‹ Bohémos, comédie en un acte en versChapitre 7 sur 20 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Voici de quoi narguer les ruches de l'Hymette !

Nous avons du nectar retrouvé la recette !

Evitons cependant d'attirer l'échanson :

Dans ma bourse, aujourd'hui, je n'ai qu'une chanson.

(Regardant au fond de son gobelet.) C'est étrange!... On dirait cette teinte opaline Qu'avaient ses jolis yeux quand son humeur câline Jetait entre mes bras son corps souple, pâmé.

(Sortant d'un rêve et subitement dégrisé.) Dieux! Ce corps par un autre enlacé... pris... aimé! Marcher sans n'avoir plus dans ma main sa menotte, N'entendre plus jamais ses propos de linotte ; Ne plus jamais chercher, aux jours noirs et pluvieux, L'espoir et le soleil dans le fond de ses yeux; Et le matin, quand le premier rayon vous frôle^ Ne plus la retrouver au creux de mon épaule! Avoir cette source de joie... et la tarir! Tenir tout son bonheur dans sa main... et l'ouvrir! Et puis, s'en aller seul, toujours seul, misérable, Emportant la stupeur de cet irréparable! Léonida!!... L'amour m'aurait-il entendu?

La voici qui revient, tout n'est donc pas perdu! (// se dissimule à gauche, derrière un. bouquet de lauriers roses.)

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