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DANGERS DES PROMOTIONS TROP RAPIDES

La société a à redouter les métamorphoses subites qui tirent un homme des derniers rangs, et le font passer, sans préparation et sans noviciat, aux premières fonctions du pouvoir. Il se trouve rarement des hommes capables de résister à cette intempérance de fortune, si l'on peut parler ainsi : au moral comme au physique, la tète tourne à une trop grande hauteur, à laquelle on n'a pas accoutumé son cœur et ses yeux ; l'homme ébloui tombe dans une démence réelle, et c'était une véritable aliénation physique et morale, produite par l'ivresse du pouvoir, que les folies atroces ou ridicules de tant de misérables que la révolution avait surpris dans les conditions obscures, et qu'elle avait élevés au faîte du pouvoir. Elle était donc sage et conforme à la nature de l'homme et de la société ; elle laissait un libre cours â l'industrie, et des chances favorables au mérite ; elle accordait le moins possible aux passions humaines, cette institution connue en France, qui invitait toutes les familles à sortir tour à tour de l'état

(i) Théorie du pouvoir, part. III, liv. I, chap. vu.

primitif pour arriver à l'état public, qui, faisant passer par deg-rés la famille, de la charrue ou du comptoir, à la profession des armes ou à celle des affaires, la préparait peu à peu à remplir les plus hauts grades de la magistrature civile ou guerrière, accoutumait ainsi les uns à l'élévation, et disposait les autres à la voir sans trop 'd'envie ; cette institution qui faisait croître la fortune avec les honneurs et l'émulation avec les moyens^ qui donnait aux choses, aux hommes, à la société tout entière une marche prog-ressive, et lui évitait ces secousses irrégulières et brusques qui la rejettent si souvent en arrière ; cette institution qui faisait que l'élévation d'une seule famille se composait de sa propre industrie, de la considération publique, de l'approbation d'un corps, de la sanction du pouvoir (i).

La nature, qui ordonne tout avec sagesse, ne veut pas qu'un homme passe de plain-pied, pour ainsi dire, et sans préparation, des derniers emplois delà société domestique aux plus nobles fonctions de l'Etat, et qu'il coure juger en venant de bêcher la terre. Il y a même peu d'hommes dont la raison puisse, sans en être ébranlée, supporter une élévation aussi subite, et de là sont venues les extravagances du règne de laTerreur. Tout ce qui doit durer est long à croître, et la constitution, en France, fi d'accord avec la nature, faisait passer la famille,

(i) Législation primitive, part. II, chap. xi.

:)rO BONALD

successivement par des professions plus relevées, qui occupaient l'esprit plus que le corps, tels que le commerce et la pratique des affaires, et elle la disposait ainsi à l'anoblissement, qui était le premier g-rade de l'ordre du ministère public, et le caractère qu'il fallait recevoir, pour être capable d'en exercer les fonctions et d'en posséder tous les grades ; car c'est dans ses principes, et non dans ses abus qu'il faut considérer cette institution (i).

Un des plus grands maux qu'ait faits à l'Etat et à la famille la révolution, a été d'inspirer l'ambition des places et des honneurs, disons mieux, la fureur de sortir de leur condition, à une foule d'individus, heureux jusque-là dans la vie privée, tourmentés aujourd'hui par des désirs que la loi d'admissibilité générale ne leur donne ni les moyens, ni l'occasion de satisfaire, et d'avoir ainsi encombré toutes les carrières de médiocrités mécontentes, inutiles à leurs familles, à charge à l'Etat.

La démocratie, où tout va par sauts et par bonds, a soufflé cette ambition dans le cœur de tous les individus, et a mis à découvert, pour le malheur du plus grand nombre, ce résultat inévitable dans une

{\)Ibid.^ part. III, chap. v.

DONALD 3ll

société populeuse, que, sur tant d'admissibles, il ne peut y avoir que très peu d'admis (i).

l'ancienxb hiérarchie sociale

ET la PRÉSEiNTE CONFUSION

En France, tout était classé, et même^ à. cause des corporations mécaniques, tout avait son poids spécifique (2).

La société en France est une troupe qui a rompit

ses rangs, et qu'on veut reformer en bataille sur un

terrain où elle ne peut ni se déployer, ni se former

en division, ni s'aligner (3).

