‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 395 sur 622 · Costa de Beauregard, p · texte numérisé non relu

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la £?ncrrc lui demandent compte de leur sang' ». Et parmi ces moi'ts, n"apercevait-il pas le cadavre sanglant de son propre (ils, Eugène, ce frêle adolescent, dont on ne peut lire le trépas sans une poignante émotion - ? Le sacrifice était consommé.

« Le jour éclairait alors les Iroupes bivouaquées de l'avantgarde française. Tout y présentait « l'aspect du plus grand délabrement: on n'y voyait jioint de canons; les chevaux y étaient rares, maigres et harassés ; mais le sentiment de la victoire réparait tout. »

« Le maintien du soldat exprimait une espèce d'indifférence leste et gaie; la vue d'un général parlementaire qui venait de conclure un armistice semblait ne lui inspirer que peu d'intérêt et de curiosité. Il en était de môme des officiers, dont les manières, pleines de désinvolture, tenaient le milieu entre le sans-gène rc'publicain d'alors et l'ancienne courtoisie française ^. »

Quel contraste avec le morne abattement de l'armée sarde, loi'squ'après avoir laissé à San-Fre leur escorte française, les plénipotentiaires rentrèrent dans les lignes piémontaiscs que CoUi s'apprêtait à reculer vers ïestona et Moncalieri! Ils rapportaient en effet avec eux l'anéantissement de trois années d'eflorts et d'une somme de talent et de courage dont on chercherait en vain à nier la réalité. Vaincue, mais non humiliée, ni déshonorée, l'armée piémontaise courbait la tête devant la défaite, mais elle pouvait la tenir haute devant ses alliés, dont la perfidie et régoïsme allaient encore se faire jour dans ces douloureuses circonstances.

Le l'oi, de son côté, annnlé, déprimé tout au moins, ne faisait plus mine de résister, et s'inclinait dévotement avec une sorte de résignation mystique et fataliste, devant les arrogantes exigences du vainqueur, comme si il y eût vu les décrets mêmes de la Providence. Il ratifia sans mot dire les clauses de la suspension d'armes de Cherasco et donna les ordres formels pour leur exécution, malgré l'opposilion in extremis que lui fit le duc d'Aoste, excité par son altière et vindicative épouse, Marie-Thérèse*.

Deux jours après, le 30 avril, Thaon de Revel et le chevalier Tonso partaient, par son ordre, de Turin pour Chambéry d'où ils devaient gagner Paris, avec pouvoir d'y discuter et d'y conclure

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