IDÉE GÉNÉRALE ET GOMMENGEHENTS
Si nous avançons que Boiieau fut un révolutionnaire, peut-être criera -t- on au paradoxe. On nous permettra cependant de soutenir et de démontrer que du moins il continua la révolution commencée par Malherbe. — Ce fut la révolution de Tordre. — Il la célèbre hautement :
Enfin Idalherbe -vint, et, le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, D^un mot mis en sa place enseigna le pouvoir. Et réduisit la Muse aux règles du Devoir.
Tout reconnut ses lois ; et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle *.
Non seulement Boileau célèbre cette révolution, mais il la poursuit et Tachève. Contre la fantaisie déréglée, contre l'imagination envahissante et folle, il restaure et intronise la Raison. Il rétablit dans la littérature, comme avait fait Descartes dans la philosophie. V Art poétique, selon l'ingénieuse remarque d'un philosophe de nos jours, est en quelque
X. sorte le Discours sur la Méthode de la poésie * . ^ Boileau fit dans les vers une réforme pareille à celle de Pascal dans la prose. « C'est de Pascal surtout et avant toiit, dit Sainte-Beuve, que me parait relever Boileau. On peut dire qu'il est né littérairement des Provinciales '. » Voltaire avait dit plus brièvement : ci Pascal , le premier des satiri ques français, car Despréaux ne fut que le second. »
Les plus grands et les plus beaux esprits du siècle se trouvent d'accord pour refréner l'imagination usurpatrice. Pascal s'élève contre « cette superbe
'^ puissance ennemie de la Raison ». Bossuet à son tour: « L'expérience fait voir, dit-il, qu'une imagina-