(i) Principe conslitzilif, part. I, chap. ix. — Nous avons déjà cité VElape, de M. Paul Bourg-et, monographie d'une famille française au xix° siècle. Le grand-père, simple cultivateur, « a voulu faire de son fils un bourgeois... Il a méprisé sa caste, et il a trouvé un complice dans l'Etat, tel que la Révolution nous l'a fait. » De cette « première faute » sont sortis tous les malheurs de sa famille. Les Monneron sont « victimes de la poussée démocratique ». Ils ont « brûlé une étape » et ils « paient la rançon » de « l'Erreur française », qui n'est au fond, que « la méconnaissance des lois essentielles de la famille ».

(2) Observations sur l'ouvrage de M"' de Staël,

(3) Sur l'emploi de quelques temps du verbe être.

Un déiste est un homme qui, dans sa courte existence, n'a pas eu le temps de devenir athée .

L'homme qui n'a point de religion vit protégé par la religion des autres.

La philosophie veut embellir la vie, et la religion la remplir .

Aux hypocrites de religion ont succédé les hypocrites de politique.

On connaît des hommes qui seraient moins alarmés d'une invasion de Tartares que de la résurrection d'un ordre religieux.

(i) On trouvera ici des maximes et des remarques tirées, çà et là, de l'œuvre de Bonald, et d'autres publiées par lui-même en un recueil de « Pensées ». De ces dernières nous nous sommes permis de couper quekjues-unes, développées par le philosophe, et de n'en ja^arder, comme il dit, que l'énoncé en « forme briève ».

Jadis, quand on avait bâti dans une même enceinte ia maison de Dieu, la maison du roi et la maison des pauvres, la cathédrale, le palais de la justice etTHôtel-Dieu, on croyait avoir bâti une cité ; et à Paris même la Cité, dans son origine, n'était pas autre chose.

Il n'y a que la religion qui. entende la politique.

Il faut considérer la religion en homme d'Etat, et la politique en homme religieux : Suger, Ximenès, Richelieu ne les ont jamais séparées.

On soulève un peuple avec des opinions ; on ne le gouverne que par son caractère.

Le Français est extrême en tout, et c'est ce qui le rend propre à servir à l'Europe tantôt de modèle et tantôt d'exemple. Il adore ou il déteste ; les autres langues ont trois termes de comparaison : le positifs \^ comparatif ^X.\^ superlatif ; la langue française a de plus V excessif : ce qui est bon est divin : ce qui est mauvais, /me horreur. Il n'est fait ni pour les demi-désordres, ni pour les demi-vertus, ni pour les demi-succès, ni pour les demi-revers, ni pour les demi -gouvernements ; tel est son caractère, et il faut le connaître pour le gouverner.

PENSÉES DIVERSES 3l5

La France est au cœur de TEurope, et elle en est le cœur ; s'il bat trop fort ou trop vite, la fièvre et le désordre peuvent se mettre dans le corps entier.

Il ne faut rien user chez un peuple, pas plus sa sensibilité que sa patience.

La pire des corruptions n'est pas celle qui brave les lois, mais celle qui s'en fait à elle-même.

La honte de notre temps est que le mal a eu son code.

La barbarie de la nature brute et sauvage est moins honteuse et moins destructive que la barbarie de l'Etat policé. C'est la déraison de l'enfant opposée à la malice raisonnée de l'homme fait. Qu'importe que je sois dépouillé par une irruption de sauvages, ou par des décrets et coiisidéranis de beaux esprits ; que je sois massacré par les uns ou envoyé à l'échafaud par les autres ? Les sauvages ne détruiront que la récolte d'une année, les beaux esprits m'enlèvent la propriété même du fonds.

Dieu commande à l'homme de pardonner, mais ea prescrivant à la société de punir.

3l6 PENSÉES DIVERSES

Dieu seul punit, parce que seul il peut égaler la peine à la faute. Les hommes ne punissent pas, même en faisant mourir le coupable, ils ne font que le bannir de la société, et le renvoyer un peu plus tôt devant son juge naturel.

Il en est des décorations comme des monnaies, qui n'ont de valeur que celle que la loi leur donne. Plus vous en émettez dans le public, plus elles décroissent dans l'opinion, et jamais elles ne peuvent se relever du décri où les plonge une émission indiscrète.

L'ordre en tout est à peine sensible, le désordre seul se fait entendre ; et comme toutes les machines, la machine de la société ne crie que lorsqu'elle se dérange.

L'Ecriture sainte appelle le peuple juif, qui se révolte contre le pouvoir, un peuple adidtère ; il y a, dans cette expression, une haute vérité politique et une grande leçon : on y trouve aussi une preuve de rapport de la société publique à la société domestique.

