‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 311 sur 622 · Récit de Martinel (Arch. G · texte numérisé non relu

Récit de Martinel (Arch. G

qui retenaient Masséna et La Harpe autour de Dego, ils pouvaient même s'étonner que ceux-ci ne fussent pas venus déjà prolonger l'aile droite française pour se rabattre par le Nord, sur Castellino, à 6 kilomètres de Ceva. De cette façon, les deux ailes sardes eussent été débordées; rien ne se serait plus opposé à ce que les colonnes françaises franchissent le Tanaro et ne devançassent les Sardes sur leur route de retraite, pour courir droit sur Turin.

Il régnait au surplus dans l'armée de Golli, môme dans l'entourage du général, un inexplicable découragement. De la part des officiers comme des soldats les plaintes se faisaient entendre avec force. Si les uns se voyaient déjà tournés, les autres se plaignaient de manquer de munitions ; d'aucuns affirmaient que l'eau faisait défaut à la Testa-Nera, et les réclamations de toutes sortes ne cessaient de se faire jour de diverses parts ".

Trop enclin déjà à l'inquiétude ; devenu enfin fort sceptique sur les efforts que tenterait Beaulieu pour le rejoindre et l'aider*, l)ien qu'il ne renonçât pas encore absolument à cet espoir; apprenant de plus que Bonaparte était déjà à Saliceto ^, Golli écouta les avis pusillanimes* qui pullulaient autour de lui, et dans la nuit du 16 au 17 avril, il ordonna la retraite, afin d'aller occuper vers Mondovi l'excellente position de La Bicocca, en arrière de la Cursaglia^.

En choisissant cette ligne de retraite, au lieu de se retirer directement par Cherasco sur Turin, objet exclusif de ses préoccupations, CoUi faisait preuve d'un grand sens stratégique. Il lui parut en effet, qu'en prenant autour de Mondovi une position de' flanc, il couvrait la capitale du royaume aussi efficacement qu'en en barrant la route. Bonaparte ne pouvait en effet songer à percer droit sur Turin en laissant une force aussi considérable sur son liane gauche et ses derrières.

Golli trouvait en outre, dans cette position, le sérieux avantage de rallier à lui les postes placés à Goni, à l'Olma, avec le prince de Carignan, ou dans la vallée de la Maira au pied des Alpes. Sans cette manœuvre, ces postes eussent été infailliblement cernés et battus isolément par les divisions Macquard et Garnier qui

i. Récit (le Martincl (Arcli. G.).

2. D'après la relation du coin"' Malausséna, aux Arcli. de Brcil (citée par le c' Krebs, p. 410, note 6), Colli aurait appris dans la nuit du 16 au 17 avril qu'il ne pouvait attendre aucun secours immédiat des Autrichiens.

3. Il était encore à Garcare, mais des troupes avaient paru à Saliceto et môme à Monesiglio.

4. G'est ce que l'adj' g"' Valeri qualifie de poltronnerie (vigliacclieria) dans sa lettre datée d'Alessio, du 28 avril 1796 (Cinque leltere d'un ufpciale dell'esercito francese, publiées par M. le baron Alberto Lumbroso. p. 15).

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