qui manquait d'invention, l'ait tiré de ses souvenirs personnels2. Il se souvenait encore de Pampinea, vingt ans plus tard, quand il écrivit le Dêcamêron, puisqu'il fit d'elle la reine de la première journée.

Même au plus fort de sa grande passion, son âme « pèlerine d'amour », pour employer la jolie expression qu'il s'applique à lui-même 3, ne sut guère rester fidèle que d'intention. Dans son madrigal n, il s'accuse

rivolto la fantasia.... Ma l'ultimo ed il perfetto de'suoi amori fu di questa Maria. » Quelques auteurs ont identifié Lia avec la veuve du Corbaccio. — Crescini, La Lucia dell' Amorosa Visione, Padoue, 1882.

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