Vous croyez qu'un déficit dans les finances a été la cause de la révolution ; creusez plus bas, et vous trouverez un déficit dans les principes mêmes de l'ordre social.

La révolution française a été le crime de l'Europe.

Une révolution a ses lois, comme une comète a son orbite ; et la première de toutes est que ceux qui croient la diriger ne sont que des instruments ; les uns destinés à la commencer, les autres à la continuer ou à la finir. L'ouvrier change à mesure que l'ouvrage avance. Bonaparte a été soumis à cette loi comme les autres, et plus que les autres.

Beaucoup d'ouvriers politiques travaillent en Europe comme certains ouvriers en tapisserie, sans voir ce qu'ils font. Ils seraient bien étonnés s'ils pouvaient voir le revers de leur ouvrage.

Quelquefois, après des siècles de troubles et de législation, il se trouve qu'on n'a constitué que des partis.

Des sottises faites joar des gens habiles ; des extravagances dites par des gens d'esprit ; des crimes commis par d'honnêtes gens Voilà les révolutions.

Chacun aime la licence, et tous veulent l'ordre ; et certes, ici la volonté générale de la société n'est pas la somme des volontés particulières des individus.

3l8 PENSÉES DIVERSES

On peut être modéré avec des opinions extrêmes. C'est ce qu'affectent de ne pas croire ceux qui sont violents avec des opinions faibles et mitoyennes.

L'art de l'administration a tué la science du Qfouvernement.

Les lois civiles sont assez bonnes quand elles sont fixes. Les lois politiques ne sont fixes que quand elles sont bonnes.

L'homme qui a désiré et demandé un emploi public, a contracté, envers la société, l'obligation d'être habile, et même d'être heureux, et le malheur peut lui être imputé à faute.

Les présomptueux se présentent, les hommes d'un vrai mérite aiment à être requis.

Le bon sens, dans le g-ouvernement de la société, doit remplir les longs interrègnes du génie.

On aura beau faire, il y aura toujours un seigneur, d'une manière ou d'une autre, dans chaque village ; et si à l'autorité de l'argent, du crédit réel ou supposé, des connaissances en affaires, de l'intrigue, un homme joint l'autorité municipale, il y aura un tyran.

Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n'est pas de faire son devoir, mais de le connaître.

Je ne crois pas plus à la république des lettres qu'à toute autre république ; le monde littéraire est divisé, comme le monde politique, en Etats particuliers qui ont chacun leurs fondateurs, leurs législateurs, leur succession légitime de monarques, et qui ont aussi leurs révolutions et leurs usurpateurs.

Quand la littérature commence chez un peuple, il faut des compagnies littéraires, comme il faut des compagnies de commerce pour trafiquer dans un pays nouvellement découvert. Quand toute une nation est lettrée, le choix est difficile : c'est vouloir former une compagnie d'élite dans un bataillon de grenadiers.

La littérature est l'expression de la société, comme la parole est l'expression de l'homme.

Toute traduction ressemble à une opération de banque par laquelle on chang-e les monnaies d'un pays en celles d'un autre qui donnent des valeurs équivalentes sous des espèces différentes de poids,

de volume et de titre.

La clarté des pensées, comme la transparence des objets physiques, peut venir d'un défaut de profondeur.

La nature donne le génie ; la société, l'esprit ; les

études, le goût.

Ce serait une bien utile institution qu'une association pour la destruction des mauvais livres, si elle ne donnait lieu sur-le-champ à des spéculations de librairie qui les multiplieraient.

On conduit les enfants par la raison de l'autorité, et les hommes par l'autorité de la raison : c'est au fond la même chose ; car la raison est la première autorité, et l'autorité la dernière raison.

Ce ne sont pas les devoirs qui ôtent à un homme son indépendance, ce sont les engagements.

Au fond, il y a peu d'hommes qui tirent rigoureusement les conséquences des principes qu'ils professent, ou même qui s'en occupent ; et la plupart vivent sur leurs principes, à peu près comme les dissipateurs sur leurs capitaux.

L'homme n'est riche que de la modération de ses désirs.

Il faut croire au bien pour le pouvoir faire.

Partout où il faut de l'amour, là où il n'y en a pas trop, on peut dire qu'il n'y en a pas assez, et quand on le mesure, toujours il en manque.

BOXA 1,0

TABLE ANALYTIQUE

Apologétique : le point de vue social domine l'apologétique de Bonald, 3, 3i et suiv. ; — l'expérience, base de l'apologétique de Bonald, 54, 55, 60 et suiv.

Balzac : condamne l'individualisme égoïste, 47 ; reconnaît le catholicisme comme le plus grand élément de l'ordre social ; s'élève contre la manie de l'égalité, 84 ; son mot sur le pouvoir discuté, 2o5 ; il fait du catholicisme et de la royauté « deux principes jumeaux », 228 ; il se prononce contre l'égalité successorale, 267 ; son reproche à la Révolution d'avoir détruit la famille, 273.

Barrés (Maurice) : traditionaliste, i65.

Bernard (Claude) : son « idée directrice » ressemble à la « volonté générale » de Bonald, 142.

Bourdeau : contre l'infaillibilité du nombre, 239.

Bourget(P.): tient que l'individualisme tue l'individualité, 3 ; combat le divorce au nom de ce principe que l'individuel doit se sacrifier au général, 5o; oppose, dans V Etape ^ ce que A. Comte appelait la « positivité sociologique » à la poésie de la Révohiiion, 82 ; sa contribution à l'enquête de M. Ch. Maurras sur la monarchie, 82 ; il invoque, dans V Etape, la loi de continuité et professe le plus pur traditionalisme, i57-i58, 164 ; sur l'ascension sociale des familles, 270 et 3i I ; sur le droit d'aînesse et la liberté testamentaire, 291.

Bossuet : définit l'œuvre du Médiateur, 38 ; que l'expérience de la Révolution lui manqua, 97 ; il a voulu poser les limites du pouvoirspirituel et du pouvoir temporel, 98 ; il tient ce qui se fait par violence ou faiblesse pour nul de soi, 2i5 ; son mot sur le bon sens, 221.

Brunetière : voit dans la religion le seul fondement possible d'une morale sociale,

TABLE ANALYTIQUE

Buffon : de l'influence des climats dans l'espèce humaine, i86.

Burke (Ed.) : importance sociale de la propriété et de sa perpétuité, 290.

Catholicisme : son caractère . social, 41.

Chénier (André) : sur le spectacle donné au monde par la Révolution française, 88.

Clemenceau : parle comme un traditionaliste à la Bonald, Constitution : définition de Bonald, 58 ; il condamne l'imitation des constitutions étrangères, 78 ; sur l'ancienne constitution française, io3 ; qu'unebonne constitution n'est pas œuvre humaine, i3i ; qu'on ne peut pas l'écrire, i38; que l'ancienne constitution française était le « chef-d'œuvre de la nature », 145 ; que la constitution d'un peuple est son histoire mise en action, i56.

Comte (Aug.) : pour lui, la famille est la seule unité sociale , 3 ; il place au sommet de la hiérarchie du savoir la sociologie, 3o ; se flatte de rendre positive la sociologie, 73 ; dénonce « l'impuissance organique de la métaphysique révolutionnaire », 80 ; combat le principe d'égalité, 83; condamnel'individualisme et le sens propre, 16 1 et 179 ; formule, après Leibnitz, la loi de continuité, 164 ; partisan du pouvoir absolu, 2o5 ;

son mot sur le suffrage universel, 208 ; son rêve de dictature positiviste, 222 ; nie lasouverainetédupeuple, 238; ennemi du régime parlement taire^ 25 1 ; ses sévérités pour la presse, 254 ; il défend l'indissolubilité du mariage, 275.

Démocratie : définition de Rousseau, 129.

Descartes : a négligé l'étude de la société, 2, 29 ; qu'il lui manqua l'expérience de la Révolution, 94 ; son doute méthodique condamné par Bonald, 161.

Donnay (Maurice) : sa définition de la patrie, 193.

Dupin : politique de barreau , 5 ; apologiste du partage égal,

Egalité : Passion de la jalousie décrétée en France en même temps que le principe d'égalité, 81 ; que ce principe est démenti par la nature, 82 ; des effets du partage dans la famille, 289.

Emery : éclaire la fameuse Déclaration de 1682, 98.

Encyclopédie : n'est pour Bonald qu'un premier volume dont la Révolution est le second, 92.

Etat : des lois fondamentales données aux Etats par la nature, 2 15 ; que l'Etat et la famille forment deux sociétés semblables, 266.

Evolutionnisme : il impose l'idée d'une nature antiégalitaire, 60.

TABLE ANALYTIQUE

Famille : se fonde sur le sacrifice, 46 ; est l'élément et le type de la société, 49 ; désordres produits dans la famille par le divorce, 5o ; ascension graduelle des familles, 82 ; que la réunion des familles a formé la société, 118 ^ que l'Etat et la famille se soutiennent l'un l'autre, 266 et suiv.

Faguet (E.) : qualifie Donald « le dernier desscolastiques», 54 ; définit la notion de Bonald sur la société son « système ternaire », 108 ; reproche à l'Encyclopédie son antitraditionalisme, i56.

Fonsegrive (G.) : sur la presse et son fonctionnement, 262 ; il réfute la conception romantique de l'amour, défend l'indissolubilité du mariage, 275.

Fustel de Coulanges : définition du patriotisme, iq3.

Harald Hôffding : impossibilité du «pur état de nature », de « l'individualisme absolu»,

Herbert Spancer : contre la théorie de la société née d'un pacte, 122.

Hobbes : distinction méconnue de l'état natif et de l'état natîtrel, i3.

'■ Izoulet : cité, « cause efficiente ç de l'àme », 1-8.

Joubert : que les Constitutions sont l'oeuvre du temps, i32 ; mot sur l'autorité légitime,

La Reveillère-Lepeaux :

son éloge de la Constitution de l'an III, i53.

Langage : sa révélation primitive, 6'] ; de la tradition dans le langage^ 166.

Leibnitz : pense que l'état naturel d'une chose eïît celui qui a le moins d'art, 14.

Lemaître (Jules) : admire la hiérarchie de l'Eglise, 42.

Le Play : recommande l'emploi simultané de l'observation et du raisonnement, 74 ; son mot sur les principes de 89, 83 ; que les « fausses théories d'histoire » ont défiguré l'ancienne France, 146; il classe l'agriculture au ])remier rang des professions, 198 ; ce qu'il attend des autorités sociales, 198 ; apologiste de la liberté de tester 267, 29: ; il dénie à l'individu la qualité d' « unité sociale », 273.

Lois : rapports nécessaires, 38 et suiv. ; lois primitives non écrites ; les sociétés qui rédigent leurs lois ressemblent à des vieillards, 139 ; les moindres lois dépendent de la « volonté générale », t52 ; contre les lois de circonstance, i55.

TABLE ANALYTIQUE

Macaulay : semble viser nos constituants en certaine critique de James Mill, 8i.

Maistre{J. de): son accord avec Bonald sur la théorie du sacrifice, 4 ; que l'homme est essentiellement un être social, 6 ; que la politique expérimentale est seule bonne, 57 ; que l'histoire est la politique expérimentale, 73 ; contre la manie constitutionnelle, 79 ; mot sur les Constituants, 112 et i38.

Malebranche : a négligé l'étude de la société ; l'expérience de la Révolution lui manqua, 94 ; sa distinction du sensible et di\x solide^ 21 3.

Mallet du Pan : son jugement sur les « romanciers politiques », soutiens de la Convention, 81 ; son mot sur l'incompétence des Constituants, 199.

Margueritte (P. et V.) : sur le divorce, 284.

Mariage : son indissolubilité, 5o et 5i ; 274 et suiv.

Maurras Charles : son royalisme positiviste, 60 ; son Enqziête sur la monarchie, 82 ; mot sur Pierre Laffitte,

Médiateur : nécessité d'un médiateur, 34 ; son œuvre, 38.

Montaigne (abbé) : recherches sur les connaissances des sourds-muets, 68.

Montesquieu : sa définition des lois adoptée par Bonald, 35 ; sa hâte à théoriser avant de s'appuyer sur des faits, S'] ; Bonald condamne son

apriorisme, 74 ; son sentiment sur la formation de la société publique, 122 ; sa distinction des gouvernements, i3o ; son mot sur la démocratie, 241 ; qu'un gouvernement libre est toujours agité, 249 ; que la sagesse ne réside pas dans les assemblées, 2 5o ; sa maxime sur la famille; 267 ; son apologie du droit d'aînesse, 288.

Nietzsche : observe que le naturel est la perfection de l'art, 14 ; apologiste de la tradition 157, 179.

Nodier (C.) : la société humaine doit son origine à « un instinct propre à l'espèce », III ; les constitutions sont un fait nécessaire, i32 ; la souveraineté du peuple, « principe accablant », 240.

Noblesse : considérations sur la noblesse, 83 ; 297.

Pascal : la multitude qui ne se résout pas à l'unité est confusion, 2 17.

Politique : elle est une science expérimentale, 72.

Pouvoir : avec lui, ministre et sujet constituent la trinité des « personnes sociales », 1 15 ; dans la société naturelle le pouvoir général est entre les mains d'un seul homme, 126 ; le pouvoir législatif des sociétés doit être la nature, 140 ; sur la vertu de la tra- 1 dition, 169.

TABLE ANALYTIQUE

Quintilien : distingue l'état natif de l'état perfectionné,

Religion : est une « nécessité de la société », 3o, 3 i et sui v. ; l'économie de la religion fondée sur le médiateur, 40.

Renan : contre le principe d'égalité, 84 ; sur la loi de continuité, i5y ] définition d'une nation, igS ; on ne se discipline pas soi-même, 206 ; les chances d'une élection plus redoutables que celles de l'hérédité, 216; apologie de l'unité du pouvoir, 218 ; rapports entre les nations et les dynasties, 233 ; Renan aussi sévère que Bonald au gouvernement par le nombre, 237 ; il avoue la supériorité du mariage indissoluble, 286 ; sou opinion sur certains préjugés dans l'ancienne société française, 3oo et 3oi.

Rivarol : condamne, comme Bonald, l'apriorisme des philosophes de son temps, 77 ; raille la « métaphysique vague » de la Déclaration des Droits, 80 ; sur la classe agricole, 198 ; contre le partage de l'autorité, 207 ; contre la démocratie, 240 ; sur l'œuvre de la Constituante, 25o ; sur la noblesse et l'anoblissement, 304.

Rousseau (J--J-) : il méconnaît la distinction de l'état

natif çX de l'état naturel^ i3 ; romancier de l'état sauvage, I 5 ; il ne prend pas le temps d'appuyer ses théories sur les faits, 67, 74 ; il avoue la nécessité de la parole pour inventer la parole, 68 ; son Contrat social combattu par Bonald, 109 ; sa théorie de l'homme « né bon », contredite par Balzac, 159 ; ses contradictions sur la « volonté générale », 143, 220 ; il soutient qu'un peuplea le droit de changer ses lois, 225 ; il avoue que la liberté agite les Etats, 249.

Rousselot (abbé) : sur l'origine du langage, 71.

Sacrifice : théorie du sacrifice, sa valeur sociale, 43 et suiv.

Sainte-Beuve : reproche à Bonald son goût pour les « équations » et les « proportions », 54 ; s'accorde avec Bonald sur la société éducatrice de l'homme, 160.

Science : science par excellence, la science de la société, 26 et suiv.

Social : qu'il faut tendre à fortifier le lien social, 53.

Société : seule nature de l'homme, 7 ; analogie entre la constitution de la société et celle de l'homme, 21 et suiv. ; toute connaissance doit tendre à la conservation de la société, 26 ; réunion d'êtres semblables pour leur production et conservation, 34 et suiv. ; que toute société vit de sacrifice, 43 ;

TABLE ANALYTIQUE

éléments essentiels de la société, 114 ; sa formation publique, 1 16; que ce n'est pas à l'hommeàconstituerla société, mais à la société à constituer l'homme, i34 ; que dans la société constituée le souverain est la volonté générale ou la nature, 141.

Sociologie : science finale, dit Auguste Comte ; Bonald écrit :

« science de la société, la première de toutes les sciences », I, 26 et suiv. ; sociologie expérimentale,54.

Stuart-Mill : sur la classification des sciences par Auguste Comte, 3o.

Staël (M"'* de) : récusée par Bonald pour avoir mal vu la révolution, 99 et suiv.

Taine : réfute la théorie de l'homme né bon, 12 ; admire l'organisme puissant du catholicisme, 42 ; ce qu'il nomme « raison classique » ; il reconnaît le christianisme comme le meilleur auxiliaire de l'intérêt social, 65 ; il avoue que seul le christianisme peut nous re-

tenir sur notre pente natale, 65 ; juge « la politique déductive » des hommes de la Révolution, 81 ; peint les ravages du principe d'égalité, 83 ; sa critique du Contrat social, 122 ; son apologie de la tradition, 162 ; sur l'utilité des corps dans un Etat, i85 ; jugement équitable sur le rôle de la noblesse sous l'ancien régime, 299 ; vues sur la fonction sociale des anciennes familles, 3o5.

Tarde (Gabriel) : de la façon moderne de légiférer, i54; de l'importance de l'imitation, 187 ; éloge de la classe agricole, 199 ; la famille, « cellule sociale », 273.

Vogué (V* de) : critique la Déclaration des droits de l'homme, 59 et 82 ; affirme la force de lalradition, i65.

Waldeck-Rousseau : contre l'apriorisme en politique, ']i.

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